Sur Fox News, la chaîne de Trump, l’attaque vient de l’intérieur : « Arrêtez de flatter la secte de la mort iranienne ! »

Quand la critique vient de Fox News, la chaîne qui a accompagné Donald Trump tout au long de son parcours politique, elle prend une résonance particulière. C’est pourtant de là qu’est venue l’une des attaques les plus virulentes contre la politique iranienne de l’administration : Mark Levin, présentateur conservateur et commentateur de la chaîne, a lancé une charge frontale contre le mémorandum d’entente conclu avec Téhéran, le qualifiant de rien moins que d’une reddition.

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« Jamais on n’aurait dû être impliqués dans ce transfert d’argent »

Levin a ciblé en premier lieu le volet financier de l’accord. Le déblocage de centaines de milliards de dollars en faveur du régime iranien le révolte : « De toute notre vie, nous n’aurions jamais dû être impliqués, directement ou indirectement, dans le transfert de centaines de milliards de dollars vers ce régime. 300 milliards de dollars qui ne serviront pas le peuple — qui trompe-t-on ? — mais qui serviront uniquement à renforcer le régime. »

La formulation est précise et délibérée. Levin ne se contente pas de critiquer la méthode ; il remet en cause le principe même d’une négociation qui aboutit à injecter des fonds massifs dans les caisses d’un gouvernement qu’il considère comme irréformable.

« Pourquoi faisons-nous le travail du Hezbollah ? »

Sa deuxième salve vise la dimension libanaise de l’accord. La pression américaine sur Israël pour qu’il cesse ses opérations contre le Hezbollah au Liban le met hors de lui. « Pourquoi faisons-nous le travail du Hezbollah alors qu’Israël est attaqué par lui ? C’est une capitulation totale face au régime iranien. »

Cette formulation — « capitulation totale » — est celle d’un homme qui n’emploie pas les mots à la légère. Levin est l’un des commentateurs conservateurs les plus suivis d’Amérique, avec une audience fidèle qui représente une partie du socle électoral de Trump. Que cette critique émerge de son propre camp, sur sa propre chaîne de prédilection, illustre l’ampleur des tensions qui traversent le camp républicain autour de la politique iranienne.

« L’ennemi ne se rendra jamais »

Levin a conclu son intervention par une mise en garde à destination de Washington sur les véritables intentions de Téhéran. « L’ennemi ne s’est pas rendu, il ne se rendra jamais et n’abandonnera jamais son objectif ni sa révolution. Tout accord ne vaut pas pour eux le papier sur lequel il est écrit. Il s’agit d’une secte de la mort, de kamikazes qui veulent l’arme nucléaire. »

Cette vision — le régime iranien comme acteur fondamentalement irrationnel au sens conventionnel du terme, animé par une idéologie révolutionnaire qui prime sur tout calcul pragmatique — est celle d’une partie significative de la droite américaine, qui estime que toute diplomatie avec Téhéran est, par définition, illusoire.

La dissonance est frappante : Trump a bâti une partie de son image sur la fermeté face à l’Iran, le retrait de l’accord nucléaire de 2015 et la politique de « pression maximale ». Voir ses propres partisans les plus ardents dénoncer son accord actuel comme une capitulation illustre le paradoxe dans lequel se trouve pris le président américain — coincé entre la logique d’une négociation qu’il veut présenter comme une victoire et des alliés idéologiques qui n’y voient qu’une retraite.

Pour en savoir plus sur les ressources iraniennes et les enjeux de l’accord, lire : L’argent enfoui dans le sol : comment l’Iran détient l’un des plus grands trésors du monde

Sur la pression maximale contre l’Iran et ses antécédents, lire aussi : Pression maximale contre l’Iran : Retour de Brian Hook au sein de l’administration Trump

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