Netanyahu à Noam Betan : « Quelle victoire extraordinaire ! »

Le Premier ministre Benyamin Netanyahu a appelé ce dimanche matin le chanteur Noam Betan, qui a représenté Israël à l’Eurovision 2026 et terminé à la deuxième place de la grande finale à Vienne, derrière la Bulgarie. L’appel téléphonique, dont un enregistrement audio a été diffusé par le bureau du Premier ministre, fait suite à la performance remarquable de Betan dans un contexte de boycott sans précédent et d’hostilité ouverte dans l’arène.

Netanyahu a ouvert la conversation avec une série d’éloges qui disent à eux seuls l’investissement symbolique d’Israël dans cette participation : « Noam, quelle victoire extraordinaire, quel accomplissement, et quel honneur, quelle puissance, quelle confiance, quel art. Tu marches sur un très grand chemin. »

Le Premier ministre a ensuite tenu à saluer spécifiquement la manière dont Betan a géré les huées et les perturbations durant la demi-finale : « En tout cas, tu reçois la gratitude de tout un peuple. Tout le monde est très, très fier de toi. Et tu as tenu face à ces salves verbales creuses. Tu as fait ça comme il fallait. Tu as fait un travail formidable. Et j’ai vu que le public, comme à son habitude, était plus favorable que les jurys. Tout le crédit te revient. Continue, progresse et bonne chance. »

bibi noam

Betan : « J’espère que cette unité durera cinquante ans »

La réponse de Betan a surpris par sa sobriété et sa profondeur. Loin de se cantonner à remercier pour les compliments, le chanteur a saisi l’occasion pour exprimer ce que cette expérience lui avait fait ressentir — et ce qu’il espère en voir découler.

« C’était un grand honneur d’apporter de la fierté et de représenter notre pays sous un jour positif, d’apporter de la lumière et un peu de bien à ce monde », a déclaré Batan. Il a ensuite ajouté : « J’ai comme un espoir, parce que j’ai senti qu’il y avait une très grande unité cette nuit-là, et j’espère tellement que ça tienne et que ça continue encore dans deux jours, encore dans un an, encore dans cinquante ans. Je veux tellement l’unité et j’espère tellement que ça continue. »

Ces mots résonnent dans un contexte particulier. L’Eurovision s’est terminé dans la nuit de samedi à dimanche, au moment même où Israël marquait le Yom Yeroushalayim — le Jour de Jérusalem. Les funérailles du capitaine Maoz Recanati, tombé au Liban pendant le Chabbat, se tenaient en Samarie. Et dans les arrière-salles diplomatiques, les préparatifs d’une possible reprise des frappes contre l’Iran se poursuivaient.

Un résultat qui compte bien au-delà de la musique

La deuxième place d’Israël à l’Eurovision 2026 — avec 343 points, dont 123 des jurys professionnels et 220 du vote du public — est la deuxième année consécutive qu’Israël termine second. C’est aussi la première fois depuis plusieurs années que les jurys professionnels européens ont accordé des points significatifs à la délégation israélienne, ce qui distingue ce résultat de la performance de Yuval Raphael en 2025, reposant presque exclusivement sur le vote du public.

La performance de Batan a eu lieu dans une édition marquée par le boycott de cinq pays — Espagne, Irlande, Pays-Bas, Islande et Slovénie — et par des incidents lors de la demi-finale, où des cris de protestation ont été audibles en direct à l’antenne. Batan avait déclaré avoir pratiqué ses répétitions sur fond de huées enregistrées. Dans la finale, aucun sifflet n’a percé la diffusion.

Netanyahu a conclu l’appel en soulignant que le public s’était montré plus généreux que les jurys — une manière de valider le sentiment populaire qui a porté Batan, au-delà des délibérations institutionnelles. Pour le Premier ministre, ce coup de fil matinal était aussi un message politique : en pleine guerre, en plein isolement diplomatique, un chanteur franco-israélien est monté sur la scène de l’Eurovision et a terminé deuxième de l’Europe. Et ça, ça compte.


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