Sur la pelouse sud devant la Maison Blanche, trois documents ont été solennellement signés sur la normalisation des relations entre Israël et les deux États du golfe Persique, les Emirats Arabes Unis et Bahreïn.
Outre les accords bilatĂ©raux (un accord de paix avec les Émirats arabes unis et une «dĂ©claration de paix» avec BahreĂŻn), les quatre participants au sommet ont signĂ© un document quadripartite commun appelĂ© les «accords d’Abraham». Les trois documents ont Ă©tĂ© rĂ©digĂ©s par le conseiller et gendre du prĂ©sident Trump, Jared Kushner.
Il est important de noter que, contrairement aux accords avec l’Égypte et la Jordanie, IsraĂ«l n’a jamais Ă©tĂ© en guerre avec les Émirats et BahreĂŻn. Le Hamas a rappelĂ© au monde que la guerre au Moyen-Orient se poursuit en tirant des roquettes sur Ashdod et Ashkelon lors de la cĂ©rĂ©monie Ă la Maison Blanche.
Dans son discours après la cĂ©rĂ©monie, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a proclamĂ© le dĂ©but d’une nouvelle ère au Moyen-Orient et dĂ©clarĂ© que les accords signĂ©s mèneraient Ă la fin du conflit israĂ©lo-arabe. Les ministres des Affaires Ă©trangères des Émirats arabes unis et de BahreĂŻn ont Ă©galement parlĂ© avec enthousiasme d’un «nouveau Moyen-Orient», mais ont soulignĂ© leurs «obligations envers le peuple palestinien» et la nĂ©cessitĂ© d’une «solution Ă deux États».
Le ministre des Affaires Ă©trangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed, s’adressant Ă Netanyahu, l’a publiquement remerciĂ© «d’avoir arrĂŞtĂ© l’annexion des territoires palestiniens». Le reprĂ©sentant de BahreĂŻn, s’adressant Ă©galement au Premier Ministre d’IsraĂ«l, a dĂ©clarĂ© que «deux États pour deux peuples – la pierre angulaire de la paix» dans la rĂ©gion. L’engagement d’Ĺ“uvrer Ă une « solution juste et durable du conflit israĂ©lo-palestinien  » est inclus dans le texte de la dĂ©claration de paix.
IsraĂ«l et les pays du Golfe ont Ă©tĂ© rĂ©unis par un ennemi commun – la RĂ©publique islamique d’Iran. Le principal journaliste de Yediot Ahronot, Nahum Barnea, a exprimĂ© aujourd’hui l’idĂ©e paradoxale que le rapprochement entre IsraĂ«l et les monarchies du Golfe a Ă©tĂ© rendu possible par l’affaiblissement des États-Unis. «Ironiquement, cela est dĂ» Ă l’affaiblissement croissant des États-Unis. Les États du Golfe ont compris qu’ils ne pouvaient plus compter sur la volontĂ© amĂ©ricaine de les protĂ©ger. Trump fait des menaces frĂ©quentes, mais est très prudent dans l’exĂ©cution de ses menaces. Il est difficile de compter sur lui. IsraĂ«l comble ce vide», Ă©crit Barnea.
D’autre part, les accords crĂ©ent une nouvelle dynamique dans la rĂ©gion, lorsque d’autres pays arabes commencent Ă penser : « OĂą en sommes-nous sur cette cĂ©lĂ©bration de la vie ? » Ces sentiments sont exprimĂ©s dans un article de l’Ă©minent journaliste libanais Nadim Koteish, publiĂ© hier dans le journal panarabe Al-Sharq al-Awsat, publiĂ© Ă Londres. Dans un article intitulĂ© « Quand arrivera la paix entre le Liban et IsraĂ«l ? » l’auteur Ă©crit : « La chose la plus logique après la paix entre IsraĂ«l et les Emirats Arabes Unis et BahreĂŻn est que le Liban signe le mĂŞme accord avec IsraĂ«l. » «Nous n’avons pas de vĂ©ritable conflit avec IsraĂ«l. Les frontières maritimes et terrestres sont des problèmes rĂ©solubles et elles ne constituent pas un vĂ©ritable obstacle Ă la paix », poursuit-il.
Après les tout premiers rapports sur la normalisation Ă venir avec les Emirats Arabes Unis, de nombreux Libanais ont Ă©crit sur les rĂ©seaux sociaux : « Nous devons ĂŞtre les prochains sur la liste ». Les travaux de prĂ©paration d’un traitĂ© de paix entre IsraĂ«l et le Liban devaient commencer après la deuxième guerre du Liban avec l’Ă©tablissement d’une frontière mutuellement reconnue entre les deux pays ; les nĂ©gociations sur la dĂ©marcation de la frontière ont commencĂ©, mais se sont rapidement embourbĂ©es et complètement arrĂŞtĂ©es.





