La déclaration choquante de Bennett — et la réponse cinglante de Smotrich

L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a accordé une interview à Arye Golan sur la chaîne Kan 11, dans laquelle il a affirmé sans détour que « l’exemption de service militaire tue nos soldats. » Il a pointé du doigt les transferts financiers accordés aux étudiants des yeshivot qui ne servent pas dans l’armée, citant nommément Netanyahu, Deri et Goldknopf comme responsables du maintien de ce système. En clair, la veille du Jour du Souvenir pour les soldats tombés, Bennett a choisi de mettre en cause le secteur ultra-orthodoxe dans la mort de combattants israéliens — plutôt que de diriger le regard vers l’ennemi : Hamas, Hezbollah, Iran.

Même lors de l’interview, Bennett a reconnu que sa formulation était « une phrase difficile », mais a insisté : « Je l’assume pleinement. » Il a développé son argument : les réservistes sont épuisés, ce qui affecte les capacités opérationnelles et coûte des vies. « Il y a 100 000 ultra-orthodoxes en bonne santé en âge de servir. Nous les recrutons d’une façon très simple : arrêter les transferts financiers à ceux qui ne s’enrôlent pas, à ceux qui n’étudient pas. »

Smotrich : « Ne faites pas de politique sur les soldats tombés »

La réaction du ministre des Finances Bezalel Smotrich n’a pas tardé. Lors d’une réunion avec des familles endeuillées à Sdérot, il a répondu avec une force qui ne laissait aucune ambiguïté. « Que personne n’ose faire de la politique sur le dos des soldats tombés », a-t-il lancé. « Ces héros sont tombés en gardant notre pays. Il y a des débats internes dans la société israélienne — mais ils ne sont pas tombés à cause de telle ou telle loi, ni à cause de telle ou telle communauté. Ils sont tombés avec un courage immense face à un ennemi qui veut détruire l’État d’Israël. Toute la politique doit être réservée à un autre jour — pas à ce jour grand et sacré. »

La déclaration de Bennett a également suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Un tweet qui a accumulé des milliers de vues résumait un sentiment largement partagé : « Ce qui tue nos soldats, c’est l’ennemi. Lui et lui seul. La question du recrutement des ultra-orthodoxes doit être traitée d’urgence, sans aucun doute. Mais toi, Bennett, tu n’as pas bougé le petit doigt sur ce sujet quand tu étais au pouvoir. Et ne confonds pas les réalités. C’est l’ennemi qui tue nos combattants. Arrêtons de faire de la politique sur les morts de Tsahal. »

Un débat légitime, un timing contesté

La question du recrutement ultra-orthodoxe est l’une des plus explosives de la société israélienne, renforcée par des années de guerre qui ont épuisé le vivier de réservistes. Personne ne conteste sérieusement que l’armée a besoin de davantage de combattants. Ce qui divise, c’est le moment choisi par Bennett pour porter cette accusation : la veille du Jour du Souvenir, dans une émission en direct, avec des familles en deuil à travers tout le pays. Pour ses partisans, il dit une vérité que personne n’ose formuler. Pour ses adversaires, il instrumentalise le deuil national pour marquer des points politiques sur une fracture communautaire déjà béante.

Pour approfondir ce sujet, retrouvez nos analyses sur infos-israel.news :

🔗 Mélenchon insulte Netanyahu et blanchit Macron : la vieille recette de l’extrême gauche française

🔗 « Un grand ami d’Israël » : la rencontre entre le président argentin Milei et le Premier ministre Netanyahu

 


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés

Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News

📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢

 

S1871ab49133f4530a788d53fb2392d37b