À la veille des élections à la Knesset, un nouveau rapport du Centre Adva dresse un tableau préoccupant de la société israélienne et met en garde contre une crise citoyenne persistante. Selon le rapport intitulé « État des lieux social 2026 », la politique gouvernementale menée ces dernières années a affaibli les services publics et creusé les écarts sociaux et économiques — une tendance qui s’est aggravée sous l’effet de la pandémie de coronavirus, des crises politiques successives et de la guerre.
L’une des données centrales du rapport concerne l’ampleur de l’investissement civil en Israël. Selon l’étude, la dépense civile par habitant en Israël était, en 2024, inférieure d’environ un tiers à la moyenne des pays de l’OCDE. Le Centre Adva affirme que ce manque de ressources s’est fait sentir tout particulièrement dans la prise en charge des centaines de milliers de citoyens touchés par la guerre, parmi lesquels environ 143 000 personnes déplacées du sud et du nord du pays.
Des écarts économiques marqués
Le rapport pointe également un approfondissement des inégalités en Israël. En 2023, le revenu brut moyen du décile supérieur atteignait 85 218 shekels, soit 13,6 fois le revenu du décile inférieur. Le document révèle en outre que 82% des revenus du capital sont concentrés entre les mains du seul décile supérieur.
Selon les autrices du rapport, les fruits de la croissance ne se sont pas répartis équitablement, et le salaire réel a progressé à un rythme plus lent que le produit intérieur brut par habitant. Dans le même temps, la classe moyenne israélienne s’est réduite et ne représente aujourd’hui plus que 54,4% des foyers, contre une moyenne de 62% dans les pays de l’OCDE.
Le travail ne garantit plus la sortie de la pauvreté
Autre donnée mise en avant par le rapport : en 2024, environ 22,1% des familles disposant d’un seul soutien de famille vivaient sous le seuil de pauvreté. Par ailleurs, près d’un quart des salariés à temps plein en Israël perçoivent un salaire faible.
Le Centre Adva avertit que l’emploi, à lui seul, ne suffit plus à garantir un niveau de vie stable, compte tenu du coût de la vie élevé et des prix pratiqués en Israël.
Santé, éducation et logement sous pression
Le rapport souligne un manque important dans les services publics : dans le domaine de la santé mentale, il manque des centaines de psychiatres et des milliers de psychologues scolaires, tandis que le taux de financement de ce secteur reste inférieur aux recommandations professionnelles.
Le document affirme par ailleurs que le panier de soins de santé s’est érodé de dizaines de milliards de shekels par rapport aux besoins réels, et que dans le domaine de la petite enfance, moins d’un tiers des tout-petits sont accueillis dans des structures encadrées. Sur le plan du logement, le rapport met en évidence de profondes disparités : dans le décile inférieur, plus de la moitié des foyers ne possèdent pas de logement et consacrent une part importante de leurs revenus au loyer.
Le Centre Adva appelle le prochain gouvernement à placer la reconstruction civile au centre de ses priorités, en augmentant l’investissement dans les services publics, en renforçant la périphérie et en modifiant la politique fiscale afin de réduire la concentration du capital et des actifs.
Selon les autrices du rapport, les prochaines élections ne porteront pas uniquement sur les questions sécuritaires, mais aussi sur la question de ce à quoi ressemblera la société israélienne dans les années à venir.
Sur ces enjeux de fond qui traversent la société israélienne, notre rédaction vous invite à consulter notre article sur les avantages et allocations pour les retraités israéliens, ainsi que l’ensemble de notre couverture sur Infos-Israel.News.






