Une israélienne de 76 ans est portée disparue depuis le 7 octobre

Près de six mois se sont Ă©coulĂ©s depuis le Samedi noir, le 7 octobre 2023, mais l’une des femmes disparues ce jour-lĂ  est toujours portĂ©e disparue – elle ne figure pas sur les listes des personnes tuĂ©es ni sur les listes des personnes enlevĂ©es Ă  Gaza. 

Bilha Yinon, 76 ans, vivait avec son mari Yaakov dans le quartier frontalier de Netiv Hassara, situĂ© Ă  seulement 500 mètres de la frontière avec Gaza. Le 7 octobre, 15 habitants du moshav ont Ă©tĂ© tuĂ©s, dont Yaakov Inon – le lieu de sa mort a Ă©tĂ© Ă©tabli, les restes ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s et identifiĂ©s. Mais il ne restait aucune trace ADN de Bilha ni aucune preuve indiquant la possibilitĂ© de son enlèvement. La femme est toujours considĂ©rĂ©e comme disparue Ă  ce jour.

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Les anciens kibboutzniks Bilha et Yaakov ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s dans le petit moshav frontalier Nativ HaAsara peu après sa crĂ©ation. Le moshav a Ă©tĂ© fondĂ© en 1982 par d’anciens habitants du village de Yamit Ă©vacuĂ©s du SinaĂŻ. En mai dernier, cinq mois avant l’attaque du Hamas, Bilkha a racontĂ© Ă  TheMarker comment elle vivait Ă  500 mètres de Gaza, un endroit hostile :

« Quand nous sommes arrivĂ©s ici, nous savions que la frontière Ă©tait très proche, mais ensuite c’Ă©tait très calme, tout le monde voyageait librement (vers Gaza – ndlr), il y avait beaucoup de travailleurs de Gaza. Lorsque la situation devient bruyante et tendue, toutes les familles avec enfants quittent gĂ©nĂ©ralement immĂ©diatement le moshav. Nous restons souvent, selon l’intensitĂ© et la durĂ©e de l’escalade, au fil des annĂ©es oĂą l’on s’y habitue. Mais quand c’est calme, c’est le paradis, les gens ne partent presque jamais, il n’y a pas une seule maison ni un seul entrepĂ´t libre dans le moshav – mĂŞme les entrepĂ´ts sont transformĂ©s en maisons.

Le 7 octobre, Bilkha et Yaakov ont rĂ©ussi Ă  entrer dans le mamad et Ă  parler aux enfants au tĂ©lĂ©phone. Leur maison a ensuite Ă©tĂ© incendiĂ©e et les restes calcinĂ©s de Yaakov ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s sur le site – mais pas ceux de sa femme Bilkha. Tsahal a dĂ©clarĂ© aux enfants que, selon son enquĂŞte, leurs parents Ă©taient Ă  la maison et sont morts ensemble, mais l’Institut de mĂ©decine lĂ©gale a refusĂ© de reconnaĂ®tre la mort de Bilha : les experts ont conclu que si la femme avait brĂ»lĂ© dans la maison avec son mari, des traces de son ADN auraient dĂ» rester en place, il est impossible qu’ils disparaissent complètement.

Il y a un mois, une porte-parole de Tsahal a dĂ©clarĂ© à Hadashot le 12 que la possibilitĂ© qu’elle soit kidnappĂ©e Ă  Gaza «ne peut ĂŞtre complètement exclue». Les enfants ont cĂ©lĂ©brĂ© une veillĂ©e funĂ©raire pour leurs deux parents en octobre dernier, sans attendre la conclusion des enquĂŞtes et des examens. L’armĂ©e israĂ©lienne a ensuite affirmĂ© avec assurance qu’aucun des habitants de Nativ HaAsara n’avait Ă©tĂ© kidnappĂ© Ă  Gaza; les terroristes n’Ă©taient restĂ©s dans le village que peu de temps et ont fui vers Gaza, tuant 18 personnes.

Aujourd’hui, la fille du couple, Nour, a dĂ©clarĂ© à Kan Bet que personne ne sait encore comment leurs parents sont morts ni dans quelles circonstances leur maison a entièrement brĂ»lĂ©e. La mĂŞme maison en bois , entourĂ©e d’un verger, que l’artiste Bilkha a dĂ©corĂ© de ses Ĺ“uvres et appelĂ©e « paradis ». 

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