Un professeur norvégien a qualifié le 7 octobre de « la plus belle chose qui soit arrivée en ce siècle »

Il y a des déclarations qui, une fois prononcées, ne peuvent plus être reprises. Celle du professeur Bassem Hussein, enseignant en ingénierie à l’Université norvégienne des sciences et des technologies (NTNU) à Trondheim, appartient à cette catégorie. Filmé lors d’un événement tenu au sein même de cet établissement — le plus grand de Norvège — et diffusé sur YouTube, Hussein a qualifié le massacre du 7 octobre 2023 perpétré par le Hamas de « la chose la plus belle qui soit arrivée en ce siècle. »

La vidéo a circulé ces derniers jours sur X, relayée notamment par Eytan Halon, chargé d’affaires de l’ambassade d’Israël en Norvège — le poste d’ambassadeur titulaire étant vacant depuis mai 2024. Sa réaction ne s’est pas fait attendre : « Une glorification choquante du terrorisme de la part du professeur. Ce partisan du Hamas ne peut pas continuer à enseigner aux étudiants norvégiens. »

Un militant pro-Hamas installé dans l’institution

Bassem Hussein n’est pas un inconnu sur le campus de NTNU. D’origine palestinienne, sa famille réside à Gaza, et il a déclaré par le passé vivre dans une angoisse permanente pour leur sort. Ces éléments biographiques ont nourri un engagement militant intense au sein de l’université depuis le 7 octobre. Il avait notamment organisé et dirigé des manifestations pro-palestiniennes sur le campus, et avait installé un campement de tentes devant l’établissement pour réclamer la rupture des liens académiques et industriels de l’université avec Israël. « C’est une honte que la NTNU soit la seule université à ne pas avoir débattu de la situation à Gaza », avait-il déclaré à cette occasion.

Ce militantisme visible, toléré par l’institution, se double maintenant d’une déclaration de soutien explicite à un acte terroriste — le massacre de 1 200 civils, le viol de dizaines de femmes, l’enlèvement de 251 otages. Il ne s’agit pas d’une opinion politique sur le conflit israélo-palestinien. Il s’agit d’une célébration publique du terrorisme, prononcée par un employé d’une institution financée par l’État norvégien.

La Norvège, pays le plus hostile à Israël en Europe

L’affaire ne survient pas dans un vide. La Norvège occupe, avec l’Irlande et l’Espagne, le sommet peu enviable des pays européens les plus ouvertement hostiles à Israël depuis le 7 octobre. L’ambassade israélienne à Oslo fonctionne sans ambassadeur titulaire depuis mai 2024, lorsque le diplomate en poste a été rappelé « pour consultations » après que la Norvège a officiellement reconnu un État palestinien. Des sources au ministère des Affaires étrangères israélien avaient évoqué, il y a environ six mois, la possibilité de fermer purement et simplement l’ambassade — option suspendue mais pas abandonnée — après la victoire de la gauche aux élections norvégiennes.

Les épisodes illustrant cette posture hostile s’accumulent. La Norvège a porté plainte devant la Cour internationale de Justice au sujet de la décision israélienne de suspendre les activités de l’UNRWA sur son territoire. Le Fonds souverain norvégien — le plus grand du monde — a annoncé en août 2025 qu’il cesserait d’investir dans des banques israéliennes (Bank Hapoalim, Leumi, Mizrahi Tefahot, Bank International) ainsi que dans le groupe américain Caterpillar, fabricant des bulldozers D9 utilisés par le génie militaire israélien. « La Norvège a pris quelque chose qui aurait dû rester professionnel, économique et objectif, et l’a transformé en acte politique », avait alors commenté une source du ministère des Affaires étrangères israélien.

Une question posée à l’université

Dans ce contexte, la déclaration de Hussein pose une question qui n’admet pas de réponse dilatoire : une université publique peut-elle continuer à employer un enseignant qui célèbre publiquement un massacre terroriste lors d’un événement organisé dans ses murs ? La liberté académique et la liberté d’expression ont des limites que la plupart des démocraties reconnaissent, et la glorification d’actes terroristes en fait partie. La réaction officielle de la NTNU n’avait pas encore été communiquée au moment de la publication de cet article.

Ce qui est en revanche établi, c’est que la banalisation de telles déclarations dans l’espace académique européen n’est pas un accident isolé. Elle s’inscrit dans un environnement où le militantisme anti-israélien a progressivement franchi des lignes que la décence et la loi auraient dû maintenir fermement.


Sur le phénomène de l’antisémitisme et de l’hostilité envers Israël dans les universités européennes : Les étudiants juifs « vivent dans la peur » dans les universités britanniques. Et pour le contexte global des pays nordiques et de leur positionnement face à Israël : Le Parlement finlandais a rejeté une initiative de boycott sur le commerce d’armes avec Israël.

 


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