Voyager vers l’Europe ne sera plus tout à fait la même formalité pour les Israéliens. Un nouveau système de contrôle numérique aux frontières, actuellement en cours de déploiement dans les aéroports du continent, provoque des embouteillages massifs et des retards qui commencent sérieusement à agacer les voyageurs comme les compagnies aériennes.
Il s’agit du système Entry Exit System, conçu pour enregistrer les données biométriques de chaque citoyen non-résident de l’Union européenne. Concrètement, tout voyageur israélien entrant dans l’espace Schengen, qui regroupe 29 pays, doit désormais faire enregistrer ses empreintes digitales et une photo de son visage. Ces données sont ensuite vérifiées à nouveau au moment de la sortie du territoire. Une procédure supplémentaire qui, sur le papier, semble anodine, mais qui se traduit dans les faits par des files d’attente à rallonge.
Dans plusieurs aéroports européens de premier plan, comme celui de Rome ou celui de Faro au Portugal, les témoignages de voyageurs bloqués pendant des heures aux contrôles de passeports se multiplient. Certains ont même manqué leur vol de correspondance à cause de ces délais. Si les autorités de l’Union européenne assurent que les perturbations restent limitées, la réalité sur le terrain racontée par les responsables aéroportuaires eux-mêmes dit tout autre chose.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Ivan Bassato, un responsable de l’aéroport Fiumicino de Rome, a reconnu que malgré des investissements de plusieurs millions d’euros dans des bornes de contrôle automatisées, le processus reste laborieux. Selon lui, le temps de contrôle moyen pour les citoyens non-européens est passé de sept minutes à vingt minutes. Un bond qu’il qualifie lui-même d’urgent à corriger : « Nous devons corriger de toute urgence certains aspects du système. »
Même son de cloche du côté du Portugal. Pedro Oliveira, commandant du contrôle aux frontières à l’aéroport de Faro, a admis que le système souffre de bugs techniques. Il a précisé que ce qui prenait auparavant dix minutes peut désormais dépasser les trente minutes d’attente. La compagnie Ryanair, de son côté, n’a pas mâché ses mots en qualifiant le lancement du système d’échec pur et simple, recommandant à ses passagers d’arriver nettement plus tôt à l’aéroport.
Un déploiement progressif, des ratés en série
Le système EES est entré dans ses phases de mise en œuvre graduelle depuis octobre 2025. Son objectif est de renforcer le contrôle des entrées et sorties de l’espace Schengen. Mais son application se heurte à des difficultés technologiques et organisationnelles qui compliquent, pour l’instant, la vie de tous les voyageurs non-européens, Israéliens compris.
La dépendance croissante envers des systèmes informatiques centralisés au niveau européen crée un effet domino inquiétant : une panne localisée en un seul point peut paralyser la circulation des passagers dans plusieurs aéroports simultanément. Malgré les pressions exercées par certains acteurs du secteur aérien pour suspendre temporairement le système durant les périodes de forte affluence, la Commission européenne maintient le cap et continue de promouvoir le déploiement du dispositif, tout en promettant un soutien technique renforcé aux États membres.
Pour les voyageurs israéliens qui prévoient un séjour en Europe, le message est clair : mieux vaut anticiper. Les temps d’attente aux frontières risquent de s’allonger dans les prochains mois, le temps que le système EES trouve sa vitesse de croisière. Il est également recommandé de suivre de près les communications des compagnies aériennes avant de partir de l’aéroport Ben Gourion, certaines ayant déjà adapté leurs recommandations en conséquence, à l’image de Ryanair.
En attendant que les correctifs techniques promis par les responsables aéroportuaires portent leurs fruits, la prudence reste de mise pour quiconque prévoit de franchir les frontières de l’espace Schengen dans les semaines à venir.
Sur le même sujet, retrouvez également nos articles sur le retour d’Air France sur la ligne Paris-Tel Aviv et sur le nouveau couloir VIP lancé par Air France à Paris-Charles de Gaulle.






