Trump ébranle les États-Unis : « J’ai révélé le plus grand camouflage de l’histoire électorale »

Le président américain Donald Trump a prononcé ce vendredi un discours à la nation dans lequel il a accusé la communauté du renseignement d’avoir dissimulé des informations sur une intrusion chinoise dans les bases de données des électeurs en 2020. Ce discours intervient dans un climat de résistance de la part des chaînes de télévision à le diffuser, et de craintes politiques quant à son impact sur les élections de mi-mandat de novembre.

Le président a ouvert son allocution par une brève référence à la guerre contre l’Iran, déclarant : « Nous sommes en train de gagner en grand en Iran. Vous verrez très bientôt les fruits de cet effort. » Il est ensuite immédiatement passé au sujet central de sa déclaration : l’intégrité des élections et de graves accusations visant Pékin ainsi que la communauté du renseignement américaine.

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« Aucun pays ne peut être grand sans élections justes et honnêtes », a lancé Trump en préambule. « Vous devez avoir confiance en votre pays, car sans confiance, il ne peut y avoir de grandeur. Malheureusement, le système que nous avons aujourd’hui est à des années-lumière de ce standard, et nous expose à des niveaux de piratage, d’exploitation et d’ingérence étrangère que personne n’aurait imaginés possibles. »

Le président a affirmé que l’objectif de la publication de ces nouvelles informations était de renforcer la confiance du public en exposant les failles pour mieux les corriger rapidement. Selon lui, depuis 2020, la Chine a mené le piratage de données le plus important de l’histoire électorale américaine. « Elle a obtenu illégalement 220 millions de dossiers d’électeurs américains, incluant noms, adresses, numéros de téléphone et préférences partisanes », a détaillé Trump. Il a précisé que la Chine avait même mis en place une unité dédiée à l’exploitation de ces données.

L’essentiel des critiques du président s’est porté vers l’intérieur même de son propre camp institutionnel. Trump a accusé des éléments au sein de la communauté du renseignement, qu’il a qualifiés d’ »État profond », d’avoir dissimulé l’ampleur de l’ingérence chinoise. « Ils ont activement œuvré à minimiser l’ampleur des faits et ont caché l’information au président comme au public », a-t-il affirmé. Selon lui, les agences gouvernementales savaient déjà en 2020 que les bases de données d’inscription des électeurs avaient été piratées dans 18 États, mais ont choisi de garder l’information secrète tout en continuant d’affirmer que le système électoral était sécurisé.

Trump a cité un rapport de la CIA datant de 2018, selon lequel la politique du Parti communiste chinois consistait à mobiliser des éléments opposés à sa réélection sur le sol américain. Le président a expliqué que les responsables impliqués dans cette dissimulation avaient tout fait pour empêcher sa victoire en 2020.

Malgré ces accusations virulentes, des sources proches du dossier ont indiqué que le renseignement recueilli durant le premier mandat de Trump n’indique pas que la Chine ait procédé à une manipulation ou à une modification effective des votes. Le bureau du directeur du renseignement national et la CIA ont refusé de commenter ces accusations.

Parallèlement, des élus démocrates de la commission du renseignement de la Chambre des représentants ont mis en garde les chefs des agences de renseignement contre le fait de laisser le président transformer le renseignement en arme au service de ses accusations. Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a ajouté que son parti se préparait à d’éventuelles tentatives d’ingérence de la Maison-Blanche lors des prochaines élections.

Cette tentative de recadrer les événements de 2020 suscite également des tensions au sein même du Parti républicain. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, a précisé que les membres de son parti se concentraient sur les élections de mi-mandat de novembre 2026, et non sur les scrutins passés. Les républicains font actuellement face à des défis politiques importants, notamment un mécontentement public lié aux prix élevés de l’énergie et à la guerre contre l’Iran, tandis que les démocrates n’ont besoin de gagner que trois sièges pour obtenir la majorité à la Chambre des représentants.

Ce discours exceptionnel a immédiatement suscité une réaction des médias. Deux des trois grandes chaînes de télévision américaines, ainsi que CNN, ont choisi de ne pas diffuser la déclaration sur leurs plateformes principales, contrairement à la pratique habituelle pour les discours présidentiels portant sur des sujets d’importance nationale.

Pour aller plus loin sur l’actualité de Donald Trump et sa relation avec Israël, notre rédaction avait suivi de près son discours historique à la Knesset, ainsi que le déploiement de l’avion du Jugement Dernier au-dessus de Washington en pleine tension avec l’Iran.