Le gouvernement britannique a haussĂ© le ton face Ă l’Iran. Dans une dĂ©claration transmise ce jeudi, une porte-parole de l’exĂ©cutif a affirmĂ© que « nos forces armĂ©es sont prĂŞtes Ă dĂ©fendre le Royaume-Uni contre tout type d’attaque » et que « le Royaume-Uni est prĂŞt vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, Ă se dĂ©fendre, en coopĂ©ration Ă©troite avec nos alliĂ©s de l’OTAN ». Une rĂ©ponse ferme, venue clore — provisoirement — un Ă©change de menaces entre Londres et TĂ©hĂ©ran autour d’une base aĂ©rienne du Gloucestershire devenue, malgrĂ© elle, l’un des points chauds de la confrontation entre les deux pays.
Tout est parti d’un communiquĂ© diffusĂ© plus tĂ´t dans la journĂ©e par le Corps des Gardiens de la rĂ©volution islamique (CGRI), qui a averti Londres que l’armĂ©e amĂ©ricaine avait utilisĂ©, la veille, des bombardiers stationnĂ©s sur la base aĂ©rienne royale de Fairford, au Royaume-Uni, pour mener ses frappes contre l’Iran. Les Gardiens de la rĂ©volution ont ajoutĂ©, dans la foulĂ©e, que toute base servant Ă lancer des attaques contre le territoire iranien constituait dĂ©sormais une cible lĂ©gitime pour leurs forces — une formule qui vise sans ambiguĂŻtĂ© RAF Fairford, dans le Gloucestershire, oĂą l’aviation amĂ©ricaine a dĂ©ployĂ© depuis plusieurs mois ses bombardiers lourds.
RAF Fairford, une base sous les projecteurs
La presse britannique, qui a suivi de près cet Ă©pisode, a prĂ©cisĂ© qu’un bombardier B-1, capable d’emporter deux douzaines de bombes de 900 kilos, avait dĂ©collĂ© de RAF Fairford mardi dans le cadre des opĂ©rations amĂ©ricaines contre l’Iran. InterrogĂ© sur cette utilisation de son territoire, le gouvernement britannique a rĂ©pondu que, pour des raisons de sĂ©curitĂ© opĂ©rationnelle, il ne commentait pas les opĂ©rations militaires d’une nation Ă©trangère.
Le Corps des Gardiens de la rĂ©volution avait accompagnĂ© son avertissement d’une explication : l’armĂ©e amĂ©ricaine, qui utilisait jusque-lĂ des missiles de croisière tirĂ©s depuis ses navires en ocĂ©an Indien, se serait tournĂ©e vers les bombardiers B-1 dĂ©collant de la base de Fairford une fois les stocks de missiles embarquĂ©s Ă©puisĂ©s. RAF Fairford n’est d’ailleurs pas un nouvel acteur de ce conflit : le Premier ministre Keir Starmer avait annoncĂ© dĂ©but mars avoir autorisĂ© les États-Unis Ă utiliser des bases britanniques pour mener des frappes qu’il qualifiait de « dĂ©fensives », destinĂ©es Ă dĂ©truire des missiles iraniens et leurs rampes de lancement, tout en prĂ©cisant que le Royaume-Uni ne participerait pas Ă une action offensive contre l’Iran.
Cette autorisation, limitĂ©e sur le papier Ă un usage dĂ©fensif, a nĂ©anmoins placĂ© le Royaume-Uni au cĹ“ur d’un conflit qu’il avait initialement cherchĂ© Ă tenir Ă distance. La ligne s’est encore brouillĂ©e avec l’apparition, ces derniers jours, de bombardiers plus offensifs sur le tarmac de Fairford, alimentant les accusations de TĂ©hĂ©ran selon lesquelles la base servirait dĂ©sormais bien au-delĂ d’un simple rĂ´le dĂ©fensif.
Une déclaration britannique sans ambiguïté
Face Ă cette pression, la rĂ©ponse du gouvernement britannique n’a laissĂ© planer aucun doute sur sa dĂ©termination. En insistant sur la prĂ©paration permanente de ses forces armĂ©es et sur la soliditĂ© de son alliance avec l’OTAN, Londres a voulu envoyer un signal de fermetĂ© Ă TĂ©hĂ©ran, sans toutefois s’aventurer sur le terrain de la provocation verbale.
Du cĂ´tĂ© iranien, le ton n’Ă©tait pas nouveau. L’ambassadeur iranien Ă Londres, Seyed Ali Mousavi, avait dĂ©jĂ indiquĂ© que TĂ©hĂ©ran « envisageait » de considĂ©rer les bases britanniques comme des cibles lĂ©gitimes dans le cadre du conflit, qualifiant la situation de « très regrettable » tout en saluant la position initiale de non-participation affichĂ©e par Keir Starmer. Cette nuance diplomatique n’a toutefois pas empĂŞchĂ© le CGRI de formuler, dans son communiquĂ© du jour, un avertissement nettement plus direct Ă l’Ă©gard du territoire britannique.
Le bras de fer entre Londres et TĂ©hĂ©ran s’inscrit dans un conflit rĂ©gional qui oppose depuis plusieurs mois l’Iran Ă IsraĂ«l et aux États-Unis, et qui a vu le Royaume-Uni glisser progressivement d’un rĂ´le de soutien logistique prudent Ă une implication plus visible, via l’ouverture de son espace aĂ©rien et de ses bases aux opĂ©rations amĂ©ricaines. Reste Ă savoir si la fermetĂ© affichĂ©e par Downing Street suffira Ă dissuader TĂ©hĂ©ran de mettre ses menaces Ă exĂ©cution, ou si Fairford restera, dans les prochaines semaines, un point de friction supplĂ©mentaire entre les deux capitales.
Note de la rĂ©daction : l’article publiĂ© par Ynet sur cet Ă©change de dĂ©clarations Ă©tant particulièrement bref, certains Ă©lĂ©ments de contexte (nature du bombardier engagĂ©, chronologie de l’usage de RAF Fairford, position exprimĂ©e par l’ambassadeur iranien Ă Londres) ont Ă©tĂ© complĂ©tĂ©s Ă partir de la couverture de mĂ©dias britanniques et internationaux ayant traitĂ© du mĂŞme Ă©vĂ©nement, conformĂ©ment Ă la procĂ©dure habituelle pour les dĂ©pĂŞches courtes.
Sur le mĂŞme sujet, Ă lire aussi sur infos-israel.news : notre article sur les menaces iraniennes visant les bases militaires amĂ©ricaines et israĂ©liennes, ainsi que notre analyse sur le dĂ©ploiement d’avions ravitailleurs amĂ©ricains au Qatar face aux menaces du CGRI.






