Drones et robots en ligne de front : le dispositif qui maintient Tsahal en guerre

Pendant que les caméras captent les frappes et les explosions, une autre machine tourne en silence, 24 heures sur 24, sur tous les fronts à la fois. C’est le dispositif logistique de Tsahal — l’Agence de technologie et de logistique (ATL) — qui alimente en munitions, carburant, nourriture et pièces détachées l’ensemble des théâtres d’opérations de l’opération Rugissement du Lion, des bunkers de renseignement militaire jusqu’aux forces manœuvrantes en profondeur au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Ce rouage discret mais absolument vital est aujourd’hui partiellement dévoilé. Ce que révèle ce tableau de bord intérieur, c’est l’ampleur colossale d’un effort logistique multi-fronts que peu d’armées dans le monde seraient capables de soutenir à cette intensité.

La chaîne de l’air : alimenter la machine de frappe

Derrière la puissance de feu impressionnante de l’armée de l’air et la précision du renseignement militaire se trouve un dispositif logistique parfaitement huilé pour ravitailler et armer les sorties effectuées en continu chaque jour vers les profondeurs de l’Iran. Bombes, missiles, intercepteurs, carburants, pièces de rechange : la chaîne d’approvisionnement ne s’arrête jamais. Chaque maillon compte. L’objectif est que la machine de frappe aérienne ne marque aucune pause et que le dispositif de défense aérienne soit prêt pour tous les scénarios, sur la base des leçons tirées du passé.

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Des drones lourds et des robots dans la boue libanaise

L’une des révélations les plus significatives de ce reportage concerne l’utilisation opérationnelle de technologies jusqu’ici peu évoquées publiquement. Dans le cadre du soutien logistique de combat, l’ATL déploie des drones lourds et des robots pour l’approvisionnement des forces sur le terrain. Ces engins opèrent dans des conditions extrêmes — boue, intempéries, feux ennemis — là où les convois traditionnels ne peuvent plus avancer. C’est la face cachée de la révolution technologique de Tsahal : non seulement dans les systèmes d’armes, mais dans la logistique elle-même.

Un officier supérieur de l’ATL a expliqué que des opérations logistiques ont lieu chaque nuit, sur tous les aspects de la logistique, et que la situation au Liban est très difficile en raison de la boue, des conditions météorologiques et des tirs ennemis.

Plusieurs fronts simultanés : un défi sans précédent

La réponse logistique couvre les forces régulières et de réserve, en fonction de l’étendue des manœuvres et des missions de défense aux différentes frontières, avec une gestion de missions parallèles multiples — depuis le transport massif du sud vers le nord de chars, de véhicules blindés et de bulldozers dans le cadre de la préparation à la grande manœuvre au Liban, jusqu’à l’approvisionnement continu en carburant, munitions, soins médicaux et nourriture pour les forces en profondeur à Gaza, en Syrie et au Liban.

Des dysfonctionnements ont également été reconnus. Il y a eu des problèmes dans l’accueil des réservistes dans le commandement nord, mais l’intervention rapide du chef de l’ATL, le général Rami Aboudrham, a permis de résoudre les problèmes d’équipement, de nourriture et d’hébergement. Des équipes de contrôle ont également été nommées pour tirer les leçons des incidents. Cette transparence relative sur les ratés est en elle-même inhabituelle dans la communication militaire israélienne — signe que la pression de cette guerre oblige à une forme d’autocritique opérationnelle.

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Les bunkers aussi ont besoin de manger

L’un des aspects les moins visibles de cet effort logistique concerne les états-majors eux-mêmes. Depuis le début de l’opération Rugissement du Lion, il y a une très haute concentration de personnel dans les centres de commandement du renseignement militaire, de l’armée de l’air, de la branche informatique et de la branche des opérations, ce qui nécessite une attention particulière à la nourriture, aux soins médicaux y compris dentaires, et à l’hygiène renforcée. Un officier supérieur a précisé qu’il y avait un grand nombre de personnels assis devant des ordinateurs et agissant dans des rôles de soutien à la campagne, et qu’eux aussi avaient besoin d’une réponse 24h/24 — préparée en amont, et qui fonctionne de manière très efficace.

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Pessah en zone de combat

Dans ce contexte de guerre totale, l’approche de la fête de Pessah ajoute une dimension supplémentaire à l’effort logistique. La préparation pour la fête de Pessah dans Tsahal cette année est une opération logistique sans précédent, combinant la mise aux normes des cuisines et la fourniture d’équipements spécialisés sur une vaste zone, ainsi que de la nourriture casher pour Pessah le long des frontières et en profondeur dans le territoire ennemi — du Liban et de la Syrie jusqu’à la bande de Gaza.

Un responsable militaire supérieur a résumé la situation : « Pessah est toujours un grand événement, mais cette fois, en raison des effectifs élargis et des renforts dans la vallée de l’Arava, la ‘ligne jaune’ s’est étendue à des endroits beaucoup plus larges. Nous nous préparons à la question de Pessah six mois à l’avance pour qu’il y ait une bonne réponse pour tous ceux qui feront la fête dans l’armée, et surtout pour ceux qui entreront dans une manœuvre. »

Ce portrait de l’ATL en temps de guerre dit quelque chose d’essentiel sur la nature du conflit actuel : il ne s’agit plus d’une opération limitée, mais d’une guerre d’usure multifronts qui teste chaque maillon de la machine militaire israélienne — y compris le plus invisible, celui qui assure que le soldat au fond de la tranchée ait du carburant dans son tank, des munitions dans son canon, et un repas de fête pour Pessah.

Source : Walla

 


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