Les États-Unis frappent à nouveau l’Iran — Téhéran riposte vers Bahreïn et le Koweït

Les échanges de coups entre les États-Unis et l’Iran se sont encore intensifiés dans la nuit du 27 au 28 juin, transformant le détroit d’Ormuz en théâtre d’une confrontation militaire sans précédent depuis des décennies. Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir conduit dans la nuit une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires iraniennes, en réponse directe à une attaque de drone iranien contre un pétrolier commercial.

À l’origine de l’escalade de cette nuit : un drone kamikaze iranien qui a touché le pétrolier M/T Kiku, un navire battant pavillon panaméen qui transitait dans les eaux du détroit d’Ormuz avec à son bord plus de deux millions de barils de brut. Cette frappe a constitué, selon Washington, une violation de la trêve en vigueur et a déclenché la riposte américaine.

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Le CENTCOM a précisé que les frappes, conduites le 27 juin sur instruction du président, ont ciblé dix installations militaires iraniennes à plusieurs emplacements dans et autour du détroit d’Ormuz. Les objectifs visés comprenaient des infrastructures militaires clés : systèmes de surveillance et de communication, défenses aériennes, entrepôts de drones, missiles de croisière, radars de guidage, capacités de pose de mines et missiles sol-air. Selon un responsable américain s’exprimant pour la chaîne Fox News, les forces de Bahreïn et des États-Unis ont intercepté conjointement neuf drones suicides iraniens lors de la contre-attaque, sans faire de victimes ni enregistrer de dommages matériels du côté américain.

Téhéran contre-attaque au Bahreïn et au Koweït

L’Iran n’a pas tardé à répliquer. Des missiles et des drones iraniens ont été tirés en direction de cibles américaines au Koweït et au Bahreïn. Des sirènes d’alerte ont retenti à Bahreïn vers 7h du matin, heure israélienne. Les systèmes de défense antiaérienne koweïtiens ont été activés pour intercepter et neutraliser ce que les autorités ont qualifié d’attaque hostile par missiles et drones.

Les Gardiens de la révolution ont revendiqué ces attaques. Leur message transmis par une agence de presse se voulait sans ambiguïté : tout navire violant la souveraineté iranienne sera traité avec une force encore plus grande, et toute agression ennemie recevra une réponse écrasante.

Téhéran a pour sa part affirmé que les frappes américaines visaient plusieurs installations de surveillance et de suivi situées sur la côte méridionale de l’Iran, et les a qualifiées de violation d’un accord provisoire censé mettre fin aux hostilités entre les deux pays. Le ministère iranien des Affaires étrangères a publié une déclaration cinglante affirmant que le non-respect des engagements est une constante de la politique américaine.

Un haut responsable américain du secteur de la défense a apporté une explication au retour des frappes sur des sites déjà frappés : depuis la fin de la grande vague de bombardements américains début avril, l’Iran a entrepris de reconstituer ses capacités militaires dans la zone du détroit. Des sites comme l’île de Qeshm et Sirik — déjà ciblés lors de rounds précédents — ont fait l’objet d’une reconstruction active des systèmes de défense aérienne et des arsenaux de missiles, ce qui a rendu nécessaire de les frapper à nouveau.

Trump hausse le ton

Sur son réseau social, le président Donald Trump a confirmé les frappes après leur exécution, les décrivant comme une réponse à la violation iranienne du cessez-le-feu. Il a indiqué que les avions de l’US Air Force avaient pris pour cible des dépôts de missiles et de drones iraniens ainsi que des sites radar le long du littoral. Avant les frappes, un journaliste l’avait interrogé sur la réaction américaine attendue, et Trump avait répondu laconiquement : « Vous verrez. »

Sa déclaration la plus frappante est venue a posteriori : Trump a averti que les États-Unis pourraient être contraints d’« achever par des moyens militaires la mission commencée », avant d’ajouter une formule menaçante et inédite — que la République islamique d’Iran « ne continuera tout simplement pas à exister » si la situation venait encore à s’aggraver.

Malgré l’intensité des échanges, la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz se poursuivait normalement selon les mêmes sources. L’armée américaine a indiqué que ses forces dans la région restaient en état d’alerte maximale : « en alerte, létales, et prêtes à agir à tout moment ».

Cette nouvelle escalade intervient dans un contexte de guerre active entre les deux pays qui remonte à la fin février, avec des va-et-vient d’attaques et de représailles. La reconstitution accélérée des capacités militaires iraniennes depuis le début du mois d’avril a visiblement convaincu Washington qu’une posture strictement défensive ne suffit pas à stopper Téhéran.

Notre couverture du conflit Iran–États-Unis à retrouver sur notre site : Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien accuse : l’OTAN a participé aux frappes israéliennes et américaines contre l’Iran

Sur les tensions antérieures dans la région : Vers une frappe américaine contre l’Iran ? Des dizaines d’avions ravitailleurs US déployés au Qatar

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