Alors que les manifestations iraniennes se poursuivent, l’un des signes de la gravitĂ© des manifestants est ce qu’ils scandent en public au sujet de leur gouvernement : « Mort au dictateur » « Mort Ă Rouhani » « Mort Ă Khamenei » et « Reza Shah, bĂ©nissez votre Ă‚me ».
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Dec 30 – #Kermanshah, #Iran
People chanting « Not Gaza, Not Lebanon, My life for Iran »#IranProtests #تظاهرات_سراسرى pic.twitter.com/UBRKWnt0Ds![]()
— Heshmat Alavi (@HeshmatAlavi) 30 décembre 2017
De toute Ă©vidence, l’ampleur de la colère des manifestants va au-delĂ de la suppression d’un dirigeant individuel – certains veulent un changement complet de gouvernement qui rendrait l’Iran Ă la façon dont les choses Ă©taient avant Khomeiny et la rĂ©volution islamique.
Voici un autre chant anti-gouvernement qui s’oppose aux machinations iraniennes Ă l’extĂ©rieur du pays:
Alors que « Pas Gaza, pas le Liban, Ma vie pour l’Iran » n’est pas exactement une approbation retentissante d’IsraĂ«l, cela illustre moins de soutien enthousiaste de la part des Arabes palestiniens en gĂ©nĂ©ral, et les attaques terroristes du Hamas en particulier.
Mais cela en soi n’est pas vraiment nouveau.
En 2009, l’auteur conservateur d’origine iranienne Amir Taheri a Ă©crit dans son livre La nuit perse: l’Iran sous la rĂ©volution khomeyniste :
Depuis [l’Ă©crasement de la manifestation en 1999], l’Iran a Ă©tĂ© tĂ©moin d’innombrables manifestations d’Ă©tudiants. Dans des centaines de rĂ©solutions adoptĂ©es lors de rassemblements de masse, les Ă©tudiants ont contestĂ© pratiquement tous les aspects de l’idĂ©ologie khomeyniste et de la politique intĂ©rieure et Ă©trangère du rĂ©gime. Une rĂ©solution typique adoptĂ©e Ă plusieurs reprises stipule que le peuple iranien ne souhaite pas la destruction d’IsraĂ«l et cherche des relations Ă©troites et amicales avec les États-Unis. Chaque annĂ©e, en juillet, les Ă©tudiants soulignent l’anniversaire des Ă©vĂ©nements de 1999. Le 8 octobre 2007, des Ă©tudiants de TĂ©hĂ©ran ont saluĂ© Ahmadinejad avec des cris de «A bas le dictateur» et «Oublie la Palestine ! Pense Ă nous», le forçant Ă s’enfuir brièvement avec l’aide de ses gardes du corps. [Nous soulignons]
Quatre ans plus tĂ´t, en 2005, le New York Times a rapportĂ© que la ligne dure de l’Iran sur IsraĂ«l n’Ă©tait pas unanime :
En proie Ă des prĂ©occupations pratiques telles que l’inflation Ă deux chiffres et le chĂ´mage, la population jeune de l’Iran est bien consciente du fait que l’orgueil idĂ©ologique de la gĂ©nĂ©ration de ses parents – souvent un demi-fourrĂ© d’anti-impĂ©rialisme, d’antisionisme, d’islamisme et Marxisme – a portĂ© le pays peu de fruits Ă part une rĂ©putation internationale souillĂ©e et l’isolement politique et Ă©conomique. Pendant les protestations d’Ă©tudiants de l’Ă©tĂ© 2003, un slogan populaire, livrĂ© en persan mĂ©lodieux, Ă©tait « oubliez la Palestine, pensez Ă nous! » [Nous soulignons]
L’article a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© par Karim Sadjadpour, actuellement analyste politique irano-amĂ©ricain Ă la Carnegie Endowment, et Ray Takeyh, Senior Fellow au Council on Foreign Relations.
Sadjadpour et Takeyh qui continuent à écrire :
Il n’y a pas de raison intrinsèque pour laquelle la lutte israĂ©lo-palestinienne devrait ĂŞtre une prĂ©occupation majeure pour l’Iranien moyen. L’Iran n’a pas de diffĂ©rend territorial avec IsraĂ«l, pas de problème de rĂ©fugiĂ©s palestiniens, une longue histoire de relations conflictuelles avec le monde arabe et une histoire de tolĂ©rance encore plus longue vis-Ă -vis du peuple juif. À ce jour, la communautĂ© juive en Iran est la plus grande au Moyen-Orient en dehors d’IsraĂ«l.
Ironiquement, en 2005, cet article affirmait que, sur la base de la relation troublĂ©e entre l’Iran et le monde arabe, c’Ă©tait l’Iran – et non les Saoudiens – qui aurait dĂ» ĂŞtre alliĂ© Ă une alliance avec IsraĂ«l.
Ils ont rĂ©sumĂ© la position selon laquelle l’Iran n’a pas besoin d’ĂŞtre aussi favorable aux Arabes palestiniens, selon les termes d’un dirigeant rĂ©formiste:
« Nous ne devrions pas chanter » la mort Ă IsraĂ«l « , nous devrions dire » vive la Palestine « . Nous n’avons pas besoin d’ĂŞtre plus palestiniens que les Palestiniens eux-mĂŞmes. «Â
Clairement, les choses n’ont pas fonctionnĂ© de cette façon – mĂŞme si 2 ans plus tĂ´t, en 2003, un article de The New Republic et republiĂ© dans The Jewish World Review disait la mĂŞme chose et demandait Ă l’Iran de repenser sa position sur IsraĂ«l ? Il a suggĂ©rĂ© que bien que l’Occident considère toujours l’Iran comme un chaudron de la passion anti-israĂ©lienne, une nouvelle gĂ©nĂ©ration d’Iraniens pro-dĂ©mocratie se prononce de plus en plus contre l’obsession apparente du gouvernement pour les Palestiniens. De la façon dont l’article le dĂ©crit, mĂŞme les «conservateurs» du gouvernement iranien ont apparemment vu la lumière. Vous vous attendez Ă une situation très diffĂ©rente de celle qui se dĂ©roule actuellement au cours des derniers jours.
L’article examine pourquoi les choses Ă©taient potentiellement si prometteuses:
Plusieurs hauts conservateurs ont discrètement rejoint le chĹ“ur, laissant entendre que le soutien de l’Iran aux groupes terroristes opposĂ©s Ă IsraĂ«l est nĂ©gociable. Selon un haut responsable conservateur, « la politique de l’Iran au Moyen-Orient et le processus de paix ne sont pas au-delĂ des possibilitĂ©s qui peuvent ĂŞtre discutĂ©es, dans le cadre d’un dialogue avec les Etats-Unis ».
Sadeq Zibakalam, professeur Ă l’universitĂ© de TĂ©hĂ©ran et proche des responsables conservateurs, a soulignĂ© cette idĂ©e en dĂ©but d’annĂ©e, lorsqu’il a dĂ©clarĂ© sur la Radio Farda Persian que l’Iran comprend les inquiĂ©tudes sur Washington concernant le soutien de TĂ©hĂ©ran au Hezbollah, au Hamas et au Jihad islamique.
Alors, qu’est-ce-qu’il s’est passĂ©?
Alors que Mohammed Khatami, le rĂ©formateur, Ă©tait prĂ©sident en 2003, en 2005, un nouveau prĂ©sident a Ă©tĂ© Ă©lu: Mahmoud Ahmadinejad – et le reste appartient Ă l’histoire.
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| Mahmoud Ahmadinejad. Crédit: Farzad Khorasani Source: Wikimedia Commons |
Bien qu’il n’ait pas Ă lui seul endiguĂ© la vague supposĂ©e de rĂ©formes, Ahmadinejad a reprĂ©sentĂ© les intĂ©rĂŞts des hard-liners.
Pour l’instant, il est impossible de dire si les protestations actuelles seront rĂ©primĂ©es et Ă©crasĂ©es comme l’ont Ă©tĂ© les protestations des Ă©tudiants en 1999 et les manifestations Ă©lectorales en 2009. MĂŞme s’ils rĂ©ussissent, ils ne sont pas sur le point de transformer l’Iran en un ami d’IsraĂ«l comme du règne du Shah d’Iran. Au lieu de cela, il a Ă©tĂ© suggĂ©ré que les troubles actuels maintiendraient l’occupation du gouvernement et rĂ©duiraient la possibilitĂ© d’un conflit entre les deux pays, en particulier le long de la frontière syrienne, au moins pendant un certain temps.







