EXCLUSIF : Goffman contre Barnea — le dossier de responsabilité du Mossad dans le fiasco du 7 octobre est rouvert

Selon une révélation exclusive publiée ce lundi par Ben Caspit, analyste senior de Maariv, le nouveau directeur du Mossad Roman Goffman a décidé de ne pas accepter les deux enquêtes internes réalisées par son prédécesseur Dadi Barnea sur la part de responsabilité du Mossad dans le fiasco du 7 octobre. Goffman a demandé l’ouverture d’une enquête supplémentaire et indépendante. Le dossier que Barnea avait clos est donc officiellement rouvert.

La décision est lourde de sens. Barnea, qui dirigeait le Mossad le 7 octobre 2023, avait commandé et supervisé lui-même deux rapports d’enquête interne sur le rôle — et les manquements éventuels — de l’organisation dans la catastrophe. À ses yeux, ces deux tachkirim constituaient le bilan institutionnel du fiasco, un bilan certes douloureux mais suffisant pour tourner la page et avancer. Goffman, lui, n’est pas de cet avis.

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Une remise en cause institutionnelle sans précédent

Refuser les conclusions d’un prédécesseur n’est pas un geste anodin au Mossad. L’organisation est régie par une culture du secret absolu et de la continuité institutionnelle. Les rapports d’enquête interne y ont une valeur quasi-sacrée : ils sont produits en chambre close, par des cadres de l’organisation eux-mêmes, et ne font l’objet d’aucune publicité. Qu’un nouveau directeur les rejette et exige une nouvelle lecture indépendante, c’est implicitement formuler un doute sur l’impartialité ou la profondeur du travail accompli par la direction précédente.

Le fait que Goffman ait déjà, en quelques semaines à peine à la tête du Mossad, réuni autour de lui cinq conseillers extérieurs n’ayant jamais servi dans l’organisation — et les fasse circuler librement dans les couloirs du quartier général, assister à des discussions stratégiques, ausculter les services et les divisions — éclaire cet épisode d’un jour nouveau. L’homme qui a pris les rênes du renseignement extérieur israélien ne fait pas confiance à l’appareil seul pour se juger lui-même. Il veut des yeux extérieurs, des regards neufs, des conclusions que personne à l’intérieur ne pourra soupçonner d’avoir été orientées pour protéger quiconque.

La question qui hante : qui savait quoi, et quand ?

Le 7 octobre 2023 reste la plus grande catastrophe sécuritaire de l’histoire d’Israël. Plusieurs enquêtes menées dans les mois qui ont suivi — par Tsahal, le Shin Bet, et diverses commissions — ont déjà mis en lumière des défaillances majeures dans le partage d’information et l’évaluation du renseignement. La question de la responsabilité du Mossad dans l’ensemble de ce tableau est particulièrement sensible, car l’organisation n’était pas le service directement chargé du dossier HamasGaza — ce rôle appartenait au Shin Bet. Mais le Mossad disposait de renseignements sur les activités de préparation du Hamas à l’étranger, sur les financements et les contacts régionaux, et ses évaluations stratégiques ont pesé dans les choix politiques des mois précédant l’attaque.

C’est précisément sur cette frontière — ce que le Mossad savait, ce qu’il a transmis, et ce qu’il n’a pas vu ou pas dit — que la nouvelle enquête demandée par Goffman est censée se pencher avec une rigueur que les deux tachkirim de Barnea n’auraient, selon lui, pas atteinte.

La décision de Goffman s’inscrit dans une logique cohérente avec l’ensemble de sa démarche depuis sa prise de fonction : tout remettre à plat, rien ne pas considérer comme acquis, et refuser que l’organisation juge seule son propre passé. Pour les cadres et les anciens qui ont travaillé sous Barnea, cette réouverture est une forme d’accusation implicite. Pour les familles des victimes du 7 octobre et pour une opinion israélienne qui attend encore qu’une vérité pleine et entière soit établie sur ce qui s’est passé, elle est, peut-être, une promesse.

Pour approfondir le contexte de la responsabilité du Mossad dans le fiasco du 7 octobre : 👉 Le Mossad avant le 7 octobre : l’erreur d’évaluation qui coûte cher

👉 La moitié d’Israël parle des enregistrements d’Aharon Haliva du 7 octobre — une phrase a scellé notre destin

 

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