« Tout le monde arabe paiera le prix ! » : le commentateur égyptien met en garde contre l’accord de Trump avec l’Iran

Ce n’est pas depuis Tel-Aviv ou Washington que les critiques les plus cinglantes de l’accord entre les États-Unis et l’Iran ont fusé — c’est depuis le plateau d’une émission arabe. Dans un débat particulièrement tendu diffusé sur l’une des chaînes les plus regardées du monde arabophone, deux analystes de premier plan ont décortiqué le mémorandum d’entente signé à Bürgenstock avec une franchise qu’on n’entend guère dans les communiqués officiels des capitales du Golfe.

Amr Adib, le présentateur-vedette egyptien dont l’influence dans le monde arabe n’est plus à démontrer, a ouvert le débat avec une note sarcastique qui résumait l’état d’esprit général : « Le sentiment commun dans le monde — en Amérique, en Europe, au Moyen-Orient, dans les pays du Golfe — c’est l’insatisfaction face à ce qui s’est passé. L’accord n’est pas digéré, il n’est pas avalé. À qui cet accord fait-il plaisir ? La plupart des gens ont le sentiment qu’il s’agit d’un accord en faveur de l’Iran. »

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

« Des pays qui auraient voulu être attaqués à la place de l’Iran »

Adib est allé encore plus loin, pointant l’absurdité de la situation aux yeux des observateurs régionaux : « De nombreux pays auraient aimé être ceux qu’on aurait attaqués à la place de l’Iran — sur la base des acquis qu’ils auraient obtenus. Il y a là quelque chose de très étrange ! »

La commentatrice Dorea’m a renchéri en identifiant ce qu’elle considère comme une erreur stratégique fondamentale commise par l’administration Trump : la levée de la pression économique sur Téhéran. « Il les libère des pressions économiques. Des fonds américains coulent maintenant vers ce régime, et ces fonds couleront encore davantage. Ce qui signifie un renforcement des Gardiens de la Révolution pour consolider leur emprise sur tous les sujets. »

Sur les dossiers nucléaire, balistique et des drones, Dorea’m a souligné que ces questions avaient été repoussées à des étapes ultérieures — à la demande des Iraniens eux-mêmes, et avec l’accord forcé des Américains. Elle a ajouté que le texte du mémorandum portait également une atteinte à la souveraineté libanaise en « accordant une légitimité au Hezbollah en tant que bras officiel de Téhéran ».

« Voilà ce que vous obtenez d’un pays aussi faible ? »

Amr Adib a formulé la question qui embarrasse le plus les partisans de l’accord du côté américain : « Tu as toujours pensé qu’il les mettrait à genoux. Ils sont tombés vaincus. On parle d’un pays sans ciel, sans direction, sans économie — et c’est le résultat que tu obtiens ? C’est ça l’accord qu’un pays aussi affaibli arrache à la puissance la plus forte du monde ? »

La question était rhétorique, mais elle pointait une contradiction réelle : si l’Iran était effectivement à bout de souffle après les frappes israéliennes et les sanctions accumulées, pourquoi les termes de l’accord semblent-ils si favorables à Téhéran ? Dans les salons du Golfe et sur les plateaux arabes, la réponse officieuse est que Washington a privilégié la rapidité sur la rigueur — et que le Moyen-Orient va en assumer les conséquences.

Dorea’m a conclu par un avertissement direct à l’adresse du président américain : « C’est une grande erreur qui poursuivra Donald Trump. Il devra faire face aux répercussions de cette erreur, y compris à l’intérieur des États-Unis. »

Et Adib de conclure par cette formule qui résume l’amertume arabe : « Tout le monde arabe paiera le prix ! Le ministre des Affaires étrangères saoudien a dit : ‘Je ne sais rien du tout de ce fonds !’ L’Israélien, lui, a dit ‘allez tous vous faire voir’ et il est entré pour élargir son occupation et frapper encore le Hezbollah ! »

Pour suivre les développements des négociations en Suisse et leur impact sur la région :
👉 Vance toujours en Suisse, les Iraniens sont partis : mises à jour des négociations et le silence d’Israël

👉 Herzog : « Je m’oppose aux propos offensants envers les responsables américains, Trump est un partenaire fiable »

Banniere Israel Hai