Les agriculteurs israĂ©liens dĂ©truisent des milliers de tonnes de lĂ©gumes frais alors que les exportations de produits vers la Russie et l’Ukraine se sont arrĂŞtĂ©es en raison de la guerre en cours.
Carottes, cĂ©leri, pommes de terre, radis… Jusqu’Ă 50 000 tonnes de produits agricoles pourrissent dans les entrepĂ´ts ou risquent d’ĂŞtre dĂ©truits. Les paiements de marchandises ont Ă©galement cessĂ© en raison de la chute du rouble et des sanctions en rĂ©ponse Ă la brutale invasion russe de l’Ukraine.
La situation a entraĂ®nĂ© une crise pour des centaines d’agriculteurs israĂ©liens, certains ayant Ă©tĂ© contraints de dĂ©truire des rĂ©coltes entières après avoir trouvĂ© aucun autre endroit pour vendre leurs produits.
Ofir Trabelsi dirige Yeron Agricultural Works, un grossiste en lĂ©gumes situĂ© dans la ville mĂ©ridionale de Sharsheret. Trabelsi, qui vend 95 % de ses rĂ©coltes Ă la Russie, a dĂ©clarĂ© Ă The Media Line que jusqu’Ă prĂ©sent, ils avaient dĂ» dĂ©truire 60 dunams (15 acres) de radis et 50 dunams (12 acres) de cĂ©leri.
« Nous avons dĂ©truit des champs et ce que j’ai ici dans un entrepĂ´t frigorifique sera Ă©galement probablement dĂ©truit », a dĂ©clarĂ© Trabelsi.  » Nous ne savons pas ce qui va se passer et nous n’avons reçu aucune rĂ©ponse d’aucun organisme gouvernemental. Nous recherchons d’autres marchĂ©s, ce qui n’est pas si simple car tout se fait Ă la dernière minute. «Â
Trabelsi a ajoutĂ© qu’il avait essayĂ© de trouver des alternatives Ă la Russie pendant des annĂ©es, mĂŞme avant le dĂ©but de la guerre, mais qu’il n’avait pas rĂ©ussi Ă cause du shekel fort. De nombreux marchĂ©s europĂ©ens ont dĂ©jĂ leurs propres fournisseurs de produits.
« Nous n’avons pas encore trouvĂ© de solution », a dĂ©clarĂ© Trabelsi. « J’ai une Ă©norme quantitĂ© de produits en entrepĂ´t frigorifique et aussi en Russie pour lesquels je ne peux pas recevoir de paiement. L’argent avec lequel ils paient a Ă©tĂ© gelĂ© par les banques parce qu’ils pensent qu’il est utilisĂ© pour le blanchiment d’argent. Les compagnies maritimes veulent ĂŞtre payĂ©es Ă l’avance et les prix ont augmentĂ© de 400 % par rapport Ă l’annĂ©e dernière.
D’autres agriculteurs sont Ă©galement confrontĂ©s Ă un avenir incertain.
Reuven Nir est PDG de la coopĂ©rative agricole Mefalsim-Kfar Aza, qui cultive des lĂ©gumes-racines tels que des pommes de terre et des carottes sur une superficie de 14 000 dunams (environ 3 500 acres) dans l’enveloppe de Gaza.
« Pour le moment, nous avons 3 000 tonnes de carottes dans le sol destinĂ©es Ă la Russie », a dĂ©clarĂ© Nir Ă The Media Line, ajoutant qu’ils commenceront Ă rĂ©colter les lĂ©gumes la semaine prochaine et espèrent trouver un nouvel acheteur d’ici lĂ .
Malgré les difficultés, Nir espère que les exportations vers la Russie se dérouleront comme prévu initialement.
« J’espère que nous ne nous brĂ»lerons pas », a-t-il dĂ©plorĂ©. « Nous mettons les choses en chambre froide et attendons que la situation s’Ă©claircisse pour savoir quoi faire. »
Leket lance un appel urgent
Dans le but d’Ă©viter la destruction Ă grande Ă©chelle de produits frais, l’organisation de sauvetage alimentaire Leket, la banque alimentaire nationale d’IsraĂ«l, a lancĂ© un appel urgent pour distribuer les surplus de rĂ©coltes aux IsraĂ©liens dans le besoin.
Pour chaque don de 180 dollars, Leket procurera 680 livres de produits aux nécessiteux, selon le site Web de Leket.
Joseph Gitler, fondateur et prĂ©sident de Leket, la banque alimentaire nationale d’IsraĂ«l, a dĂ©clarĂ© Ă The Media Line que jusqu’Ă prĂ©sent, l’organisation avait rĂ©ussi Ă lever 1,5 million de dollars sur son objectif de 3 millions de dollars. Une partie des recettes ira Ă la rĂ©munĂ©ration des agriculteurs pour les produits, tandis que la plus grande partie ira aux efforts logistiques de rĂ©colte, d’emballage et de distribution.
Selon Gitler, des centaines d’agriculteurs israĂ©liens ont Ă©tĂ© touchĂ©s par la guerre russo-ukrainienne puisque les deux pays reprĂ©sentent d’importantes destinations d’exportation.
« Ce que nous avons entendu jusqu’Ă prĂ©sent, c’est que 50 000 tonnes [de produits] sont Ă risque », a dĂ©clarĂ© Gitler. « Cela ne signifie pas que les gens le dĂ©truisent activement pour le moment. Tout le monde essaie de trouver des sources alternatives. »
Leket espère pouvoir sauver 5 000 à 10 000 tonnes de légumes avec les bénéfices récoltés.
« Parce que les chiffres sont si importants, nous allons en fait prendre une partie de ces lĂ©gumes et les transformer en soupes pour nous donner plus de temps pour les distribuer », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Ces soupes sont de haute qualitĂ© et sont principalement destinĂ©es aux personnes âgĂ©es confinĂ©es Ă la maison, c’est donc vraiment un moyen exceptionnel de prolonger la durĂ©e de conservation de ces cultures, qui sont de meilleure qualitĂ© que ce que Leket a normalement. »





