Dans la presse iranienne, on cĂ©lèbre l’arrĂŞt des frappes — et on se moque de Trump : « Les États-Unis reculent »

TĂ©hĂ©ran prĂ©sente ce lundi l’arrĂŞt des frappes comme une victoire iranienne et comme un aveu d’Ă©chec amĂ©ricain. La presse conservatrice, proche du rĂ©gime, tourne en dĂ©rision le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, affirmant que son administration n’a pas atteint ses objectifs et a Ă©tĂ© contrainte de reculer, tout en martelant un message parallèle : « il n’y a pas d’autre voie que le djihad et la rĂ©sistance ».

Le journal Kayhan : « Il n’y a pas d’autre voie que le djihad et la rĂ©sistance »

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Le quotidien Kayhan, identifiĂ© au courant conservateur iranien et considĂ©rĂ© comme le porte-voix du rĂ©gime, consacre sa une au message du dirigeant iranien Mojtaba Khamenei, adressĂ© en rĂ©ponse Ă  la lettre du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Hezbollah, NaĂŻm Qassem : « Il n’y a pas d’autre voie que le djihad et la rĂ©sistance ». Le sous-titre affirme que « la dĂ©fense par l’Iran des combattants du Liban est la politique de la RĂ©publique islamique », tout en soulignant que TĂ©hĂ©ran continuera de se tenir aux cĂ´tĂ©s du Hezbollah.

Le journal prĂ©sente par ailleurs l’arrĂŞt des frappes comme la preuve d’un Ă©chec amĂ©ricain, et publie ce qu’il appelle « la liste des lourds dommages subis par les États-Unis en quinze jours de combats ». Il y est affirmĂ© que plus d’un millier de centres de renseignement et de commandement amĂ©ricains ont Ă©tĂ© identifiĂ©s, et que l’Iran serait parvenu Ă  briser le blocus maritime en s’emparant d’une cargaison d’armes.

Le journal Mashregh : « Pourquoi l’AmĂ©rique recule-t-elle ? »

Le quotidien iranien Mashregh a choisi de tourner Trump en dĂ©rision au moyen d’une caricature en une, oĂą il apparaĂ®t portant un fusil et des cartouchières, mais tendant au lecteur ses dernières balles — symbole, selon le journal, du fait que les États-Unis seraient « Ă  court de munitions ».

Sous le titre « Pourquoi l’AmĂ©rique recule-t-elle ? », le journal affirme qu’après quinze jours de guerre contre l’Iran, l’administration Trump n’a eu d’autre choix que de reculer.

Aux cĂ´tĂ©s de la caricature, le journal Ă©numère huit raisons qui auraient, selon lui, conduit au recul amĂ©ricain : des pertes dans les rangs des forces amĂ©ricaines, des dommages aux infrastructures Ă©nergĂ©tiques, la hausse des prix du pĂ©trole, la crainte d’un Ă©largissement du conflit, et la supĂ©rioritĂ© renseignement et opĂ©rationnelle de l’Iran. En bas de page, il est soulignĂ© que « la première condition Ă  la fin de la guerre est l’arrĂŞt de l’agression contre le Liban », et que la dĂ©fense des combattants libanais fait partie de la politique stratĂ©gique de la RĂ©publique islamique.

Le journal Vatan Emrouz : « Le rapport de la victoire »

Le journal conservateur Vatan Emrouz poursuit sur la mĂŞme ligne belliqueuse. Sous le titre « Le rapport de la victoire », il donne une large tribune au porte-parole des Gardiens de la rĂ©volution, qui aurait dĂ©voilĂ© l’ampleur des dĂ©gâts causĂ©s par les rĂ©centes frappes de missiles iraniens contre des bases amĂ©ricaines dans la rĂ©gion. Le journal prĂ©sente cela comme la preuve que c’est l’Iran qui aurait imposĂ©, selon ses termes, l’arrĂŞt des frappes Ă  Washington.

Le journal Javan : « L’AmĂ©rique n’a pas atteint ses objectifs de guerre et n’a pas trouvĂ© de porte de sortie »

Le journal Javan affiche une ligne tout aussi offensive, affirmant que « l’AmĂ©rique n’a pas atteint ses objectifs de guerre et n’a pas trouvĂ© de porte de sortie ». Le journal met Ă©galement en garde contre le fait d’accorder une quelconque marge de manĹ“uvre aux États-Unis et souligne la nĂ©cessitĂ© d’achever le travail de tirer les leçons sĂ©curitaires de l’après-guerre.

Cette unanimité de façade dans la presse conservatrice iranienne, entre triomphalisme affiché et appels à poursuivre la ligne dure, illustre la manière dont Téhéran cherche à façonner le récit de ces quinze jours de confrontation directe avec Washington, quelles que soient les réalités du terrain.

Pour prolonger la lecture sur cette confrontation, retrouvez notre analyse sur la manière dont les bombardiers amĂ©ricains B-2 et B-1B ont dĂ©truit le programme balistique iranien en 48 heures, ainsi que notre enquĂŞte sur le rĂ©seau d’espionnage iranien dĂ©mantelĂ© en IsraĂ«l.