SMS d’un soldat russe peu de temps avant sa mort Ă  sa mère : « Nous attaquons des civils »

L’ambassadeur d’Ukraine auprès de l’ONU a lu lundi ce qu’il a qualifiĂ© de SMS envoyĂ©s par un soldat russe Ă  sa mère quelques instants avant sa mort, dans lesquels il a admis Ă  la fois sa propre peur et le fait que des civils Ă©taient ciblĂ©s en Ukraine.

Sergiy Kyslytsya a prononcĂ© le briefing alors que les 193 membres de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies ont tenu un dĂ©bat extraordinaire sur une rĂ©solution condamnant l’invasion de l’Ukraine par Moscou la semaine dernière.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Kyslytsya a dĂ©clarĂ© que la conversation textuelle avait Ă©tĂ© obtenue Ă  partir du smartphone d’un soldat russe et a montrĂ© Ă  l’assemblĂ©e une page qui, selon lui, Ă©tait une capture d’Ă©cran des messages, qu’il a ensuite lus Ă  haute voix.

La conversation a commencĂ© lorsque la mère du soldat a demandĂ© Ă  son fils oĂą il se trouvait, pourquoi il n’avait pas Ă©tĂ© en contact avec lui depuis si longtemps et s’il Ă©tait toujours aux exercices d’entraĂ®nement.

« Papa demande si je peux t’envoyer un colis », a Ă©crit la mère, selon la traduction anglaise des messages russes lus par Kyslytsya.

Le fils a rĂ©pondu en prĂ©cisant qu’il « n’est plus en CrimĂ©e » mais qu’il est dĂ©jĂ  en Ukraine, menant une guerre contre des civils Ă  qui on avait dit qu’ils accueilleraient les forces russes.

« Maman, je suis en Ukraine », a Ă©crit le soldat. « Il y a une vraie guerre ici. J’ai peur. Nous bombardons toutes les villes ensemble, ciblant mĂŞme les civils. »

« Ils nous ont dit qu’ils nous accueilleraient et ils tombent sous nos vĂ©hicules blindĂ©s, se jettent sous les roues et ne nous laissent pas passer », a-t-il Ă©crit.

« Ils nous traitent de fascistes. Maman, c’est très dur », a poursuivi le soldat. Quelques instants plus tard, il Ă©tait mort, a dĂ©clarĂ© Kyslytsya. « Il suffit de visualiser l’ampleur de la tragĂ©die », a-t-il dĂ©clarĂ©.

Plus de 100 pays devraient prendre la parole alors que l’organisme mondial dĂ©cide de soutenir ou non une rĂ©solution appelant la Russie Ă  retirer immĂ©diatement ses troupes d’Ukraine. La rĂ©solution n’est pas contraignante, mais elle servira d’indicateur de l’isolement de la Russie.

Un vote est attendu mardi. Ses auteurs espèrent dĂ©passer les 100 votes favorables, dont IsraĂ«l, mĂŞme si des pays comme la Syrie, la Chine, Cuba et l’Inde devraient soutenir la Russie ou s’abstenir.

Lundi Ă©galement, le procureur en chef de la Cour pĂ©nale internationale a dĂ©clarĂ© qu’il prĂ©voyait d’ouvrir rapidement une enquĂŞte sur d’Ă©ventuels crimes de guerre et crimes contre l’humanitĂ© en Ukraine.

Le procureur Karim Khan a dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ© que l’enquĂŞte examinera les crimes prĂ©sumĂ©s commis avant l’invasion russe, mais Ă©galement tous les crimes commis par les deux parties depuis l’attaque russe la semaine dernière.

Des groupes de dĂ©fense des droits de l’homme ont appelĂ© la Russie Ă  cesser d’utiliser des armes Ă  sous-munitions en Ukraine, affirmant que ces armes aveugles ont causĂ© des morts qui pourraient constituer des crimes de guerre.

La chef des droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a dĂ©clarĂ© que son bureau avait confirmĂ© que 102 civils, dont sept enfants, avaient Ă©tĂ© tuĂ©s lors de l’invasion russe et 304 autres blessĂ©s en Ukraine depuis jeudi. Il a averti que le dĂ©compte Ă©tait probablement insuffisant.

Le prĂ©sident russe Vladimir Poutine a lancĂ© une invasion Ă  grande Ă©chelle de l’Ukraine le 24 fĂ©vrier. Depuis lors, la Russie est devenue un paria international et fait face Ă  un dĂ©luge de sanctions.