Israël se prépare à frapper l’ensemble du réseau énergétique iranien — et attend le feu vert de Washington

La prochaine étape de la guerre pourrait être la plus dévastatrice sur le plan économique. Selon un rapport de l’agence Reuters cité par Israel Hayom, une source israélienne de haut rang a confirmé qu’Israël a élaboré un plan complet pour frapper les infrastructures énergétiques iraniennes dans leur ensemble — centrales électriques, stations de pompage et de raffinage du pétrole — à travers tout le territoire de la République islamique. Le déclenchement de cette opération est suspendu à un seul facteur : l’autorisation américaine.

Un plan prêt, une main tendue vers Washington

La logique de cette séquence est révélatrice de la nature du partenariat israélo-américain dans ce conflit. Israël ne frappe pas unilatéralement ce qu’il veut quand il veut — du moins pas sur les cibles les plus stratégiques. Pour une opération d’une telle ampleur, qui toucherait l’ensemble du système de production et de distribution d’énergie d’un pays de 90 millions d’habitants, Jerusalem attend un signal de la Maison Blanche.

Ce signal n’est pas encore venu. Les États-Unis avaient d’ailleurs déjà exprimé leur mécontentement face à une frappe israélienne sur des installations pétrolières iraniennes le mois dernier — indiquant que la coordination n’était pas totale sur ce type de cibles. Mais le contexte a évolué. L’ultimatum de Trump approche de son terme, et les positions américaines semblent se radicaliser.

Ce que le plan israélien cible

Selon les informations transmises à Reuters par la source israélienne, le plan couvre trois catégories d’infrastructures. Les centrales électriques en premier lieu — frapper la production d’électricité iranienne, c’est paralyser simultanément les industries, les communications, les hôpitaux, les pompes à carburant et les systèmes de commandement militaire. C’est une frappe systémique, pas sectorielle.

Les stations de pompage de pétrole ensuite — perturber l’extraction et le transport du brut iranien, c’est tarir à la source les revenus en devises dont le régime a besoin pour financer ses opérations militaires et ses programmes d’armement. Et les installations de raffinage enfin, dont la destruction priverait l’Iran de carburant pour ses véhicules civils et militaires, créant une pénurie à effets immédiats sur la population et sur la capacité opérationnelle des forces armées.

Une telle campagne, si elle était menée à son terme, représenterait la frappe économique la plus destructrice jamais portée contre l’Iran. Elle dépasserait en ampleur tout ce qui a été fait jusqu’ici dans ce conflit.

Une escalade progressive déjà engagée

Israël n’attend pas l’autorisation américaine pour agir sur les infrastructures industrielles iraniennes — il le fait déjà, de manière progressive et ciblée. Ce Shabbat même, des frappes israélo-américaines ont visé le complexe pétrochimique de Mahshahr dans la province du Khouzestan. La semaine précédente, des frappes massives avaient ciblé l’industrie sidérurgique iranienne, dont Netanyahou a affirmé avoir détruit 70% des capacités de production d’acier.

Cette progression — de la sidérurgie à la pétrochimie, vers potentiellement l’ensemble du réseau énergétique — dessine une stratégie de dégradation économique systématique, conçue pour augmenter la pression sur le régime à chaque semaine qui passe.

Trump : « J’ouvrirai les portes de l’enfer »

L’ultimatum de Trump à l’Iran a été reformulé ce Shabbat avec une intensité nouvelle. Sur son réseau Truth Social, le président américain a rappelé qu’il avait accordé à l’Iran dix jours pour conclure un accord ou ouvrir le détroit d’Ormuz, avant d’avertir : il reste 48 heures avant qu’il n’ouvre sur eux les portes de l’enfer. Une formule directement empruntée au registre eschatologique, qui dit quelque chose sur l’état d’esprit de celui qui l’écrit.

L’histoire de cet ultimatum mérite d’être rappelée. Le 22 mars, Trump avait initialement donné 48 heures à l’Iran pour ouvrir le détroit d’Ormuz, menaçant de frapper ses centrales électriques. Il avait ensuite repoussé cette échéance de cinq jours, puis de dix, pour permettre la poursuite de négociations discrètes avec des représentants de Téhéran. Ces négociations n’ont manifestement pas abouti — d’où le retour de la pression maximale ce week-end.

Graham : « Choisissez avec sagesse »

Le sénateur républicain Lindsey Graham, figure hawkish du Sénat américain et soutien indéfectible d’Israël, a apporté son plein soutien à l’ultimatum de Trump dans un message publié sur X. Il a affirmé avoir parlé au président ce matin et être convaincu qu’il utiliserait une force militaire écrasante si l’Iran continuait à bloquer le détroit d’Ormuz et à refuser une solution diplomatique.

Graham a terminé son message par une adresse directe à Téhéran : « Choisissez avec sagesse. » Une formulation qui, dans la bouche du sénateur le plus va-t-en-guerre du Congrès américain, ressemble moins à un conseil qu’à un avertissement.

L’équation finale

Ce qui se dessine en ce Shabbat est la configuration d’une décision historique. Israël a un plan. Trump a un ultimatum qui expire dans 48 heures. Graham dit que Trump est sérieux. Et l’Iran continue de tirer des missiles sur Tel Aviv, de bloquer Ormuz, et de ne montrer aucun signe de capitulation publique.

Si Washington donne son feu vert à Jérusalem pour frapper le réseau énergétique iranien dans son intégralité, le conflit entrera dans une phase nouvelle — celle où l’objectif n’est plus de dégrader les capacités militaires de l’Iran, mais de provoquer l’effondrement de son économie. Une ligne que ni Israël ni les États-Unis n’ont encore franchie. Mais dont ils se rapprochent, heure après heure.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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