Le chef du Shin Bet, David Zini, a averti lors de rĂ©unions Ă huis clos que le 7 octobre prochain reprĂ©sentait une date cruciale pour Eilat. Selon plusieurs sources sĂ©curitaires qui se sont confiĂ©es Ă Haaretz, Zini a ordonnĂ© aux hauts responsables de l’organisation de concentrer leur attention sur l’Ă©ventualitĂ© d’une attaque contre la ville. Il a identifiĂ© Eilat comme une zone de vulnĂ©rabilitĂ© particulière, principalement en raison de son isolement gĂ©ographique — une ville enclavĂ©e au bout du pays, coincĂ©e entre le dĂ©sert du NĂ©guev, la frontière jordanienne et le golfe.
Lors de discussions internes et dans des rĂ©unions Ă©largies, Zini a mis en garde contre un scĂ©nario d’invasion terrestre de la ville depuis ses frontières — en particulier depuis la frontière jordanienne — et n’a pas exclu un volet maritime depuis les eaux du golfe d’Eilat. Il a orientĂ© les efforts de renseignement de l’organisation vers ce scĂ©nario spĂ©cifique et a ordonnĂ© un renforcement des capacitĂ©s d’observation et de collecte d’informations dans la rĂ©gion.
Un scepticisme qui divise les services
La mise en garde du chef du Shin Bet n’est pourtant pas unanimement partagĂ©e au sein des services de sĂ©curitĂ© israĂ©liens. Selon les sources de Haaretz, des membres des services doutent de la proportionnalitĂ© de l’inquiĂ©tude exprimĂ©e par Zini, ainsi que de l’existence mĂŞme de renseignements concrets allant dans le sens d’une attaque planifiĂ©e contre Eilat. L’organisation elle-mĂŞme est dĂ©crite comme sceptique quant Ă l’importance accordĂ©e Ă ce scĂ©nario par son patron.
Ce qui alimente nĂ©anmoins la vigilance de Zini au-delĂ du seul isolement gĂ©ographique : la prĂ©sence de citoyens arabes israĂ©liens dans la ville, qu’il a qualifiĂ©e d’ »inquiĂ©tante » lors de ces rĂ©unions. Cette mention a Ă©tĂ© notĂ©e — et contestĂ©e par certains interlocuteurs sĂ©curitaires, qui ne partagent pas cette lecture de la situation.
Le souvenir du 7 octobre comme prisme permanent
La rĂ©fĂ©rence explicite au 7 octobre n’est pas fortuite. Elle reflète une Ă©volution profonde dans la façon dont les chefs des services de sĂ©curitĂ© israĂ©liens apprĂ©hendent dĂ©sormais les menaces : plus aucun scĂ©nario jugĂ© improbable ne peut ĂŞtre Ă©cartĂ© d’un revers de main, plus aucune ville ne peut ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme structurellement Ă l’abri d’une attaque terrestre coordonnĂ©e. L’attaque du Hamas depuis Gaza avait exploitĂ© prĂ©cisĂ©ment les angles morts de la perception sĂ©curitaire — la conviction que l’ennemi Ă©tait dissuadĂ©, que certaines zones Ă©taient trop loin du danger, que les signaux d’alerte Ă©taient du bruit plutĂ´t que du signal.
Eilat concentre plusieurs des facteurs qui avaient rendu le kibboutzim du NĂ©guev occidental vulnĂ©rables en octobre 2023 : distance par rapport aux grands centres de dĂ©cision et de rĂ©ponse, population civile exposĂ©e, frontières multiples et de nature diffĂ©rente. La ville avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© la cible de tirs de drones houthis depuis le YĂ©men, tirĂ©s via l’espace aĂ©rien jordanien, et sa dĂ©fense anti-aĂ©rienne avait montrĂ© des limites face aux trajectoires rasantes Ă basse altitude.
Pour Zini, l’enjeu n’est pas de provoquer la panique mais d’Ă©viter que l’histoire se rĂ©pète — de ne pas ĂŞtre celui qui aura fermĂ© les yeux sur une menace que personne d’autre ne voyait encore.
Pour comprendre la vulnĂ©rabilitĂ© d’Eilat face aux menaces rĂ©gionales : 👉 Eilat frappĂ©e par un drone houthi : un ex-gĂ©nĂ©ral de l’armĂ©e de l’air dĂ©nonce « un Ă©chec de la dĂ©fense aĂ©rienne »
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