Malgré une série de polémiques qui auraient pu en briser plus d’un, Graham Platner a remporté mardi la primaire démocrate dans l’État du Maine et devient le candidat de son parti pour les élections sénatoriales américaines. Il affrontera la sénatrice républicaine de longue date Susan Collins lors du scrutin de novembre — une course qui sera l’une de celles pouvant décider du contrôle républicain sur le Sénat.
Les révélations qui ont accompagné sa campagne sont pour le moins saisissantes. Il a été établi que Platner portait tatoué sur le corps le symbole du « Totenkopf » — la tête de mort associée aux unités SS nazies. Le candidat a affirmé l’avoir fait dans sa jeunesse sans en avoir mesuré la charge historique, qu’il l’a ensuite fait couvrir et qu’il s’en est excusé publiquement. En parallèle, une autre polémique l’a rattrapé : d’anciens posts publiés en 2014 sur Reddit dans lesquels il saluait une attaque du Hamas contre une unité de Tsahal près du kibboutz Nahal Oz durant l’opération « Falaise protectrice ». Dans l’un d’eux, il décrivait l’opération comme « un raid réussi, bien mené par une petite unité ». Il a également qualifié la guerre à Gaza de « génocide » pendant sa campagne.
Malgré ces révélations et le tollé qu’elles ont suscité, Platner a réussi à mobiliser une large partie de l’aile progressiste du Parti démocrate. Il a annoncé sa victoire sur les réseaux sociaux en déclarant être « humble et fier » d’être le candidat officiel du parti, et s’est engagé à affronter « la classe milliardaire » que représente selon lui Collins.
L’équation politique est claire : le Maine est un État où les primaires démocrates sont dominées par l’aile gauche du parti, et le ressentiment populaire envers l’establishment républicain est suffisamment fort pour emporter une candidature malgré un profil aussi controversé. Collins, sénatrice desde des décennies et figure modérée du Parti républicain, représente pourtant un adversaire redoutable pour novembre.
Pour approfondir :
- La Porte-parole de La France insoumise : « Le Hamas n’est pas une organisation terroriste mais un mouvement de résistance »
- Une députée israélienne refuse d’appeler le Hamas « une organisation terroriste »






