La destruction de la ville antique de Palmyre a eu un impact rĂ©el, mais en fait chaque site antique en Syrie inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO a souffert au cours des cinq annĂ©es de conflit. RT revient sur ces monuments uniques dĂ©truits par l’action terroriste.
PalmyreÂ
Avant l’arrivĂ©e de ISIS, Palmyre, qui signifie « City of Palms » , Ă©tait un musĂ©e en plein air apprĂ©ciĂ© Ă seulement 210 km de la capitale syrienne Damas. Le point de repère unique, dĂ©crit par l’UNESCO comme une « oasis dans le dĂ©sert syrien », qui a Ă©tĂ© conquise par ISIS en mai 2015. Avant que le conflit syrien n’ait Ă©clatĂ© en 2011, plus de 150 000 touristes visitaient la ville chaque annĂ©e. Les ruines antiques font partie du site reconnu comme Patrimoine Mondial de l’UNESCO Ă Palmyre tout comme l’Arc de Triomphe emblĂ©matique qui a Ă©tĂ© dĂ©truit par les terroristes de ISIS engagĂ©s dans ce qui a Ă©tĂ© surnommĂ© le « nettoyage culturel » du Moyen-Orient.
« Cette nouvelle destruction de la culture Ă Palmyre reflète la brutalitĂ©, l’ignorance des groupes extrĂ©mistes et leur mĂ©pris pour les communautĂ©s locales et le peuple syrien », a dit Irina Bokova, Directrice gĂ©nĂ©rale de l’UNESCO.
La destruction de Baal Shamin, un temple dédié au culte du dieu phénicien des tempêtes et des précipitations, fut une autre perte douloureuse.
Baal Shamin, Ă Â 210 km au nord est de Damas, Ă©tait connue comme la «perle du dĂ©sert». Le Temple de Bel, vieux de 2000 ans, au nord-est de Damas, a Ă©tĂ© construit pour louer le dieu sĂ©mitique Bel. Il Ă©tait considĂ©rĂ© comme l’un des plus grands vestiges du monde. Les militants ont dĂ©moli le monument avec des explosifs et ont également profanĂ© des tombes uniques.
La vieille ville d’Alep
Comme l’une des plus vieilles villes habitĂ©es du monde, Alep, avec ses portes mĂ©diĂ©vales, ses structures chrĂ©tiennes du VIe siècle, les plans de la rue de la pĂ©riode romaine et de nombreuses maisons et palais d’Ă©poque ottomane, a longtemps Ă©tĂ© le centre urbain, commercial et culturel du nord-ouest de la Syrie.
L’un des sites culturels les plus connus Ă Alep est la Grande MosquĂ©e, qui a Ă©tĂ© fondĂ©e dans la pĂ©riode omeyyade et reconstruite au XIIe siècle. Alep a Ă©tĂ© en première ligne dans le conflit actuel. Le gouvernement et les forces d’opposition ont continuĂ© Ă combattre dans et autour de la ville, dans une bataille caractĂ©risĂ©e par de violents combats et des bombardements gĂ©nĂ©ralisĂ©s par des chars et de l’artillerie.
La ville d’Alep a connu certains des combats les plus violents de la guerre civile syrienne. Des dĂ©gâts considĂ©rables ont étĂ© causĂ©s dans la vieille ville, y compris les dommages Ă la Grande MosquĂ©e d’Alep et Ă l’ancien marchĂ© couvert Suq al-Madina. Au printemps 2013, il a Ă©tĂ© signalĂ© que le minaret de la Grande MosquĂ©e d’Alep avait Ă©tĂ© dĂ©truit pendant les combats.
Irina Bokova a fermement condamnĂ© les destructions dans la ville d’Alep, en disant : « le patrimoine ne doit pas ĂŞtre pris en otage dans le conflit. »
L’ancienne ville de Damas
Avant que Palmyre ne soit sous l’emprise de ISIS, les responsables ont rĂ©ussi Ă retirer certains objets prĂ©cieux du site et Ă les emporter Ă Damas. Pourtant, la capitale syrienne avec l’ancienne ville de Damas inscrite sur la liste de l’UNESCO en 1979, a elle aussi souffert du conflit en cours.
L’une des plus anciennes villes du monde a Ă©tĂ© endommagĂ©e par la mĂŞme guerre civile qui a dĂ©chirĂ© le pays tout entier. Les habitants disent qu’ils ne se souviennent plus de ce qu’est la paix.
Pendant le conflit, le ministère syrien de la Direction générale de la culture, des antiquités et des musées a signalé des dégâts dus à des tirs de mortier à proximité de la vieille ville.
Damas Antiquités a mené des inventaires des propriétés et zones de la vieille ville, y compris la zone tampon archéologique, les quartiers historiques en dehors de la ville fortifiée et les reliques ont été touchés par des tirs de mortiers.
En 2013, le site juif le plus sacrĂ© en Syrie, la Synagogue Jobar de Damas, datant de 2000 ans, a Ă©tĂ© pillĂ©e et brĂ»lĂ©e, et son toit arrachĂ©. Les forces de l’armĂ©e et les rebelles syriens ont tous deux blâmĂ© l’autre pour la dĂ©molition du monument historique, qui est considĂ©rĂ© comme le lieu de pèlerinage le plus saint de Syrie pour les Juifs.
Bosra
SituĂ© dans le gouvernorat syrien de Daara, l’ancienne ville de Bosra est surtout connue comme un important site archĂ©ologique, qui abrite des vestiges de l’Ă©poque romaine, byzantine et des dĂ©buts des pĂ©riodes islamiques.
Un théâtre romain du IIe siècle est l’un des exemples les mieux conservĂ©s de cette pĂ©riode, et il y a des nombreux vestiges archĂ©ologiques romains Ă proximitĂ©.
L’Ă©poque des vestiges architecturaux islamiques Ă Bosra incluent Al-Omari MosquĂ©e (AD 720), une des plus anciennes mosquĂ©es du monde.
Depuis l’escalade de la crise syrienne, la ville a subi des bombardements sans fin. Les rapports indiquent que la ville a Ă©tĂ© partiellement dĂ©truite.
La forteresse des Crac des Chevaliers
SituĂ© sur les hautes crĂŞtes dans des positions dĂ©fensives clĂ©s, les deux châteaux reprĂ©sentent les exemples les mieux conservĂ©s de l’architecture de l’Ă©poque des CroisĂ©s. Les Ă©lĂ©ments architecturaux existants datent de l’Ă©poque byzantine et islamique.
Le Crac des Chevaliers est Ă©galement connu comme Qalaat al-Hosn et ses origines remontent au XIe siècle. Il a d’abord Ă©tĂ© appelĂ© le château des Kurdes. Les dommages Ă Crac des Chevaliers et la violence dans la rĂ©gion environnante ont Ă©tĂ© importants. Dès mai 2012, il y avait des rapports faisant Ă©tat d’hommes armĂ©s dans le château.
En Juillet 2012, les combattants de l’ArmĂ©e syrienne libre ont aussi utilisĂ© le site, et l’armĂ©e syrienne a rĂ©pliquĂ© en bombardant le château.
L’armĂ©e syrienne a reconquis Crac des Chevaliers – un des plus grands châteaux mĂ©diĂ©vaux au monde – le vendredi, après que les forces d’Assad eurent repris le site du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, aux rebelles, un jour plus tĂ´t. Crac des Chevaliers est un château des CroisĂ©s construit au XIIe siècle.
Il a Ă©tĂ© reconnu comme un site du Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2006, cinq ans avant d’ĂŞtre conquis par les forces anti-Assad en 2011. Les dommages au Crac des Chevaliers et aux autres trĂ©sors culturels en Syrie ont Ă plusieurs reprises suscitĂ© la condamnation de l’Organisation des Nations Unies, qui a appelĂ© Ă l’arrĂŞt de la destruction du patrimoine culturel du pays.
Les villages antiques du Nord de la Syrie
Les Villages antiques du Nord de la Syrie, également connus sous le nom de « Dead Cities, » sont des parcs archéologiques dans le nord-ouest de la Syrie. Ce paysage culturel est marqué par une abondance de ruines archéologiques qui datent principalement des périodes antiques et byzantines (environ du premier au septième siècle).
AjoutĂ© Ă la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2011, ce site du patrimoine culturel comprend huit parcs (Jebel al A’la, Jebel Barisha, Jebel Seman 1, Jebel Seman 2, Jebel Seman 3, Jebel Wastani, Jebel Zawiye 1 et Jebel Zawiye 2), et ceux-ci comprennent quarante sites et villages. Un risque important pour les Dead Cities est la proximitĂ© de zones contestĂ©es. Bab al-Hawa est un poste frontalier majeur entre la Syrie et la Turquie, et le passage pour les fournitures des combattants armĂ©s Ă travers la Syrie.
Les musées pillés
Des rapports ont émergé de la Syrie à propos de musées pillés, ainsi que de sites du patrimoine endommagés, et le commerce des antiquités. « The Independent » a rapporté que les musées du gouvernement à Deir ez-Zor, Raqqa, Maarat al-Numan et Qalaat Jaabar avaient été saccagés.
Le journal a Ă©galement citĂ© le Directeur syrien des musĂ©es Hiba Sakhel, qui a dĂ©clarĂ© que les antiquitĂ©s du MusĂ©e national d’Alep ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es sous les voĂ»tes de la banque centrale Ă Damas. Selon des sources en Syrie, il y a eu Ă©galement le pillage des musĂ©es de Homs et Hama.
Les sites antiques en Syrie occupĂ©s par les terroristes de ISIS sont pillĂ©s Ă l’Ă©chelle industrielle, avec des objets culturels vendus en contrebande dans les pays occidentaux pour financer le groupe terroriste.
ISIS est non seulement en train de dĂ©truire des objets de valeur culturelle, mais aussi de faire un profit consĂ©quent. Le groupe occupe actuellement des territoires riches en trĂ©sors archĂ©ologiques – y compris des pièces de monnaie, des manuscrits anciens et des bijoux – et les exportent illĂ©galement pour amasser des fonds pour ses activitĂ©s terroristes.
« L’imagerie par satellite montre que les sites archĂ©ologiques en Syrie sont le théâtre de milliers de fouilles illĂ©gales … qui montrent qu’il y a des pillages Ă l’Ă©chelle industrielle, » selon la dĂ©claration faite ce mercredi par la responsable de l’UNESCO.
Non seulement l’avenir de la Syrie dĂ©pend de la guerre civile qui fait rage, mais maintenant aussi de son passĂ©. Le marchĂ© noir florissant dans le conflit voit maintenant des reliques – certaines datant de presque 1200 ans – nĂ©gociĂ©es par les rebelles contre des armes.
Dans le but de prĂ©server l’image des anciennes reliques, les scientifiques utilisent dĂ©sormais des milliers de camĂ©ras 3D spĂ©cialement modifiĂ©es pour capturer des sites du Moyen-Orient avant d’ĂŞtre stockĂ©s pour la mĂ©moire historique. Le projet de base des donnĂ©es de millions d’image, visant Ă crĂ©er un enregistrement numĂ©rique complet de chaque artefact sous la menace, a Ă©tĂ© annoncĂ© plus tĂ´t cet Ă©tĂ© par l’Institut d’archĂ©ologie numĂ©rique.





