Il arrive que la guerre, même au sens le plus archaïque du terme, refasse surface là où on ne l’attend pas. Pendant que l’Iran moderne subit des frappes de missiles, c’est un autre visage de ce pays — vieux de plus de 3 600 ans — qui vient d’être saisi à l’aéroport de Philadelphie.
Des épées courtes en alliage de cuivre et des pointes de flèches fabriquées dans le même matériau, datant de l’âge du Bronze tardif — entre 1 600 et 1 000 avant notre ère — et que l’on soupçonne d’avoir été pillées en Iran avant d’être introduites illégalement aux États-Unis, ont été interceptées à Philadelphie. L’information a été relayée par plusieurs médias américains. ynet
Les agents du CBP (U.S. Customs and Border Protection) ont saisi 36 épées courtes et 50 pointes de flèches. L’envoi était arrivé par vol depuis les Émirats arabes unis dès le 16 octobre, à destination d’une adresse à Jacksonville, en Floride. Il avait été déclaré frauduleusement comme « objets décoratifs en métal », mais une radiographie de routine effectuée par les douanes avait révélé des formes évoquant des épées. ynet
Un archéologue de l’Université de Philadelphie, fort d’une longue expérience au Moyen-Orient, a confirmé le 13 février que les objets étaient authentiques, datant du second millénaire avant notre ère. Leur origine a été identifiée dans les monts Talysh, en Iran, à proximité de la rive sud-ouest de la mer Caspienne. Les autorités soupçonnent que ces armes ont été dérobées lors de fouilles illégales sur des sites funéraires antiques. ynet
Ce type de trafic n’est pas nouveau, mais il s’inscrit dans un contexte particulièrement chargé de sens : l’Iran, dont le patrimoine archéologique est d’une richesse exceptionnelle, est aussi un État en guerre depuis quelques jours. Les circuits de contrebande d’antiquités prospèrent précisément dans les zones de fragilité étatique et d’instabilité régionale.
Elliott Ortiz, directeur par intérim du port CBP de Philadelphie, a déclaré que ses agents s’attachent à soustraire les biens culturels aux mains de trafiquants internationaux qui pillent et exploitent le patrimoine d’autres nations à des fins lucratives. Il a souligné que les méthodes trompeuses utilisées pour faire entrer clandestinement ces trésors violent les lois douanières et compromettent les efforts de préservation de l’histoire culturelle. ynet
Les États-Unis rappellent que l’importation de tels objets n’est légale que sous présentation d’une licence d’exportation officielle délivrée par le pays d’origine, et que des cas de faux certificats ont déjà été recensés. ynet
Un fragment de l’histoire ancienne de l’Iran, sorti clandestinement de ses terres, tombe ainsi entre les mains des douaniers américains — pendant que les deux pays s’affrontent à des milliers de kilomètres de là.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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