Les États-Unis ont annoncé à 6 heures du matin avoir mis fin à leur vague de frappes contre l’Iran, mais les Iraniens poursuivent leurs tirs de missiles et de drones. Un peu avant 9 heures, des sirènes ont retenti à Bahreïn pour la troisième fois de la nuit, après que les forces iraniennes eurent également visé le Koweït, Oman et la Jordanie plus tôt dans la nuit.
Selon les Iraniens, la « première phase » de leur riposte a frappé la base aérienne Amir Hassan en Jordanie, où les Jordaniens affirment avoir intercepté quatre missiles. Toujours d’après Téhéran, les « phases suivantes » ont visé la base Cheikh Issa à Bahreïn, les bases Ali Al-Salem et Ahmad Al-Jaber au Koweït, ainsi qu’une base de missiles sol-sol de l’armée américaine dans le Golfe, où deux lanceurs HIMARS et des dépôts de missiles auraient été détruits, en plus de systèmes radar situés à Oman. Tout cela avant même les nouvelles sirènes entendues à Bahreïn.
L’Iran a répliqué sur plusieurs fronts
Ces échanges de tirs ont fait bondir de nouveau le prix du pétrole : le baril de Brent s’échange désormais autour de 79 dollars, en hausse de 4 %. Dans le même temps, les Bourses asiatiques ont plongé, celle de Séoul en Corée du Sud chutant de plus de 5 %.
Ce matin, la société Soar Atlas a publié des images satellite montrant les dégâts subis par des bases américaines dans le Golfe. Sur des clichés pris la veille et analysés par l’entreprise, on distingue un entrepôt endommagé dans la base de la Cinquième flotte de la marine américaine à Bahreïn, ainsi qu’un impact à proximité de bâtiments militaires américains sur la base aérienne stratégique d’Al-Udeid, au Qatar. Un autre document montre un hangar de l’armée américaine touché sur cette même base qatarie.
Le déclenchement de cette quatrième vague de frappes américaines en moins d’une semaine avait été annoncé par le commandement central de l’armée américaine (CENTCOM), qui a visé des cibles à travers l’Iran en raison de restrictions à la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Selon le CENTCOM, le président Donald Trump avait ordonné ces frappes pour « punir » les forces iraniennes d’avoir entravé cette liberté de navigation.
Explosions signalées à Bandar Abbas et dans le Khouzistan
Un porte-parole du CENTCOM a indiqué à CNN que, dans l’heure précédant cette nouvelle vague de frappes, les Gardiens de la révolution avaient de nouveau tiré sur un navire marchand traversant le détroit d’Ormuz. Il a précisé qu’un avion militaire américain était parvenu à abattre un missile de croisière iranien ainsi qu’un drone d’attaque.
En Iran, des explosions ont été signalées cette nuit notamment dans la ville portuaire de Bandar Abbas, proche du détroit. Une source iranienne a indiqué à l’agence de presse Mehr qu’une « grande ville » de la province du Khouzistan, dans le sud du pays, avait été visée. Le gouverneur adjoint de la province a affirmé que « l’ennemi américain » avait frappé deux zones proches de la ville d’Ahvaz, connue pour son industrie pétrolière. Des explosions ont également été rapportées dans la province de Bouchehr.
Vers 6 heures du matin (heure israélienne), le CENTCOM a annoncé avoir achevé sa vague de frappes sur l’Iran, au cours de laquelle « des dizaines de cibles ont été touchées avec des munitions de précision, dans le but de réduire la capacité de l’Iran à menacer le détroit d’Ormuz ». Toujours selon le CENTCOM, les systèmes de défense aérienne iraniens ont été visés, de même que des radars côtiers, des sites de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations. « Le détroit d’Ormuz est un corridor maritime essentiel pour le commerce mondial. L’Iran n’en a pas le contrôle », a précisé le communiqué.
Un responsable israélien a indiqué que Jérusalem suit « avec assiduité » les échanges de coups entre Washington et Téhéran, tout en soulignant qu’Israël n’est pas, à ce stade, directement impliqué dans l’affrontement. « Pour l’instant, nous sommes en dehors, mais cela peut changer », a-t-il expliqué. À Jérusalem, on estime qu’à ce stade l’Iran ne souhaite pas attaquer Israël, conscient qu’un tel geste risquerait de faire remonter d’un cran l’intensité des combats face à lui et de faire perdre tout contrôle sur la spirale d’escalade.
Selon ce responsable israélien, si l’Iran venait malgré tout à viser des cibles ou des citoyens israéliens, la donne pourrait changer très rapidement. Il a précisé que Jérusalem n’entrerait dans la confrontation que si Washington le demandait, ou si l’Iran choisissait lui-même d’y entraîner Israël par une attaque directe.
Sur ce sujet, notre rédaction avait déjà évoqué le démenti du CENTCOM face aux annonces iraniennes de pertes américaines, ainsi que la frappe iranienne ayant visé un avion AWACS américain en Arabie saoudite.






