Savoir dire « merci » et bien plus qu’un « merci » …

On raconte un conte de deux frères appauvris, dont chacun a reçu une allocation mensuelle d’un donateur de la ville. Un jour, un des frères, un homme âgĂ©, est dĂ©cĂ©dĂ©. Ă€ la fin du mois, quand le frère survivant est venu chercher son argent, il a comptĂ©, puis a regardĂ© chagrinĂ© car la somme Ă©tait de moitiĂ©.

‘C’est mon argent’, at-il protestĂ©. ‘Qu’est-il arrivĂ© Ă  l’allocation de mon frère?’

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‘Votre frère est dĂ©cĂ©dĂ©’, a dĂ©clarĂ© le donateur.

‘Mais qui est exactement l’hĂ©ritier de mon frère, vous ou moi?’

Cela n’a jamais eu lieu, mais l’anecdote souligne un certain sentiment de droit qui est omniprĂ©sent dans la sociĂ©tĂ© contemporaine. Il y a un sentiment d’attente, une supposition que tout est censĂ© ĂŞtre parfait, et quand quelque chose manque, il y a une dĂ©tresse et mĂŞme un ressentiment.

La parashah de cette semaine commence par les halahots de Bikkurim, nous ordonnant de prendre les premiers fruits au Kohen et réciter certains versets de cette époque.

‘Tu lui diras’, prescrit la Torah, et Rashi nous dit ce qu’il faut dire: ‘Que tu n’es pas « kafui tovah », tu n’es pas reconnaissant.’

La Hakarat hatov (La reconnaissance) est un aspect fondamental de la avodat Hashem, aussi bien Ă  partir de la relation entre nous et nos semblables. ĂŠtre reconnaissant est le rĂ©sultat de reconnaĂ®tre que tout ce que nous avons est un cadeau. Chaque souffle d’air que nous inhalons, chaque pas de nos pieds, chaque fois que nous levons un bras, chaque mot que nous pouvons prononcer, chacun est un cadeau inestimable.

Dans sa générosité infinie, Hakadosh Baruch Hou nous a créés. Il ne nous doit rien. Nous sommes tous ses serviteurs, et comme ses créations sont tenues de faire sa volonté. Le fait que nous recevons une récompense pour les mitsvots que nous accomplissons est une autre révélation de la gentillesse de Hachem.

Le Midrash (Berechit Rabbah 1: 6) dit sur le premier passouk dans la Torah, ‘Berechit bara Elokim’, que le Ribbono Shel Olam a créé le monde pour l’amour de la mitsva des bikkurim (‘reishit bikkurei admascha’).

L’Alshich Hakadosh demande: Quelle est la signification de cette mitsva, qui oblige tout le monde du paysan le plus pauvre au propriĂ©taire le plus riche, mĂŞme le roi Aggripas lui-mĂŞme, de se rendre au Bet Hamikdash avec un panier sur son Ă©paule?

Qu’en est-il de cette mitsva qui a valu Ă  Hashem de crĂ©er un monde entier pour son bien?

L’Alshich comme d’autres mefarshim (explications de rabbanims) explique que le but de cette mitsva est de nous inculquer la connaissance que, en substance, rien dans le monde ne nous appartient. L’Alshich donne l’exemple d’un mĂ©tayer qui a accordĂ© le droit au travail dans le domaine d’un noble. Quand les premiers fruits apparaissent, il choisit un panier des meilleurs produits et se hâte au palais du propriĂ©taire foncier.

‘Avant de goĂ»ter tous les fruits moi-mĂŞme’, le mĂ©tayer informe le propriĂ©taire, ‘je les ai amenĂ©s, mon maĂ®tre, afin que vous puissiez voir par vous-mĂŞme les fruits de votre domaine; car tout cela vous appartient. ‘

Le propriĂ©taire foncier voit le niveau du mĂ©tayer et lui dit gracieusement:’ Tout le reste du produit que vous pouvez conserver est pour vous-mĂŞme. ‘

Grâce Ă  la mitsva de bikkurim, nous dĂ©clarons que nous rejetons la pensĂ©e dangereusement erronĂ©e ‘kochi v’otzem yadi’. En apportant ces fruits aux Bet Hamikdash, nous proclamons que l’univers entier et tout ce qui lui appartient appartient Ă  notre CrĂ©ateur.

Chaque moment que Hashem permet Ă  un champ, une maison ou autre chose d’ĂŞtre dans notre «possession», est en effet un nouveau «cadeau» de Hashem, qu’il peut reprendre Ă  tout moment. Si nous oublions ce fait mĂŞme brièvement, nous sommes coupables du pĂ©chĂ© d’ingratitude. C’est cette ingratitude potentielle que la Torah cherche Ă  dĂ©raciner avec la mitsva du bikkurim.

Le pauvre homme avec son panier de fruits en paille et l’homme riche avec des conteneurs en argent et en or marchait cĂ´te Ă  cĂ´te vers Yerushalayim avec une grande joie et une fĂŞte, Ă  chaque Ă©tape dĂ©clarant ‘LaShem haaretz umelo’ah!’

Si nous nous approchons de la vie qu’avec ce mĂŞme principe, si nous ne nous attendions Ă  rien et regardons nos circonstances avec gratitude au lieu d’un droit, alors combien seront plus riches et plus heureuses nos vies!