L’Arabie saoudite avait jouĂ© en coulisses un rĂ´le dĂ©terminant pour convaincre Washington de frapper fort. Elle paie dĂ©sormais le prix de ce pari.
Dans la nuit de mardi Ă mercredi, un drone iranien a touchĂ© l’ambassade amĂ©ricaine Ă Riyad. Ce n’est pas l’aspect diplomatique de l’incident qui a le plus retenu l’attention : c’est ce que contenait ce bâtiment. Selon le Washington Post, citant deux sources proches du dossier, une installation de la CIA opĂ©rant dans l’enceinte de l’ambassade a Ă©tĂ© directement atteinte. Une partie du toit s’est effondrĂ©e sous l’impact, et le bâtiment s’est rempli de fumĂ©e. Selon une communication interne du DĂ©partement d’État parvenue au journal, l’ambassade a subi « des dommages structurels » tandis que le personnel diplomatique « continuait Ă se mettre Ă l’abri sur place ». Ă€ ce stade, aucune information ne signale de blessĂ©s parmi les agents de renseignement.
Le cabinet saoudien a réagi dans les heures qui ont suivi avec un communiqué de ton inhabituellement ferme : « Le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger sa sécurité, défendre son territoire, ses citoyens et ses résidents. » Une formulation qui, dans le langage diplomatique de Riyad, constitue une menace à peine voilée.
Ce qui rend cet Ă©pisode particulièrement explosif, c’est le contexte rĂ©vĂ©lĂ© plus tĂ´t cette semaine par N12. Selon une source au sein de la famille royale saoudite, le prince hĂ©ritier Mohammed ben Salmane a activement poussĂ© la Maison-Blanche Ă adopter une ligne offensive, et non symbolique, contre l’Iran — et ce, environ 48 heures avant le dĂ©clenchement des hostilitĂ©s. « Il y a eu une coordination politique et sĂ©curitaire entre Riyad et Washington environ 48 heures avant la guerre », a confiĂ© cette source.
Trump, selon ce rĂ©cit, avait initialement envisagĂ© une frappe limitĂ©e sur une installation nuclĂ©aire ciblĂ©e par Netanyahu, laissant IsraĂ«l mener l’essentiel des opĂ©rations seul, avec les États-Unis en rĂ©serve Ă des fins de dissuasion et de pression diplomatique vers un nouvel accord nuclĂ©aire. Mais ben Salmane aurait convaincu le prĂ©sident amĂ©ricain qu’un « demi-coup » ne servirait Ă rien. « Ben Salmane a convaincu Trump que les solutions temporaires ne sont d’aucune utilité », prĂ©cise la source. Le prince aurait plaidĂ© pour la destruction des capacitĂ©s nuclĂ©aires iraniennes, de l’arsenal balistique et des structures de commandement — allant jusqu’Ă encourager des frappes sur la direction politique, y compris le Guide suprĂŞme et ses successeurs potentiels, « pour que des ruines Ă©merge un nouveau rĂ©gime ».
Le drone iranien qui a percutĂ© l’ambassade amĂ©ricaine Ă Riyad prend dès lors une signification particulière. L’Iran a clairement identifiĂ© le rĂ´le jouĂ© par l’Arabie saoudite dans le dĂ©clenchement de cette guerre, et adresse un message direct : la pĂ©ninsule ne sera pas Ă©pargnĂ©e. Cette frappe sur un bâtiment amĂ©ricain en sol saoudien reprĂ©sente une escalade majeure — non seulement parce qu’elle touche Ă la souverainetĂ© d’un alliĂ© des États-Unis, mais parce qu’elle vise directement une infrastructure amĂ©ricaine de renseignement.
Pour MBS, le calcul stratĂ©gique qui semblait rationnel avant la guerre — affaiblir durablement l’Iran, ouvrir la voie Ă une normalisation rĂ©gionale — se complique brutalement. L’Iran dispose encore d’une capacitĂ© de frappe significative, et il vient de prouver qu’il n’hĂ©sitera pas Ă en faire usage contre ceux qu’il tient pour co-responsables de l’offensive.
L’Arabie saoudite voulait changer le Moyen-Orient depuis les coulisses. Elle est dĂ©sormais en plein milieu de la scène.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢







