Rapport libanais : L’Égypte accepte d’accueillir un demi-million de Gazaouis dans le Sinaï

Palestinians inspect the damage following an Israeli airstrike on the El-Remal aera in Gaza City on October 9, 2023. Israel continued to battle Hamas fighters on October 10 and massed tens of thousands of troops and heavy armour around the Gaza Strip after vowing a massive blow over the Palestinian militants' surprise attack. Photo by Naaman Omar apaimages

Selon un rapport du journal libanais Al-Akhbar, affiliĂ© au Hezbollah, le prĂ©sident Ă©gyptien Abdel Fattah al-Sissi aurait informĂ© des dirigeants arabes ces dernières semaines qu’il Ă©tait prĂŞt Ă  accueillir temporairement 500 000 Palestiniens de la bande de Gaza dans une « ville dĂ©diĂ©e dans le nord du Sinaï ». Cette dĂ©claration marque un revirement par rapport Ă  la position officielle de l’Égypte ces derniers mois, qui refusait catĂ©goriquement l’entrĂ©e de Gazaouis sur son territoire.

Un revirement stratégique pour l’Égypte ?

Le journal prĂ©cise que ces dĂ©clarations ont Ă©tĂ© faites lors de deux rĂ©unions qui ont eu lieu Ă  Riyad (Arabie saoudite) et Doha (Qatar) ces dernières semaines. Depuis le dĂ©but de la guerre, l’Égypte s’Ă©tait opposĂ©e Ă  l’accueil de rĂ©fugiĂ©s palestiniens sur son territoire, proposant mĂŞme un plan alternatif pour la bande de Gaza, en rĂ©ponse Ă  celui de l’ancien prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, qui incluait un transfert massif de Palestiniens hors de Gaza.

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Contacts entre Israël, les États-Unis et des pays africains

Ce rapport intervient après une récente publication de l’Associated Press (AP) affirmant qu’Israël et les États-Unis ont contacté la Somalie, le Somaliland et le Soudan pour examiner la possibilité d’accueillir des réfugiés de Gaza. Des sources israéliennes et américaines ont confirmé ces contacts, mais l’état d’avancement des discussions reste incertain.

Toutefois, des responsables soudanais auraient rejeté les propositions américaines, tandis que des représentants en Somalie et au Somaliland ont déclaré ne pas être informés de ces négociations.

Trump et son plan controversé pour Gaza

Il y a environ une semaine et demie, Donald Trump a évoqué son plan sans précédent pour Gaza, incluant une prise de contrôle américaine et une expulsion massive des habitants. Un mois plus tôt, il avait suggéré que 1,8 million de Gazaouis devraient être relogés dans des pays voisins.

Cependant, lors d’une rĂ©cente rencontre avec le Premier ministre irlandais Ă  la Maison Blanche, Trump a tentĂ© de tempĂ©rer ses propos en dĂ©clarant :

« Personne ne sera expulsé de Gaza. »

Lors de la présentation initiale de son plan, Trump avait décrit Gaza comme « un symbole de mort et de destruction », affirmant que la seule raison pour laquelle les Palestiniens veulent y retourner est qu’« ils n’ont nulle part où aller ». Il avait alors appelé l’Égypte, la Jordanie et d’autres pays arabes à accueillir ces populations.

Le rejet américain du plan de reconstruction arabe pour Gaza

Alors que Trump promouvait son plan, la chaîne CNN a révélé que les États-Unis ont rejeté un plan arabe de reconstruction de Gaza. Cette proposition, présentée lors du sommet de la Ligue arabe au Caire, prévoyait une reconstruction de Gaza en 4 à 4,5 ans, avec un financement de 38 milliards de dollars, fourni par les pays arabes et des aides internationales.

Le plan arabe prévoyait également :

  • La formation d’un nouveau gouvernement palestinien pour gĂ©rer Gaza, excluant le Hamas,
  • Un supervision par l’AutoritĂ© palestinienne,
  • La fourniture de logements temporaires aux habitants dĂ©placĂ©s,
  • Une formation des forces de sĂ©curitĂ© palestiniennes par l’Égypte et la Jordanie.

Cependant, ce plan ne prévoyait pas le désarmement de Gaza ni l’expulsion du Hamas, ce qui constitue une ligne rouge pour Israël dans les négociations de cessez-le-feu.

Une situation toujours explosive

Alors que les discussions sur l’avenir de Gaza se poursuivent, la question du déplacement des Palestiniens continue de susciter des tensions. L’évolution de la position égyptienne et les contacts avec d’autres États montrent que le sort des habitants de Gaza est au cœur d’un jeu diplomatique complexe, entre pressions internationales et considérations stratégiques locales.