Le parquet de l’État a déposé ce dimanche matin devant le tribunal de district du Centre à Lod un acte d’accusation contre un adolescent d’environ 15 ans pour le meurtre de Binyamin Yamnou Zalka, 20 ans, poignardé à mort dans la nuit du Jour de l’Indépendance à Petah Tikva. Quinze autres mineurs, âgés pour la plupart entre 14 et 16 ans, font l’objet d’actes d’accusation pour coups et blessures avec circonstances aggravantes — une infraction passible d’une peine pouvant aller jusqu’à vingt ans de réclusion. Certains d’entre eux sont également poursuivis pour menaces, entrave à la justice, destruction de preuves et agression collective d’une autre personne. Le parquet demande le maintien en détention de la totalité des seize accusés jusqu’à la fin des procédures.
Mais c’est la reconstitution des faits contenue dans l’acte d’accusation, rédigé par les avocates Einat Lev-Ari et Ran Biran du parquet du district Centre, qui révèle pour la première fois la séquence précise des événements — et l’élément déclencheur de cette nuit fatale.
La jeune fille, le spray, et la pizzeria comme refuge
Les adolescents s’étaient réunis pour les festivités du Jour de l’Indépendance. Au fil de la soirée, ils ont commencé à asperger plusieurs jeunes filles avec des bombes de mousse à neige. L’une d’elles, prise en chasse par le groupe, s’est réfugiée en courant dans la succursale Pizza Hut — le restaurant que gérait Yamnou Zalka — pour y trouver refuge, couverte de mousse blanche. Trois membres de la bande l’ont suivie à l’intérieur, continuant à la vaporiser tout en salissant le sol et le comptoir du restaurant.
Les employés du restaurant, Yamnou parmi eux, leur ont demandé de partir. Il les a raccompagnés jusqu’à l’extérieur. Une dispute verbale vive, émaillée d’insultes, a alors éclaté — à laquelle se sont rapidement joints le principal accusé et le reste de la bande, tandis que deux autres employés tentaient de calmer la situation. La confrontation s’est arrêtée là, dans un premier temps.
Le retour, deux heures plus tard
Ce qui aurait pu rester une altercation banale a pris une tournure irrémédiable environ deux heures après ce premier incident. L’un des membres de la bande a relancé la dispute verbale avec Yamnou. Le groupe s’est rapidement aggloméré autour de lui. À un moment, l’un d’eux l’a violemment poussé à la poitrine, le faisant tomber à terre. Ce geste a constitué le signal du déferlement : la bande s’est jetée sur Yamnou, le frappant à coups de poings, le bottant au sol, lui jetant des bonbonnes de mousse sur la tête, les lui projetant dans le dos et sur la nuque.
C’est dans cette mêlée que le principal accusé a couru vers Yamnou, couteau à la main. L’apercevant brièvement dégagé de la masse, il s’est approché de lui avec détermination, lame sortie, et l’a poignardé violemment à l’aine. Yamnou s’est effondré. Les autres membres du groupe ont continué à le frapper avec une brutalité qui ne s’est pas arrêtée même lorsqu’il gisait au sol, incapable de se relever, tentant en vain de protéger sa tête.
Laissé pour mort
La bande s’est dispersée en laissant Yamnou Zalka se vider de son sang sur le trottoir, sans appeler les secours. Transporté d’urgence à l’hôpital Beilinson dans un état critique, il est décédé de ses blessures vingt-quatre heures plus tard.
Le parquet a été particulièrement explicite dans sa demande de maintien en détention, pointant le caractère de sang-froid de l’agression : une meute qui frappe avec férocité et brutalité, un coup de couteau porté pour un motif dérisoire, sous les yeux des autres, avec une indifférence totale aux conséquences, laissant la victime agoniser sans la moindre assistance. Pour le chef d’accusation de meurtre par indifférence, le tribunal peut prononcer une peine de réclusion à perpétuité contre le poignardeur. Pour les autres, les peines encourues sont qualifiées de « lourdes et significatives ».
Le parquet du district Centre a indiqué attacher une importance primordiale à la lutte contre la violence des mineurs, et a affirmé vouloir « appliquer la loi dans toute sa rigueur ».
L’avocat du principal accusé, Me Omer Adiri, a pour sa part déclaré : « L’acte d’accusation montre qu’il s’agissait d’un événement spontané, et certainement pas d’un acte prémédité. Nous étudierons les éléments de l’enquête et présenterons notre réponse au tribunal. »
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