Sentant la faiblesse amĂ©ricaine, l’Etat islamique dresse la tĂŞte en Irak

Le prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden a commencĂ© son mandat par une sĂ©rie de dĂ©crets visant Ă  effacer l’hĂ©ritage de son prĂ©dĂ©cesseur, Donald Trump, en particulier sur le front intĂ©rieur.

Bien que le secrĂ©taire d’État Antony Blinken ait promis lors d’une audience de confirmation du SĂ©nat que les États-Unis ne fermeront pas leur ambassade Ă  JĂ©rusalem, il est difficile d’imaginer la nouvelle administration embrassant l’hĂ©ritage de Trump au Moyen-Orient.

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Le Moyen-Orient ne fait pas partie des principales prioritĂ©s de Biden, en particulier compte tenu des Ă©normes dĂ©fis qui l’attendent face Ă  la pandĂ©mie chez lui. MĂŞme ainsi, la volontĂ© de Biden d’apaiser l’aile progressiste de son parti en abrogeant le dĂ©cret exĂ©cutif de Trump limitant l’entrĂ©e aux États-Unis d’immigration en provenance de six pays musulmans d’oĂą proviennent la plupart des auteurs d’attaques aux États-Unis et l’Europe peut mettre en danger la sĂ©curitĂ© nationale et ses intĂ©rĂŞts. Dans cette nouvelle ère, il semble que des termes comme islamisme radical et terreur islamiste ne soient pas Ă  leur place. Ă€ l’avenir, nous devrons peut-ĂŞtre ajouter le terme «Iran nuclĂ©aire» Ă  cette liste.

Mais le Moyen-Orient n’attend pas Biden. Le jour de son investiture, le groupe terroriste État islamique, la mĂŞme organisation dont nous avons Ă©tĂ© informĂ©s Ă  maintes reprises de l’Ă©limination, a menĂ© une attaque meurtrière Ă  Bagdad. Le groupe État islamique est donc toujours bien vivant.

L’État islamique, ainsi que des groupes supposĂ©ment plus modĂ©rĂ©s comme les Frères musulmans, ont portĂ© un coup et sont passĂ©s dans la clandestinitĂ©. Ils ont Ă©chouĂ© parce que le radicalisme conduit nĂ©cessairement Ă  l’arriĂ©ration, comme nous l’avons vu dans la tentative ratĂ©e du Hamas de diriger la bande de Gaza ou la domination du Hezbollah au Liban, qui a conduit Ă  la faillite. Mais l’islamisme radical bouillonne sous la surface, attendant sa chance d’Ă©clater.

L’État islamique n’a pas tardĂ© Ă  lever la tĂŞte en Irak car il a reconnu sa faiblesse et pense qu’avec Biden, les États-Unis vont se dĂ©connecter de la rĂ©gion. Les Frères musulmans attendent que Biden s’en prenne aux dirigeants arabes pour leur non-dĂ©mocratie, permettant Ă  l’organisation et Ă  ses associĂ©s de relever Ă  nouveau la tĂŞte. Après tout, les rĂ©gimes dĂ©mocratiques ont tendance Ă  considĂ©rer ces mouvements comme des expressions authentiques du public et de leurs Ă©lus dĂ©mocratiquement Ă©lus.

Offrant Ă  la fois un soutien et une menace, TĂ©hĂ©ran reconnaĂ®t ou cherche Ă©galement le changement. Les Iraniens, ou pour ĂŞtre plus prĂ©cis le visage souriant du rĂ©gime de l’Ayatollah, le ministre des Affaires Ă©trangères Mohammad Zarif, a dĂ©clarĂ© que l’Iran Ă©tait intĂ©ressĂ© par un accord avec Biden, tout en menaçant que sans accord, l’Iran agirait comme il lui semble. Pendant ce temps, les Ă©missaires de TĂ©hĂ©ran continuent de faire leur travail dans tout le Moyen-Orient, comme au YĂ©men, oĂą le lancement de drones suicides de fabrication iranienne contre des cibles en Arabie saoudite est devenu une routine. JĂ©rusalem craint Ă©galement qu’IsraĂ«l ne devienne la cible de missiles et de drones lancĂ©s depuis le YĂ©men.

IsraĂ«l et ses alliĂ©s n’attendent pas non plus Biden. IsraĂ«l a accĂ©lĂ©rĂ© le rythme de ses attaques contre des cibles iraniennes au cours des dernières semaines, envoyant un message clair qu’il persĂ©vĂ©rera dans la lutte sans compromis pour empĂŞcher l’Ă©tablissement de TĂ©hĂ©ran en Syrie.

MĂŞme les États arabes du Golfe se prĂ©parent Ă  ce qui est Ă  venir. Ă€ la lumière de cette rĂ©alitĂ©, et Ă©tant donnĂ© l’Ă©tat d’esprit de l’administration Biden sur la question du Moyen-Orient, il serait peut-ĂŞtre prĂ©fĂ©rable que la Maison Blanche continue de se concentrer sur le front intĂ©rieur et de laisser les politiques amĂ©ricaines inchangĂ©es dans la rĂ©gion.