La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran entre dans sa deuxième semaine avec une intensité qui ne faiblit pas. La Maison Blanche a précisé vendredi ses estimations temporelles : les États-Unis auraient encore besoin de « quatre à six semaines » pour atteindre leurs objectifs en Iran. En parallèle, les chiffres militaires publiés par Tsahal et le commandement américain dessinent l’ampleur d’une campagne aérienne sans précédent dans l’histoire régionale — pendant que Trump durcit le ton et que le commerce maritime mondial commence à se désintégrer sous la pression du conflit.
Trump : « Pas d’accord avec l’Iran sauf capitulation totale »
Vendredi 6 mars, Donald Trump a publié sur son réseau Truth Social une exigence sans ambiguïté : la « capitulation sans condition » de l’Iran. Il a précisé qu’il entendait s’impliquer personnellement dans le choix du ou des futurs dirigeants iraniens après la guerre, et dans la reconstruction du pays. « Nous travaillons sans relâche », a-t-il ajouté, avant de promettre que l’Iran serait « frappé très durement » dans les heures suivantes.
Cette position rejette de facto toute ouverture vers une négociation. Elle répond directement au président iranien Pezeshkian, qui avait la veille affirmé que Téhéran ne « capitulerait » pas et que « les ennemis peuvent emporter dans leurs tombes leur souhait de voir le peuple iranien se rendre ». La Maison Blanche a de son côté calibré ses attentes : pas de victoire éclair, mais une fenêtre de quatre à six semaines pour atteindre les objectifs militaires définis. Ce délai a évolué depuis le 1er mars, où Trump évoquait « quatre semaines ou moins ». L’allongement de la projection traduit la résistance iranienne plus forte qu’anticipée.
Le bilan militaire de Tsahal : 2 600 sorties, 6 500 munitions
Les chiffres publiés par l’armée israélienne à l’issue des sept premiers jours de la guerre sont saisissants. Tsahal a effectué environ 2 600 sorties aériennes sur l’Iran depuis le déclenchement de l’opération « Rugissement du Lion » le 28 février, en lâchant plus de 6 500 munitions. Ces frappes ont détruit 60 % des lanceurs de missiles balistiques iraniens et mis hors d’état de fonctionner 80 % des systèmes de défense aérienne.
Sur le front libanais, l’armée israélienne a frappé plus de 500 cibles du Hezbollah depuis l’ouverture de ce second front le 1er mars, dont au moins 170 lanceurs de missiles et de roquettes. Ces chiffres reflètent une campagne de suppression systématique des capacités de frappe du mouvement pro-iranien, menée en parallèle des opérations en Iran. Le commandement américain (CENTCOM) a pour sa part annoncé avoir atteint quelque 3 000 cibles depuis le début des hostilités, combinant frappes en Iran, destructions de navires iraniens dans le Golfe et opérations contre les Gardiens de la Révolution.
Les B-2 contre les bunkers souterrains
La pièce maîtresse de la campagne américaine réside dans l’utilisation des bombardiers furtifs B-2 Spirit pour frapper les infrastructures souterraines profondes de l’Iran — les bunkers qui abritaient une partie de son programme nucléaire et ses centres de commandement enterrés, conçus pour résister à des bombardements conventionnels. Le B-2, seul appareil de l’arsenal occidental capable d’emporter des bombes bunker-buster de grande puissance tout en pénétrant des défenses aériennes modernes, a été déployé depuis ses bases américaines et depuis la base britannique de Fairford, dans le Gloucestershire — où quatre bombardiers B-1 Lancer ont également été prépositionnés cette semaine.
Ces frappes sur les installations souterraines répondent à une préoccupation exprimée par Washington dès le premier jour : l’Iran avait reconstruit une partie de son programme nucléaire dans de « nouveaux bunkers souterrains » selon les évaluations américaines, et prévoyait d’attaquer Israël et les forces américaines dans la région.
Poutine appelle à un cessez-le-feu, Trump répond que cela « ne change rien »
La diplomatie parallèle de la Russie n’a pas infléchi la trajectoire américaine. Après son appel téléphonique avec Pezeshkian vendredi, au cours duquel il a réclamé une « cessation immédiate des hostilités », Poutine s’est heurté à une fin de non-recevoir de la Maison Blanche. « L’aide de la Russie à Téhéran ne change rien », a répondu le porte-parole américain. Washington ne modifiera pas sa stratégie sur la base des appels de Moscou.
Maersk suspend la navigation sur deux routes
L’impact économique de la guerre commence à se faire sentir avec précision. Le géant du transport maritime Maersk a annoncé la suspension de la navigation sur deux routes stratégiques en lien avec le détroit d’Ormuz et les eaux du Golfe. La décision s’inscrit dans un contexte où les Gardiens de la Révolution ont déclaré exercer un « contrôle total » sur le détroit d’Ormuz. Selon les données d’intelligence énergétique, le trafic de tankers à travers le détroit s’est effondré d’environ 90 % par rapport à la semaine précédente. Greenpeace a alerté sur le risque écologique que représentent les plus de 68 pétroliers chargés bloqués dans la zone. Les prix du pétrole ont bondi de près de 30 % en une semaine, atteignant des niveaux inconnus depuis 2023.
Un conflit à mi-chemin de son terme estimé
Huit jours après le début des hostilités, la guerre se trouve dans une phase intermédiaire. L’Iran a encaissé des destructions massives mais continue de riposter — des missiles iraniens ont encore frappé Tel Aviv et Haïfa vendredi, et des frappes de drones visaient des hôtels au Kurdistan irakien. La résistance du régime de Téhéran dépasse les estimations initiales américaines, ce qui explique le glissement de la prévision de fin de guerre de « quatre semaines » à « quatre à six semaines ». La guerre n’est pas terminée. Elle est, comme l’ont dit certains responsables américains, encore à mi-chemin de son terme estimé.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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