Zichron Yaakov | Tamara a été diagnostiquée avec « l’œil paresseux » mais la réalité était très différente

Tamara Lifshitz Assouline a vĂ©cu pendant des annĂ©es avec ce qui a Ă©tĂ© diagnostiquĂ© comme un Ĺ“il paresseux*. Ce n’est que lorsqu’elle a Ă©tudiĂ© l’optomĂ©trie qu’elle a dĂ©couvert qu’elle vivait effectivement depuis des annĂ©es avec un faux diagnostic. « J’ai connu des problèmes de vision qui ont Ă©tĂ© liĂ©s Ă  l’athĂ©rosclĂ©rose mais l’ophtalmologiste les a attribuĂ©s Ă  une amblyopie. Si j’avais fait d’abord l’IRM, ma condition physique aurait Ă©tait meilleure et j’aurais Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©e de souffrances inutiles. »

Tamara, professeur de biologie au lycĂ©e Netivot Dror Ă  Or Akiva, est mariĂ©e et mère de deux garçons Ă  Zichron Yaakov. Elle est parvenue Ă  maintenir une carrière et une vie de famille dans l’ombre de cette maladie. Entre-temps, elle a complĂ©tĂ© un baccalaurĂ©at en informatique et une maĂ®trise en biologie et en enseignement.

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Il y a quatorze ans, lors d’un voyage qu’elle a guidĂ© dans le cadre du Service national, elle a commencĂ© Ă  se sentir mal Ă  l’aise en marchant. Quelques mois plus tard, elle a ressenti une paralysie momentanĂ©e du cĂ´tĂ© gauche de son visage. Dans le mĂŞme temps, la vision de l’Ĺ“il gauche s’est dĂ©tĂ©riorĂ©e Ă  un rythme alarmant et, lorsqu’elle est allĂ©e chez l’optomĂ©triste, il a diagnostiquĂ© l’œil paresseux*

Ă€ la fin de son service national, Tamara a dĂ©cidĂ© d’étudier l’optomĂ©trie Ă  l’UniversitĂ© Bar-Ilan, quand elle a appris que le diagnostic Ă©tait erronĂ© et qu’il n’existait pas d’œil paresseux Ă  un âge plus avancĂ©, elle a effectuĂ© un IRM, au cerveau et une ponction de la moelle Ă©pinière afin de localiser les rĂ©gions du cerveau, et il s’est avĂ©rĂ© qu’elle avait la sclĂ©rose en plaques . « J’ai suivi des traitements intensifs », raconte Tamara après le diagnostic. « En mĂŞme temps, en raison de difficultĂ©s de marche intolĂ©rables, je devais avoir un fauteuil roulant. »

Il y a cinq ans, suite Ă  la recommandation du professeur Joab Chapman, Directeur du DĂ©partement de neurologie, au centre mĂ©dical Sheba, elle a reçu des mĂ©dicaments innovants pour le traitement de sclĂ©rose en plaques . « Depuis que j’ai commencĂ© Ă  utiliser le mĂ©dicament en question, la vie a changĂ© pour le mieux», dit Tamara Lifshitz Assouline.  « Aujourd’hui, Je n’ai plus besoin du fauteuil roulant et mon sentiment gĂ©nĂ©ral s’est amĂ©liorĂ©. »

MalgrĂ© l’amĂ©lioration spectaculaire, Tamara fait face Ă  des difficultĂ©s telles que la fatigue chronique et le manque de vision. « L’IRM est le meilleur moyen de diagnostiquer la sclĂ©rose en plaques et il est important de le faire dès que possible », explique-t-elle, « et si vous prĂ©sentez des symptĂ´mes tels qu’une paralysie faciale ou une instabilitĂ© de la marche, il faut rĂ©agir vite.

La sclĂ©rose en plaques est une maladie des « jeunes » et la plupart des personnes qui en sont atteintes prĂ©sentent le premier symptĂ´me entre 20 et 40 ans, faisant de la maladie la première cause d’invaliditĂ© non due Ă  un traumatisme chez les jeunes adultes.

La fatigue ou l’engourdissement de la peau sont des symptĂ´mes communs pouvant indiquer l’existence de la maladie. Comme il s’agit d’une maladie rĂ©sultant d’une perturbation de la transmission des messages nerveux, cĂ©rĂ©braux et rachidiens, les premiers symptĂ´mes peuvent ĂŞtre «transparents» et entraĂ®ner une perte de temps critique pour le diagnostic. En outre, l’incidence de la maladie est 2 Ă  3 fois plus Ă©levĂ©e chez les femmes.

Comme Tamara, Lior Part (29 ans), mariĂ© et père de 2 enfants (RaphaĂ«l Ben Chelouche et Adel 4 mois) de JĂ©rusalem, chez qui on a diagnostiquĂ© une SEP progressive, a mis longtemps Ă  dĂ©couvrir la maladie. « Les premiers signes ont commencĂ© Ă  apparaĂ®tre dans l’armĂ©e », se souvient-il des moments oĂą il a rĂ©alisĂ© que quelque chose n’allait pas. « J’ai perdu la vue de mon oeil droit pendant environ deux minutes, je suis allĂ© chez le mĂ©decin de l’armĂ©e, qui a recommandĂ© de porter des lunettes, et c’est ce que j’ai fait. Quand j’ai quittĂ© mon domicile universitaire, j’ai commencĂ© Ă  sentir que je zigzaguais. L’IRM a montrĂ© que j’avais la sclĂ©rose en plaques. J’Ă©tais sous le choc. Je ne savais pas ce que c’Ă©tait et lentement j’ai commencĂ© Ă  apprendre la maladie.

« Si on m’avait rĂ©fĂ©rĂ© Ă  l’IRM cĂ©rĂ©brale, la maladie aurait Ă©tĂ© diagnostiquĂ©e Ă  un stade prĂ©coce, et ma condition physique aurait peut-ĂŞtre Ă©tĂ© meilleure », a-t-il dĂ©clarĂ©,  » « Vous devez comprendre que ce sont des signes avant-coureurs et aller Ă  l’IRM le plus rapidement possible est salvateur ».

*Oeil paresseux (Amblyopie) … L’une des causes les plus courantes d’un mauvais dĂ©veloppement de l’Ĺ“il est le *strabisme*, c’est-Ă -dire la dĂ©viation des axes visuels. Ce peut aussi ĂŞtre le fait qu’un Ĺ“il n’arrive pas Ă  focaliser avec l’autre Ă  cause d’une myopie ou d’une hypermĂ©tropie plus forte.