Sous son nez : Israël inflige à l’Iran le coup de grâce économique véritable

La frappe militaire du 28 février a éliminé la direction du régime. Le siège naval américain sur les ports iraniens a coupé les exportations de brut. Et maintenant, à peine la fumée des missiles dissipée, une troisième ligne d’attaque se déploie — la plus silencieuse et peut-être la plus dévastatrice : l’étranglement économique total de la République islamique.

Le chroniqueur Kobi Ben Moshe, dans Maariv, décrit ce que les communiqués officiels n’énoncent pas clairement : Israël, en coordination avec Washington, est en train de porter à l’Iran le coup de grâce véritable, non pas depuis les airs, mais dans les faits comptables du régime des mollahs.

Quatre milliards. Puis zéro.

Pendant toute la durée des frappes militaires du mois de mars, l’Iran a continué à exporter du pétrole. Ses revenus pétroliers sur cette période avoisinaient les cinq milliards de dollars — de l’argent qui aurait pu financer la reconstruction des capacités militaires, alimenter le Hezbollah survivant, maintenir à flot une économie déjà en lambeaux. Depuis le 13 avril, date à laquelle le Commandement central américain a mis en place le siège maritime des ports iraniens, ces revenus sont tombés à zéro. Selon les données de Goldman Sachs relayées par la presse spécialisée, le blocus naval a retiré du marché mondial environ 14,5 millions de barils par jour — un choc sur l’offre qui fait monter le pétrole autour de 110 dollars le baril, mais qui prive l’Iran de sa seule source de revenus en devises.

Le paradoxe est vertigineux : les prix du pétrole montent, mais l’Iran ne peut pas en profiter. C’est précisément cela que Ben Moshe appelle le « coup sous le nez » — une manœuvre menée sous les yeux de Téhéran, que ses dirigeants ont été incapables d’anticiper et sont désormais incapables de contrer. Chaque jour de blocus, c’est une saignée budgétaire supplémentaire pour un État qui finance des milices dans cinq pays, maintient une armée, verse des subventions à une population au bord de l’explosion sociale, et tente simultanément de reconstruire ses installations militaires attaquées.

L’Iran pris en étau

La combinaison des éléments est inédite dans l’histoire des conflits modernes. Le programme nucléaire a été détruit dans ses installations clés. La direction politique et militaire a été décapitée dans les premières quarante secondes de l’opération Shagat HaAri. Le Hezbollah, privé du soutien iranien continu, tente de survivre dans un contexte libanais qui lui est de plus en plus hostile. Les Houthis au Yémen poursuivent des tirs symboliques mais sans soutien logistique sérieux. Et maintenant, le robinet financier est fermé.

Ce que Téhéran tentait de faire — utiliser la fermeture d’Ormuz comme levier pour forcer un cessez-le-feu aux conditions iraniennes — s’est retourné contre lui. Les États-Unis ont repris le contrôle du détroit, organisé une coalition maritime de vingt-deux pays pour protéger la navigation, et transformé le siège en outil de pression maximale économique. L’Iran reçoit désormais des « droits de passage » sous contrôle américain — une humiliation stratégique sans précédent.

Ben Moshe souligne que la réussite du dispositif repose sur un élément que l’Iran n’avait pas prévu dans ses simulations stratégiques : l’alignement total et durable entre Tel Aviv et Washington, au-delà des turbulences habituelles de la relation bilatérale. Trump a soutenu l’opération militaire, exigé la fermeture du détroit comme condition du cessez-le-feu, puis imposé le siège naval quand Téhéran a tenté de revenir en arrière. Israël, de son côté, a fourni le renseignement, les cibles, et la coordination opérationnelle qui ont permis à l’ensemble de s’enclencher avec une précision sans précédent.

Le régime des mollahs n’est pas encore tombé. Mais ses ressources pour tenir s’amenuisent à chaque jour de blocus — sous son propre nez, comme l’écrit Ben Moshe, sans qu’il ait les moyens d’y mettre fin.


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