Au cours du mois dernier, il y a eu de plus en plus de preuves que le ministère de la SantĂ© de Gaza, contrĂ´lĂ© par le Hamas, fabrique des donnĂ©es sur les victimes palestiniennes de la guerre dans la bande de Gaza. Le nombre total rĂ©gulièrement publiĂ© par le ministère de la SantĂ© (situĂ© soit dans les tunnels de Sinwar, soit Ă l’Ă©tranger) dĂ©passe depuis longtemps les 30 000 – 32 623 au 29 mars, et le nombre de blessĂ©s approche les 80 000.
Gabriel Epstein, chercheur Ă l’Institut des relations israĂ©lo-arabes de Washington, a rĂ©cemment publiĂ© un article dans lequel il prouve le caractère infondĂ© des informations sur le bilan des morts que le ministère de la SantĂ© du Hamas lance au monde avec une sombre rĂ©gularitĂ©. Pendant ce temps, toutes les forces anti-israĂ©liennes qui accusent IsraĂ«l de gĂ©nocide s’appuient sur ces chiffres. MĂŞme les hauts responsables de l’administration Biden comptent sur eux, comme l’a fait le chef du Pentagone Lloyd Austin le mois dernier. Cependant, IsraĂ«l ne remet pas officiellement en question les donnĂ©es sur les victimes de l’opĂ©ration militaire publiĂ©es par le ministère de la SantĂ© du Hamas.
Epstein écrit que, alors que lors des guerres passées avec Israël et au début du conflit actuel, le ministère de la Santé s’appuyait sur les rapports sur les blessés et les morts des hôpitaux de Gaza, le ministère de la Santé du Hamas s’appuie désormais ouvertement sur les informations des médias palestiniens et arabes.
Début novembre, toutes les statistiques du ministère de la Santé étaient basées sur les données hospitalières. Depuis lors, il n’y a presque plus d’hôpitaux dans la bande de Gaza : seul un tiers de tous les hôpitaux du secteur dessert partiellement les patients, et les deux tiers ont tout simplement cessé de fonctionner. Au 18 mars, les hôpitaux ne représentaient que 37,39 % des informations sur les victimes des actions de Tsahal, et le ministère de la Santé en obtenait près des deux tiers auprès des médias.
La fiabilitĂ© de ces sources mĂ©diatiques est dĂ©montrĂ©e par la comparaison de la proportion d’hommes, de femmes et d’enfants dans les statistiques des hĂ´pitaux et du Croissant-Rouge, d’une part, et dans les mĂ©dias, d’autre part.Â
Dès le dĂ©but de la guerre, le Hamas a tentĂ© de minimiser la proportion d’hommes parmi les morts, pour la simple raison que bon nombre d’entre eux Ă©taient des militants d’organisations terroristes. Au contraire, il a exagĂ©rĂ© la proportion de femmes et d’enfants pour souligner l’ampleur des « atrocitĂ©s ».Â
Ainsi, dans les médias du début novembre à la mi-mars, seuls 8,4 % des décès étaient des hommes, et dans les statistiques hospitalières, 51,7 %. Mais pour les enfants, la proportion est inverse : 62,9 % dans les médias et 15 % dans les statistiques hospitalières.
Cela semble encore plus absurde si l’on considère les chiffres absolus : selon les médias, 1 192 hommes de Gaza ont été tués tout au long de la guerre jusqu’à la mi-mars. Israël, dans le même temps, a affirmé avoir tué 13 000 terroristes du Hamas au cours de cette période.
Il existe des incohĂ©rences dans les donnĂ©es sur les dĂ©cès selon les groupes de genre qui devraient alerter quiconque s’appuie sur les informations du ministère de la SantĂ©.Â
DĂ©but mars, la publication juive amĂ©ricaine Tabletmag a publiĂ© un article volumineux contenant une analyse statistique dĂ©taillĂ©e des donnĂ©es du ministère de la SantĂ© du Hamas sur les morts. L’auteur Abraham Weiner montre comment, pendant le premier mois de la guerre, le ministère de la SantĂ© a publiĂ© des donnĂ©es qui augmentaient chaque jour du mĂŞme nombre, soit 270 personnes de plus chaque jour, plus ou moins 15 %. Étant donnĂ© que l’intensitĂ© des bombardements Ă©tait complètement diffĂ©rente d’un jour Ă l’autre, une augmentation aussi mesurĂ©e du nombre de victimes est absolument irrĂ©aliste. Quelqu’un a simplement augmentĂ© le nombre automatiquement, quelle que soit la rĂ©alitĂ©.
Des questions similaires se posent concernant les statistiques de mortalitĂ© infantile. L’auteur a remarquĂ© un manque de corrĂ©lation entre le nombre de femmes et d’enfants tuĂ©s : il y a gĂ©nĂ©ralement beaucoup plus d’enfants, alors qu’il aurait dĂ» y en avoir Ă peu près le mĂŞme nombre.
Le ratio d’environ 70 % de femmes et d’enfants tuĂ©s et de 25 % d’hommes adultes suggère que soit IsraĂ«l ne tue pas dĂ©libĂ©rĂ©ment de terroristes, soit que les hommes sont sous-estimĂ©s pour plaire au Hamas.Â





