Trump répond à ses critiques sur l’Iran : « Des idiots, des gens mauvais, ou des stupides »

Donald Trump ne souffre pas la critique, surtout quand elle vient de son propre camp. Face aux voix de plus en plus nombreuses dans l’aile dure du Parti républicain — faucons, conservateurs et cercles pro-israéliens — qui estiment que le mémorandum d’entente conclu avec l’Iran est insuffisant et trop accommodant, le président américain a répliqué sans nuance dans un message publié sur son réseau Truth Social. Les personnes qui remettent en question la fermeté de son approche vis-à-vis de Téhéran sont, selon lui, « des idiots » — ou bien « des gens jaloux, des gens mauvais, ou des stupides ». Il a clôturé le message par son slogan habituel, Make America Great Again.

Les arguments économiques de Trump

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Pour défendre son bilan, Trump s’appuie sur deux indicateurs que la Maison-Blanche présente comme des preuves tangibles du succès de sa stratégie. D’une part, le marché boursier américain a atteint un record absolu : selon CBS, à la suite de l’annonce d’un accord préliminaire avec l’Iran qui prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz, le Dow Jones a clôturé à environ 51 671 points, un niveau historique. D’autre part, les prix du pétrole se sont inscrits en forte baisse, autour de 80 dollars le baril. Pour Trump, c’est la démonstration que son approche dure vis-à-vis de Téhéran produit des résultats sans que l’économie américaine n’en souffre.

Le vice-président JD Vance a précisé pour sa part dans une interview à CNBC que les États-Unis s’attendent à ce que le détroit d’Ormuz reste ouvert dans la durée et sans perception de droits de passage — un point encore en cours de négociation technique entre les parties.

La vraie question que Trump ne répond pas

Les critiques qui visent Trump ne sont pas d’ordre économique. Elles viennent de milieux qui considèrent que la mesure d’un accord avec l’Iran ne se prend pas à l’aune des indices boursiers, mais à celle de sa capacité à neutraliser définitivement le programme nucléaire iranien. De ce point de vue, le mémorandum d’entente actuel laisse beaucoup de questions ouvertes.

Le texte du mémorandum reporte les discussions sur le sort de l’uranium enrichi iranien — environ 9 000 kilos, dont une quantité significative à haut degré d’enrichissement — aux soixante jours de négociations qui s’ouvrent. Il ne traite pas du programme de missiles balistiques de l’Iran. Il ne comporte aucune clause sur le financement des organisations proxy de Téhéran dans la région. Des responsables du renseignement américain, dont le directeur de la CIA, avaient déjà mis en garde Trump en amont de la signature sur les doutes sérieux que soulèvent les intentions réelles de l’Iran quant à un accord final.

Du côté israélien, c’est précisément cet angle qui prime : non pas le niveau du Dow Jones, mais la question de savoir si l’Iran conservera, demain, la capacité de reconstruire ce que les frappes de ces derniers mois ont mis à mal. Pour l’instant, cela reste sans réponse.

La campagne militaire contre l’Iran avait débuté fin février, après l’échec des négociations et la fermeture par Téhéran du détroit d’Ormuz, artère par laquelle transite environ un cinquième du pétrole mondial. La paralysie du trafic maritime avait provoqué un choc énergétique mondial et une envolée des prix du brut. Trump avait répété à de nombreuses reprises au fil des mois qu’un accord était imminent — sans que rien ne soit signé, jusqu’à l’annonce de ce mémorandum.

Pour aller plus loin sur la stratégie de Trump face à l’Iran :
👉 Trump pose un ultimatum à l’Iran : un accord nucléaire dans les six semaines
👉 Le jeu dangereux de Trump face à l’Iran – et quel est le lien avec Israël ?

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