Des centaines de personnes ont accompagné dans la nuit de samedi à dimanche Aïla Davidson, mère de six enfants originaire de Bnei Brak, dans sa dernière demeure au cimetière d’Elad. Elle est morte une semaine après l’accident mortel survenu sur la route 1, des suites de ses graves blessures. À ses côtés a été enterré son dernier-né, Avinouam Meir, âgé d’un mois, lui aussi décédé dans la collision. Une mère et son nourrisson, inhumés ensemble.
Son fils aîné Yossi, dix ans à peine, a pris la parole aux funérailles. Ses mots ont bouleversé l’assistance : « Prie pour nous, prie pour que le Saint Béni soit-Il lui accorde la guérison, qu’Il lui envoie la force de nous élever dans la Torah et l’amour de Dieu. » Quelques instants plus tôt, il avait supplié sa mère de veiller sur son père : « Prie pour nous et pour papa. »
Le père, le Rav Chelomo Zalman Davidson, a lui aussi été grièvement blessé dans l’accident. Il est arrivé aux funérailles de sa femme depuis son lit d’hôpital, transporté en ambulance. C’est de ce même état de faiblesse extrême qu’il a trouvé la force de prendre la parole : « Aïla faisait un examen de conscience chaque soir. Quand est-ce qu’une femme trouve le temps de faire une telle chose avec des bébés à la maison ? Mais c’était au cœur de ses préoccupations. Elle ne gaspillait jamais son temps. Le spirituel était chez elle une priorité absolue. »

Après la cérémonie, il a regagné l’hôpital. La famille a lancé un appel public à la prière pour le rétablissement du père — Chelomo Zalman ben Guélia Iga — ainsi que pour celui du conducteur du véhicule, Avraham Haïm ben Zahava Djordjette, lui aussi grièvement blessé et dans un état critique.
Tami Zussman, tante du père et conseillère municipale à Beit Shemesh, a confié à Ynet l’ampleur du choc : « C’était la première fois qu’ils sortaient de chez eux avec le bébé. Ils voulaient juste partir en Chabbat avec lui. Ils lui avaient donné le prénom de mon père, décédé quatre mois plus tôt. C’est coup sur coup. Nous sommes sous le choc. » Elle a précisé que l’enfant était bien installé dans un siège auto, mais que selon l’enquête policière, il n’était pas attaché au moment de l’accident, ce qui a été fatal. Elle a également évoqué le phénomène des « drivers » illégaux qui opèrent dans le secteur ultra-orthodoxe — des chauffeurs non assurés, sans formation ni contrôle : « Il ne faut pas cautionner ce genre de pratiques. En cas d’accident, il n’y a pas d’assurance, et c’est la faillite pour la famille. »
Ce drame s’inscrit dans une série noire récente : huit personnes ont été tuées sur les routes israéliennes en l’espace des seuls quatre derniers jours. Selon l’Autorité nationale pour la sécurité routière, 166 personnes ont perdu la vie depuis le début de 2026, soit une baisse de 8% par rapport à la même période l’an dernier. Les professionnels du secteur attribuent en partie cette amélioration à la réduction du trafic liée à la situation sécuritaire ainsi qu’à des campagnes d’enforcement ciblées. Mais la dynamique récente inquiète : la tendance positive pourrait s’inverser avec le retour à la normale. Les promesses gouvernementales d’alourdissement des sanctions pour infractions dangereuses n’ont pas encore été tenues, et le plan national de sécurité routière, doté d’un budget de 350 millions de shekels, avance lentement.
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