Une officière de police saisit la justice contre Ben Gvir : « Il bloque ma promotion depuis neuf mois »

L’inspectrice principale Reout Rozenberg, officière senior dans le service de conseil juridique de la police israĂ©lienne, a dĂ©posĂ© ce dimanche une requĂŞte administrative devant le tribunal de district de JĂ©rusalem contre le ministre de la SĂ©curitĂ© nationale Itamar Ben Gvir. Elle accuse le ministre de bloquer sa promotion depuis neuf mois, sans justification officielle.

Selon les Ă©lĂ©ments de la requĂŞte, c’est en aoĂ»t 2025 que le forum du commandement gĂ©nĂ©ral de la police, prĂ©sidĂ© par le commissaire, a dĂ©cidĂ© Ă  l’unanimitĂ© de nommer Rozenberg Ă  la tĂŞte de la section ResponsabilitĂ© civile au sein de la division de conseil juridique, et de lui attribuer en parallèle le grade de sous-commissaire. La dĂ©cision aurait Ă©tĂ© prise Ă  l’issue d’un processus professionnel rigoureux, au terme duquel elle avait satisfait Ă  toutes les conditions requises et recueilli les recommandations favorables de l’ensemble des instances compĂ©tentes.

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Or depuis cette date, le ministre n’a ni signĂ© la nomination ni officiellement rejetĂ© la demande — ni fourni le moindre motif. La requĂŞte souligne que Rozenberg est la seule officière parmi tous les candidats examinĂ©s lors de cette mĂŞme session dont la nomination n’a pas encore Ă©tĂ© entĂ©rinĂ©e.

Son avocat dĂ©nonce ce qu’il qualifie de « refus sans justification », soulignant que cette conduite va Ă  l’encontre du document de principes Ă©tabli avec la conseillère juridique du gouvernement et validĂ© par la Cour suprĂŞme, selon lequel toute dĂ©viation par rapport aux recommandations professionnelles en matière de nominations doit ĂŞtre motivĂ©e par Ă©crit. En l’absence de toute explication, la requĂŞte demande au tribunal soit d’ordonner au ministre de signer immĂ©diatement la nomination, soit de dĂ©crĂ©ter que la promotion entre en vigueur rĂ©troactivement Ă  partir de la fin du mois d’aoĂ»t 2025.

Du bureau du ministre de la SĂ©curitĂ© nationale, la rĂ©ponse est venue sèche : « Le ministre Ben Gvir n’est pas un tampon en caoutchouc, et il est temps que cela soit intĂ©grĂ©. Le dossier de Mme Rozenberg sera examinĂ© de manière professionnelle et ordonnĂ©e. La nomination d’officiers ne se fera que sur la base d’un travail prĂ©paratoire sĂ©rieux et de considĂ©rations professionnelles. »

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions rĂ©currentes entre Ben Gvir et la hiĂ©rarchie de la police israĂ©lienne depuis sa prise de fonctions au ministère de la SĂ©curitĂ© nationale. Le ministre a rĂ©gulièrement exercĂ© ses prĂ©rogatives de supervision des nominations policières d’une manière jugĂ©e par ses dĂ©tracteurs comme une instrumentalisation politique de l’appareil sĂ©curitaire. Le fait qu’une officière choisisse de porter l’affaire devant les tribunaux — plutĂ´t que d’attendre indĂ©finiment — marque une escalade dans ce rapport de force.

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