Il y a exactement une semaine, une source anonyme de la chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision amĂ©ricaine a divulguĂ© les informations fournies par l’ Iran Ă la frontière syro-irakienne concernant des bases des combattants de la milice chiite qui avaient Ă©tĂ© attaquĂ©es.
L’information Ă©tait dĂ©taillĂ©e et comprenait des photographies aĂ©riennes et d’autres donnĂ©es. Il Ă©tait impossible de ne pas voir un carton jaune, un avertissement clair que si l’activitĂ© autour de ces entrepĂ´ts d’armes continuait, cela ne durera pas. L’Iran ne semblait pas prendre cela au sĂ©rieux et hier est arrivĂ© le carton rouge: une attaque nocturne dans laquelle l’infrastructure de la base a Ă©tĂ© endommagĂ©e, et plusieurs terroristes ont apparemment Ă©tĂ© tuĂ©s , dont des Iraniens.
Les mĂ©dias arabes se sont empressĂ©s d’accuser IsraĂ«l. Ce n’est pas la première fois qu’IsraĂ«l est impliquĂ© dans des activitĂ©s contre des cibles iraniennes dans cette rĂ©gion. Il y a deux semaines, parallèlement au fait de contrecarrer l’attentat Ă la bombe par un drone depuis le Golan syrien vers Israel, des avions de la Force aĂ©rienne ont attaquĂ© un convoi iranien qui a incitĂ© Ă une vengeance.
La prĂ©cĂ©dente attaque avait eu lieu du cĂ´tĂ© est de la frontière irakienne (al-Qa’im), tandis que l’attaque de nuit s’était dĂ©roulĂ©e du cĂ´tĂ© ouest de la frontière syrienne (al-Buqmal). Le rĂ©gime Assad a autorisĂ© l’Iran Ă Ă©tablir sa base sur le territoire syrien, prĂ©tendument pour l’aider Ă lutter contre la prĂ©sence rĂ©siduelle de l’Etat islamique dans la rĂ©gion. En pratique, l’Iran cherche Ă contrĂ´ler le passage de la frontière entre les pays et les armes qu’il cherche Ă envoyer par la Syrie et le Liban.
L’activitĂ© iranienne dans ce secteur s’est intensifiĂ©e ces derniers mois Ă la suite des attaques imputĂ©es Ă IsraĂ«l en Syrie. Après que les voies aĂ©riennes utilisĂ©es pour acheminer les armes aient Ă©tĂ© presque complètement bloquĂ©es, l’Iran a optĂ© pour le transport terrestre – un itinĂ©raire long et encombrant, mais relativement plus sĂ»r en raison de la difficultĂ© apparente des frappes aĂ©riennes Ă grande Ă©chelle.
Si l’armĂ©e de l’air est responsable des dernières attaques, cela signifie qu’IsraĂ«l est prĂŞt Ă aller très loin (concernant le vol, pour ĂŞtre exact) pour interdire la consolidation iranienne en Syrie ou l’intensification des armes avancĂ©es par le Hezbollah. Cela suppose tout un dĂ©fi: renseignement (obtenir des informations prĂ©cises et en temps rĂ©el lui permettant de formuler un plan opĂ©rationnel) et opĂ©rations (attaque Ă longue distance, opĂ©ration de vol long qui nĂ©cessite une planification minutieuse et une exĂ©cution parfaite, afin de garantir la rĂ©alisation des objectifs) .Et risque minimum pour l’avion attaquant.
La rĂ©ponse iranienne, mĂŞme si elle Ă©tait attendue, a Ă©tĂ© plus rapide que d’habitude. Dans le passĂ©, l’Iran a repris son souffle avant de rĂ©agir, en essayant de produire une attaque de qualitĂ© dans l’espoir de se soustraire Ă la dĂ©fense israĂ©lienne et en facturant son prix. Ce fut le cas en fĂ©vrier et en mai de l’annĂ©e dernière, ainsi que dans l’attaque du drone qui a Ă©tĂ© contrecarrĂ©e il y a deux semaines. Hier cependant, l’Iran a agi rapidement: quelques heures après l’attaque de la frontière syro-irakienne, des roquettes ont Ă©tĂ© lancĂ©es sur le mont Hermon.
Les personnes qui ont lancĂ© les roquettes Ă©taient des membres de la division Imam Hussein, qui opĂ©raient ces dernières annĂ©es sous le haut patronage de l’Iran pour des combats en Syrie, et Ă©taient Ă©galement responsables du drone piĂ©gĂ© qui avait Ă©tĂ© bloquĂ©e sur le plateau du Golan. Ce n’est pas la première fois que l’Iran lance des roquettes dans le Golan (la première remonte Ă mai 2018 et la deuxième lorsqu’une lourde roquette a Ă©tĂ© lancĂ©e sur Hermon en janvier de cette annĂ©e, et a Ă©tĂ© interceptĂ©e), mais cette fois aussi, les tirs ont Ă©tĂ© infructueux, indiquant que la capacitĂ© opĂ©rationnelle n’était que mĂ©diocre, mais intensifiĂ©e.
Il convient d’examiner les points suivants: La Force Qods a une capacitĂ© d’apprentissage impressionnante et elle cherchera Ă amĂ©liorer les performances de ses forces subordonnĂ©es dans un proche avenir, afin de faire payer Ă IsraĂ«l le prix de la sĂ©rie d’humiliations qu’ils ont eu que ce soit de l’Iran Ă l’Irak, en passant par la Syrie et le Liban.
Il faudra pour cela qu’IsraĂ«l soit fort en dĂ©fense et qu’il continue bien sĂ»r d’insister sur les lignes rouges qu’il s’est fixĂ©es lors de l’attaque. L’un d’entre eux, Ă©galement peint la semaine dernière, est engagĂ© dans une usine de prĂ©cision de missile gĂ©rĂ©e par le Hezbollah (assistĂ© par l’Iran) dans la ville de Nabi Shit dans la vallĂ©e du Liban. Si vous vous appuyez sur le prĂ©cĂ©dent d’hier, le carton jaune envoyĂ© au Liban pourrait bientĂ´t devenir un carton rouge.
La pression sur le sol iranien a Ă©tĂ© ajoutĂ©e hier avec une dĂ©claration de Bibi concernant le dĂ©voilement d’un autre site oĂą l’activitĂ© nuclĂ©aire est interdite. Cette publication est moins dramatique que les archives nuclĂ©aires de l’annĂ©e dernière, mais elle se tient Ă la veille de l’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique (AIEA), qui traitera notamment de la non-coopĂ©ration de l’Iran après le dĂ©voilement du site prĂ©cĂ©dent par IsraĂ«l, et en prĂ©vision d’un Ă©ventuel sommet entre les prĂ©sidents Trump et Rouhani.





