Les EAU, BahreĂŻn et le Soudan votent contre IsraĂ«l Ă  l’ONU, malgrĂ© les accords de normalisation

Les relations diplomatiques d’IsraĂ«l avec ces nations sont souvent sĂ©parĂ©es de ce processus, de sorte que les pays considĂ©rĂ©s comme des alliĂ©s de l’État juif votent toujours contre l’ONU.

Les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan ont voté contre Israël aux Nations Unies cette semaine, malgré leurs accords croissants pour normaliser les relations diplomatiques.

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Ces nations faisaient partie du groupe de pays qui ont signĂ© sept projets de rĂ©solution anti-israĂ©liens et pro-palestiniens que la quatrième commission de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies a approuvĂ© cette semaine. Aucun autre pays n’a autant de rĂ©solutions contre lui chaque annĂ©e.

Les textes font partie de ce qui a Ă©tĂ© une sĂ©rie annuelle de près de 20 initiatives anti-israĂ©liennes et pro-palestiniennes approuvĂ©es par l’AGNU Ă  la fin de chaque annĂ©e.

Les relations diplomatiques d’IsraĂ«l avec les nations sont souvent sĂ©parĂ©es de ce processus, de sorte que les pays considĂ©rĂ©s comme des alliĂ©s d’IsraĂ«l votent toujours contre l’ONU. Cela inclut l’Égypte et la Jordanie, qui ont des accords de paix avec IsraĂ«l, mais qui sont toujours opposĂ©s Ă  l’État juif Ă  l’ONU, y compris la rĂ©daction et la soumission de textes contraires.

L’ambassadeur d’IsraĂ«l auprès de l’ONU, Gilad Erdan, a averti l’ONU que ces rĂ©solutions cycliques portaient atteinte Ă  la cause de la paix et a citĂ© les accords de normalisation comme un exemple de ce qui est possible en dehors de la compĂ©tence de l’ONU.

«Ces derniers mois, IsraĂ«l a fait la paix avec trois pays musulmans. L’une des raisons pour lesquelles nous avons pu parvenir Ă  cette paix Ă©tait que l’ONU, avec sa vision dĂ©formĂ©e de la rĂ©alitĂ©, n’a pas participĂ© », a dĂ©clarĂ© Erdan.

« PlutĂ´t que de jouer un rĂ´le constructif en conduisant les Palestiniens sur la voie des nĂ©gociations et de la paix, ces rĂ©solutions favorisent davantage l’intransigeance palestinienne », a-t-il ajoutĂ©.

Erdan n’a pas mentionnĂ© que les Émirats arabes unis, BahreĂŻn et le Soudan avaient continuĂ© de persĂ©cuter IsraĂ«l Ă  l’ONU.

Une source diplomatique citĂ©e par le Jerusalem Post a exprimĂ© sa dĂ©ception que les pays avec lesquels IsraĂ«l a rĂ©cemment Ă©tabli des relations n’aient pas changĂ© leur vote sur la scène de l’ONU. Cependant, il a prĂ©cisĂ© qu’il Ă©tait peu probable que les pays arabes votent avec IsraĂ«l alors que les pays europĂ©ens amis ne le feront pas.

Un reprĂ©sentant des États-Unis a dĂ©noncĂ© que les rĂ©solutions faisaient partie d’un parti pris institutionnel contre IsraĂ«l et a demandĂ© aux États membres de l’ONU de les rejeter. L’ONU assume une fois de plus «un nombre disproportionnĂ© de rĂ©solutions qui critiquent injustement IsraĂ«l, dĂ©montrant un biais institutionnel clair et persistant dirigĂ© vers un État membre. Ces rĂ©solutions anti-israĂ©liennes recyclent la rhĂ©torique habituelle et fatiguĂ©e qui ne fait que verrouiller les deux parties dans le mĂŞme conflit insoluble », a-t-il transmis lors du vote en commission mercredi.

«Ils prĂ©supposent l’issue de la question du statut final qui ne peut ĂŞtre rĂ©solue que par des nĂ©gociations exhaustives entre les parties. Ils portent Ă©galement atteinte Ă  la crĂ©dibilitĂ© de l’ONU en remettant en question l’impartialitĂ© de l’ONU », a-t-il dĂ©clarĂ©.

Les États-Unis «voteront Ă  nouveau contre ces rĂ©solutions unilatĂ©rales et en encouragent d’autres Ă  le faire. La cause de la paix sera servie lorsque le parti pris de l’ONU contre IsraĂ«l prendra fin », a-t-il dit. Les États-Unis sont le seul pays qui a toujours soutenu IsraĂ«l, votant contre les sept rĂ©solutions.

Un cercle lĂ©gèrement plus large de pays s’est abstenu ou s’est opposĂ© aux sept rĂ©solutions. Cela comprenait : le Cameroun, le Canada, Kiribati, le Malawi, les ĂŽles Marshall, la MicronĂ©sie, Nauru et la Serbie qui ont votĂ© contre ou se sont abstenus.
C’est la première fois que le Malawi et la Serbie sont inclus dans ce cercle restreint. Le Malawi était souvent absent l’année dernière et la Serbie a soutenu les résolutions.

Mais les deux pays ont pris des mesures l’annĂ©e dernière pour se rapprocher d’IsraĂ«l, notamment en envisageant de dĂ©placer leurs ambassades Ă  JĂ©rusalem.

L’Australie s’est abstenue sur cinq des rĂ©solutions, a votĂ© contre l’un des textes et en a soutenu une. L’Union europĂ©enne a rarement Ă©tĂ© en mesure de maintenir un bilan de vote unifiĂ© sur IsraĂ«l Ă  l’ONU, et certains de ses pays soutiennent IsraĂ«l soit en s’opposant Ă  certaines des rĂ©solutions, soit en s’abstenant.

La Hongrie a changĂ© cette annĂ©e sa position et a rejetĂ© trois rĂ©solutions, dont une appelant au boycott des produits des colonies. La RĂ©publique tchèque s’est Ă©galement opposĂ©e Ă  l’une des rĂ©solutions et s’est abstenue sur une autre.

Ă€ l’exception d’une rĂ©solution dans laquelle l’ensemble des 27 pays de l’UE s’est abstenu, la plupart d’entre eux ont soutenu les textes, y compris une rĂ©solution condamnant la prĂ©sence continue d’IsraĂ«l sur le plateau du Golan malgrĂ© la guerre en cours civil en Syrie.

Les Palestiniens ont une majoritĂ© automatique de soutien Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies, et IsraĂ«l y mesure le succès par petits incrĂ©ments. MĂŞme les alliĂ©s d’IsraĂ«l prĂ©fèrent s’abstenir.

Une telle abstention, contrairement à être absent tous ensemble, tente de faire preuve de solidarité sans consensus, mais elle est parfois contre-productive car elle permet le passage de textes qui manquent de majorité.

L’une des rĂ©solutions adoptĂ©es cette semaine l’a fait avec seulement 72 des 193 votes possibles, contre 81 l’annĂ©e dernière. Le nombre d’abstentions, 76, Ă©tait supĂ©rieur au nombre d’approbations.

La rĂ©solution, surnommĂ©e « le travail du comitĂ© spĂ©cial chargĂ© d’enquĂŞter sur les pratiques israĂ©liennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien et des autres Arabes dans les territoires occupĂ©s », a rarement reçu un soutien aussi faible.

La mĂŞme chose s’est produite avec la rĂ©solution sur les « colonies israĂ©liennes dans les territoires palestiniens occupĂ©s », qui a Ă©tĂ© approuvĂ©e par 142 voix, contre 157 l’annĂ©e dernière.

La rĂ©solution sur les « Pratiques d’IsraĂ«l affectant les droits de l’homme du peuple palestinien » est passĂ©e de 157 voix l’annĂ©e dernière Ă  138 cette annĂ©e. Beaucoup de rĂ©solutions sont rĂ©pĂ©titives, condamnant souvent la mĂŞme action israĂ©lienne Ă  plusieurs reprises.

Deux des rĂ©solutions confirmaient le travail de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les rĂ©fugiĂ©s palestiniens, une organisation qui fournit des services humanitaires vitaux Ă  5,6 millions de rĂ©fugiĂ©s en Cisjordanie, Ă  JĂ©rusalem-Est, Ă  Gaza, au Liban, en Jordanie et en Syrie. Tout en parlant de la nĂ©cessitĂ© pour les Palestiniens dans tous ces pays, cette rĂ©solution n’exprime de graves prĂ©occupations qu’en ce qui concerne leur situation sous «occupation» israĂ©lienne.

Les États-Unis et IsraĂ«l, qui se sont opposĂ©s aux deux rĂ©solutions, soutiennent que l’UNRWA contribue Ă  perpĂ©tuer le conflit en accordant le statut de rĂ©fugiĂ© aux descendants de ceux qui ont fui leurs foyers Ă  la suite des guerres de 1948 et 1967 et en acceptant le droit des Palestiniens de retourner en IsraĂ«l souverain.

«L’une des principales raisons de l’Ă©chec de l’ONU Ă  mettre fin au conflit est son soutien continu Ă  l’UNRWA. L’UNRWA est une organisation inefficace qui opère en contraste frappant avec les principes supposĂ©s de l’ONU et perpĂ©tue le conflit. En termes simples, la simple existence de l’UNRWA rend le conflit israĂ©lo-palestinien insoluble, et je n’ai pas l’intention de permettre aux choses de continuer comme d’habitude », a dĂ©clarĂ© Erdan.

Le reprĂ©sentant palestinien a remerciĂ© les pays qui appuyaient les rĂ©solutions, y compris celles de l’UNRWA, en particulier Cuba, l’IndonĂ©sie et l’Afrique du Sud.

« Ces rĂ©solutions sont des contributions importantes de l’AGNU Ă  la rĂ©solution des problèmes et des dĂ©fis auxquels sont confrontĂ©s les Palestiniens, plus de 72 ans «depuis la Nakba de 1948 et Ă  la suite de plus de 53 ans d’occupation israĂ©lienne de la terre palestinienne et de l’oppression du peuple palestinien. « 

Il a rejetĂ© toutes les accusations de partialitĂ© et a appelĂ© Ă  la mise en Ĺ“uvre des rĂ©solutions afin qu’IsraĂ«l puisse ĂŞtre tenu responsable de ses actions, notant que ne pas le faire remet en question la viabilitĂ© de l’ONU.