Le chef de l’opposition et ancien Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirme dans son nouveau livre autobiographique que lors de l’opĂ©ration Savannah en 1972, Ehud Barak, ancien Premier ministre et ancien commandant d’une patrouille d’Ă©tat-major gĂ©nĂ©ral Ă l’Ă©poque :
« Au fil des ans, Barak a fait du capital politique de l’opĂ©ration de sauvetage de Savannah, et s’est assurĂ© que sa photo en salopette blanche sur l’aile de l’avion a Ă©tĂ© publiĂ© encore et encore. Il n’a jamais pris la peine d’informer le public ou la presse qu’il n’avait personnellement pas pĂ©nĂ©trĂ© dans l’avion. Barak regardait depuis la ligne de touche. Son seul rĂ´le dans l’attaque de l’avion Savannah Ă©tait de se tenir debout sur le tarmac et de siffler. »
Ajoutant : « Après avoir Ă©tĂ© cĂ©lèbre pendant des annĂ©es comme le soldat le plus dĂ©corĂ© de Tsahal, il n’a pas non plus pris la peine de souligner que sur les cinq mĂ©dailles qu’il a remportĂ©es, quatre lui ont Ă©tĂ© dĂ©cernĂ©es pour des opĂ©rations de collecte de renseignements. Ces opĂ©rations Ă©taient rares Ă l’Ă©poque dans l’unitĂ©, mais au fil du temps, ils sont devenus routiniers, y compris pendant mon service en tant qu’Ă©quipe de commandant. Le cinquième peloton ne lui a pas non plus Ă©tĂ© donnĂ© pour son courage sous le feu, mais pour son commandement de la patrouille. »
L’entourage d’Ehud Barak s’en est pris Ă l’ancien Premier ministre Netanyahu et a qualifiĂ© d' »aigres » les propos qu’il a Ă©crits dans son livre. « Barak a planifiĂ© l’opĂ©ration, l’a prĂ©parĂ©e et l’a commandĂ©e », ont-ils dĂ©clarĂ© dans l’entourage de Barak et si l’opĂ©ration a Ă©chouĂ©, ce fut Ă cause de Netanyahu. »
Dans la vidĂ©o : le largage d’un avion Savannah en action par une patrouille de l’Ă©tat-major gĂ©nĂ©ral, mai 1972 (photo : Archives de l’IDF et du système de dĂ©fense)
L’entourage de Barak a rĂ©pondu aux affirmations de Netanyahu sur les activitĂ©s de Barak lors de l’opĂ©ration Sabana en 1972, et a affirmĂ© qu’il avait lui-mĂŞme commis de « graves erreurs ». « Pendant ‘l’opĂ©ration’, Netanyahu Ă©tait un commandant subalterne de l’unitĂ©, qui a commis de graves erreurs lors de l’exĂ©cution qui ont compromis l’exĂ©cution », ont-ils dĂ©clarĂ©.
Autour d’Ehud Barak, ils ont citĂ© les « lettres de Yoni  » de l’Ă©tĂ© 1973, oĂą le frère de Netanyahu a Ă©crit Ă propos de Barak qu’il le considĂ©rait comme un « commandant exemplaire ». « Tant de bonnes choses ont Ă©tĂ© dites Ă votre sujet dans les remarques finales, qu’il serait presque inutile pour moi de commencer Ă vous fĂ©liciter », a Ă©crit Yoni Netanyahu. « En fait, vous avez donnĂ© le meilleur rĂ©sumĂ© de tout ce que vous avez donnĂ© Ă l’unitĂ© ces dernières annĂ©es, comme d’habitude, dans votre « je crois » lors de la cĂ©rĂ©monie d’Ă©change.
« Il est difficile pour vous de dĂ©crire Ă quel point j’ai apprĂ©ciĂ© travailler avec vous. Je vois ces dernières annĂ©es comme un grand privilège et un rĂ©el gain personnel. Sans aucun doute, j’ai beaucoup appris. Plus d’une fois , alors que je pensais dĂ©jĂ vous connaĂ®tre, vous m’avez surpris avec autre chose et ouvert une autre fenĂŞtre pour examiner les choses d’une nouvelle manière. Lorsque vous avez commandĂ© l’unitĂ©, vous Ă©tiez non seulement un commandant exemplaire, mais vous nous avez Ă©galement appris les manières de travailler efficacement et d’accepter des responsabilitĂ©s. Vous nous avez appris Ă distinguer entre l’essentiel Ă prendre en charge et Ă nous concentrer principalement. Vous avez fait preuve d’une grande flexibilitĂ© et d’une ouverture d’esprit suffisante pour vous retirer d’une position que vous avez prise (comme dans les cas oĂą vous vous ĂŞtes rendu compte que vous aviez tort, voire que vous auriez pu vous tromper), ainsi que de la duretĂ© et de l’obstination sans concession quand il le fallait. »
« Vous avez donnĂ© Ă l’unitĂ© non seulement des habitudes de travail et de rĂ©flexion Ă une nouvelle Ă©chelle, vous avez aussi rĂ©ussi Ă insuffler dans l’armĂ©e la reconnaissance de cette capacitĂ© (et des nombreux encadrants c’est peut-ĂŞtre la plus sĂ©rieuse). Pas pour rien, dit Digli (Menachem Digli, commandant de la patrouille de l’Ă©tat-major gĂ©nĂ©ral en 1969-1971) qu’Ă son avis, vous Ă©tiez le meilleur commandant de l’unitĂ©. Il avait bien sĂ»r raison. Je ne l’ai su que presque deux ans avant lui. Au-delĂ de toutes ces choses, vous m’avez surpris par le grand tact dont vous avez fait preuve auprès des officiers et des soldats de l’unitĂ©, ainsi que par votre comprĂ©hension et votre souci sincère des membres de l’unitĂ©. Comprendre non seulement qu’il est souhaitable de se comporter ainsi pour des raisons tactiques (c’est Ă©vident), mais que c’est vraiment la manière de se comporter, car c’est plus humain, plus moral. »
« Je ne veux pas rentrer dans tout l’Ă©ventail des choses qui vous ont Ă©tĂ© dites (comprĂ©hension tactique, clartĂ© de pensĂ©e, etc. – rougissez !) Il suffit que je termine par une dernière chose : j’ai toujours aimĂ© commander et travailler de manière indĂ©pendante et j’ai toujours dĂ©testĂ© l’idĂ©e d’ĂŞtre limitĂ© et subordonnĂ© directement Ă quelqu’un. Je dois dire que vous avez rĂ©ussi Ă faire quelque chose que je pensais impossible pour moi – vous avez fait en sorte que j’apprĂ©cie d’ĂŞtre lieutenant Le fait que mes rĂ©alisations sur la nature et le mode de gestion de l’unitĂ© correspondaient Ă l’esprit des choses tel que vous l’avez prĂ©sentĂ© Ă l’unitĂ©, et le fait de savoir que je bĂ©nĂ©ficiais d’une confiance et d’une indĂ©pendance d’action totales, ont sans aucun doute contribuĂ© au fait que je vois les annĂ©es de travail avec vous est très agrĂ©able et bĂ©nie. »
Netanyahu lors d’une cĂ©rĂ©monie pour les participants Ă l’opĂ©ration Savannah (photo : porte-parole de Tsahal, (Ron Ilan) avec l’aimable autorisation des archives de Tsahal au ministère de la DĂ©fense)
L’entourage de Barak a ajoutĂ© : « Pour les curieux qui s’inquiètent pour les bavoirs, on peut ajouter : vous pouvez ĂŞtre libĂ©rĂ© de l’inquiĂ©tude. Le commandant d’une opĂ©ration et lui seul dĂ©termine quand et oĂą il convient d’ĂŞtre pour que l’opĂ©ration se dĂ©roule. » Alors que Netanyahu affirmait que « Barak regardait depuis la ligne de touche, son seul rĂ´le dans l’attaque contre l’avion Savannah Ă©tait de se tenir sur l’asphalte et de siffler », ceux qui entouraient Barak ont ​​affirmĂ© qu’il « avait donnĂ© le signal pour commencer l’opĂ©ration et immĂ©diatement a grimpĂ© sur l’aile avec les escouades de Danny Bruner et Omar Eran et Vida qui ont surmontĂ© les retards rĂ©sultant des circonstances et du manque d’expĂ©rience dans l’ouverture des portes de secours de l’extĂ©rieur. »
« MĂŞme après qu’il ait Ă©tĂ© tuĂ© par le fusil du terroriste Omer dans la zone de l’aile et que Mordechai Rahamim se soit prĂ©cipitĂ© vers le cockpit pour Ă©liminer l’autre, la porte de Bibi n’a toujours pas Ă©tĂ© enfoncĂ©e », ont dĂ©clarĂ© des personnes autour d’Ehud Barak. « Avec l’entrĂ©e des escouades sur l’aile gauche, Barak s’est prĂ©cipitĂ© vers la porte arrière, qui Ă©tait très haute et semblait retardĂ©e par l’effraction, et est rentrĂ© dans l’avion en suivant l’escouade d’Uzi Dayan, qui Ă©tait personnellement impliquĂ© dans la neutralisation de la grenade dans la main du terroriste dans la zone arrière. Tout apparaĂ®t, soit dit en passant, dans les transcriptions des interrogatoires d’il y a 50 ans.





