Yoav Galant, ancien ministre de la Défense, a accordé ce mardi matin, en plein Yom Hazikaron, une interview au journaliste Niv Raskin sur Chaîne 12. Et dans cet entretien, quelques mots ont concentré tout le poids de l’échec du 7 octobre 2023 : « On ne m’a pas réveillé. »
Non pas parce que rien ne se passait. Mais parce que les informations disponibles cette nuit-là, dans les centres de renseignement et les salles de commandement, n’ont pas été jugées suffisamment importantes pour déclencher une alerte au ministre de la Défense. « L’information n’a pas provoqué d’activation. On n’a pas pensé que l’information était importante, et c’est pour ça qu’on ne m’a pas réveillé », a-t-il déclaré.
« J’aurais posé des questions très claires »
Galant n’a pas évité de formuler ce qui se serait passé si les choses avaient été différentes. « J’estime que si on m’avait réveillé, j’aurais posé des questions très claires, et la première aurait été : supposons que l’évaluation soit incorrecte — quelles sont les actions actives sur le terrain ? » Une question simple. Une question qui, posée à temps, aurait peut-être changé le cours de cette nuit.
L’ancien ministre a aussi replacé la déclaration dans un cadre structurel plus large. Il a expliqué que lorsqu’un événement survient par surprise, le temps de réaction du niveau de commandement supérieur est toujours problématique. « Je parle du chef d’état-major et du commandant de région. Leur capacité à influencer la situation repose sur le déploiement de forces. Mais lorsque les bataillons n’ont pas été préparés à l’avance — cette nuit-là, l’information n’a pas engendré d’activation. »
Une révélation le jour où Israël se souvient
Le choix du jour et du moment n’est pas anodin. En plein Yom Hazikaron — la journée où Israël honore ses 24 000 soldats tombés, dont des dizaines tués lors du massacre du 7 octobre lui-même et dans la guerre qui a suivi — Galant a choisi de parler. De témoigner. De mettre des mots sur ce que des milliers de familles n’ont cessé de demander depuis deux ans et demi : comment cela a-t-il pu arriver ?
Sa déclaration rouvre une plaie qui n’a jamais vraiment eu le temps de cicatriser. Les enquêtes internes, les commissions d’examen, les auditions parlementaires — rien n’a encore produit de réponse institutionnelle définitive sur les responsabilités du 7 octobre. La question de savoir qui savait quoi, à quelle heure, et qui aurait dû réveiller le ministre de la Défense cette nuit-là, reste au cœur d’un débat que la société israélienne n’a pas fini de mener.
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