Trump menace : l’accord n’est pas dĂ©finitif — si je ne l’aime pas, je reviendrai bombarder l’Iran

Ă€ moins de 48 heures de la cĂ©rĂ©monie de signature prĂ©vue vendredi 19 juin en Suisse, Donald Trump a tenu Ă  rappeler une chose Ă  ceux qui verraient dans le mĂ©morandum d’accord USA-Iran une capitulation dĂ©finitive de Washington : le texte en cours de finalisation n’est pas un accord de paix permanent, et si les nĂ©gociations des 60 jours qui suivront ne produisent pas un accord final qui lui convient, les frappes amĂ©ricaines sur l’Iran pourront reprendre.

La dĂ©claration du prĂ©sident amĂ©ricain, publiĂ©e sur Truth Social et rapportĂ©e ce mercredi par Srugim, s’inscrit dans le prolongement d’un message plus long dans lequel Trump a Ă©voquĂ© le sort de l’uranium enrichi iranien. Il a indiquĂ© qu’en temps voulu, « quand tout sera calme », les États-Unis entreront sur le sol iranien pour rĂ©cupĂ©rer la « poussière nuclĂ©aire enfouie sous les puissantes montagnes de granit qui se sont effondrĂ©es grâce aux magnifiques bombardiers B-2 et Ă  leurs brillants pilotes » — pour la diluer et la dĂ©truire, « soit en Iran soit aux États-Unis ». Et il a conclu par une formule qui rĂ©sume l’ensemble de sa posture : « Si ça ne se passe pas bien, nous avons la solution ultime, que nous espĂ©rons ne jamais avoir Ă  utiliser Ă  nouveau. »

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Un mémorandum, pas un traité

Cette prĂ©cision de Trump n’est pas anodine. Le mĂ©morandum qui sera signĂ© vendredi est dĂ©libĂ©rĂ©ment prĂ©sentĂ© comme un texte court — le ministre des Affaires Ă©trangères iranien Abbas Araghchi l’a lui-mĂŞme qualifiĂ© la veille de document « d’Ă  peine deux pages » — qui prolonge le cessez-le-feu de 60 jours et fixe un cadre de nĂ©gociation pour un accord dĂ©finitif. Ce n’est pas, en soi, un règlement final du dossier iranien. C’est prĂ©cisĂ©ment ce que Trump rappelle en soulignant que si l’accord « ne lui plaĂ®t pas », rien ne l’empĂŞchera de « revenir bombarder l’Iran ».

Cette posture remplit plusieurs fonctions simultanĂ©es. Elle rassure les rĂ©publicains du Congrès les plus sceptiques — Mike Pence, le sĂ©nateur Graham et d’autres ont dĂ©jĂ  exprimĂ© leurs rĂ©serves sur tout accord qui ne passerait pas par un vote des reprĂ©sentants. Elle envoie un signal aux Gardiens de la RĂ©volution iraniens, dont plusieurs analystes estiment qu’ils pourraient saboter les nĂ©gociations finales en refusant les clauses restrictives sur le nuclĂ©aire. Et elle prĂ©serve le levier de pression amĂ©ricain dans les semaines Ă  venir.

L’Iran conteste la version Bloomberg

Pendant ce temps, l’agence Tasnim a fait savoir qu’une source iranienne conteste la version du mĂ©morandum publiĂ©e mercredi par Bloomberg, et que le texte dĂ©finitif ne sera de toute façon pas rendu public — mĂŞme après la signature. Cette double dĂ©claration iranienne — le texte est inexact, et de toute façon on ne le verra jamais — laisse entière la question du contenu rĂ©el des engagements pris.

Ce voile d’opacitĂ© autour d’un accord qui doit restructurer les Ă©quilibres rĂ©gionaux pour des dĂ©cennies alimente l’inquiĂ©tude israĂ©lienne autant que la mĂ©fiance d’une partie du camp rĂ©publicain. Netanyahu a lui-mĂŞme reconnu ne pas connaĂ®tre tous les dĂ©tails du mĂ©morandum. Et c’est peut-ĂŞtre lĂ  l’essentiel du message de Trump : la menace de reprendre les frappes n’est pas seulement rhĂ©torique — elle est le seul levier concret qu’IsraĂ«l et les sceptiques amĂ©ricains peuvent encore invoquer si les 60 jours de nĂ©gociation tournent mal.

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