Un incident aussi bref qu’embarrassant est venu perturber le dĂ©roulĂ© protocolaire du sommet des dirigeants de l’OTAN organisĂ© cette semaine Ă Ankara. Le prĂ©sident français Emmanuel Macron s’est retrouvĂ© au cĹ“ur d’une sĂ©quence virale après une tentative de baisemain envers Emine Erdogan, l’Ă©pouse du prĂ©sident turc, qui n’a manifestement pas Ă©tĂ© du goĂ»t de cette dernière.
La scène s’est jouĂ©e en quelques secondes, mais elle a suffi Ă capter l’attention de la presse internationale et des rĂ©seaux sociaux. Le geste français s’est heurtĂ© Ă un mur froid : Emine Erdogan a retirĂ© sa main d’un mouvement sec et dĂ©terminĂ©, laissant le prĂ©sident français suspendu en l’air, visiblement dĂ©contenancĂ©, dans une scène devenue en quelques heures le moment le plus commentĂ© du sommet.
Erdogan reprend la main — littéralement
L’Ă©pisode ne s’est pas arrĂŞtĂ© lĂ . ImmĂ©diatement après, les images officielles ont montrĂ© le prĂ©sident turc Recep Tayyip Erdogan saisir fermement la main de Macron. Rien Ă voir avec une poignĂ©e de main chaleureuse et diplomatique entre deux chefs d’État : le geste ressemblait davantage Ă une dĂ©monstration d’autoritĂ© de la part d’un hĂ´te soucieux de remettre de l’ordre, de fixer des limites et de rappeler Ă son invitĂ© qui recevait qui.
Macron, apparu pour l’occasion avec des lunettes de soleil de pilote, a semblĂ© confondre un sommet international sensible — qui exige respect mutuel et sens des nuances — avec une tournĂ©e Ă©lectorale dĂ©contractĂ©e en province française.
Un habitué des gestes qui font parler
Cet incident vient s’ajouter Ă une liste dĂ©jĂ longue d’Ă©pisodes oĂą le prĂ©sident français a manifestĂ© une lecture approximative des codes culturels et diplomatiques lors de rencontres internationales. Connu pour son goĂ»t des gestes théâtraux, du contact physique prolongĂ© et des tentatives de proximitĂ© parfois perçues comme forcĂ©es, le chef de l’État français a dĂ©couvert Ă Ankara que les codes de respect et de distance ne relèvent pas de la simple recommandation en Turquie.
Si l’on peut s’attendre Ă ce que l’ÉlysĂ©e tente de minimiser l’incident et de le qualifier d’interprĂ©tation exagĂ©rĂ©e, la rĂ©alitĂ© filmĂ©e, elle, parle d’elle-mĂŞme. La sĂ©quence intervient dans un contexte particulièrement chargĂ© pour ce sommet de l’OTAN, marquĂ© Ă©galement par les propos très commentĂ©s de Donald Trump sur l’avenir du mĂ©morandum avec l’Iran, et par les tensions persistantes entre IsraĂ«l et la Turquie sur fond de vente de F-35 Ă Ankara — un dossier sur lequel Benjamin Netanyahou avait dĂ©jĂ eu l’occasion de rĂ©pondre sèchement Ă Erdogan par le passĂ©.
Ce sommet, censĂ© afficher la cohĂ©sion de l’Alliance atlantique face aux crises multiples du moment — de l’Iran Ă l’Ukraine — restera donc aussi, pour beaucoup, associĂ© Ă cette poignĂ©e de main manquĂ©e entre deux puissances qui ne partagent pas toujours la mĂŞme vision du monde ni, visiblement, les mĂŞmes codes de courtoisie.






