Le nettoyage de la crête stratégique, et la crainte d’une escalade iranienne pendant les fêtes : « Nous n’avons pas entendu parler d’une telle intention »

L’Iran a beau avoir averti que « toute attaque israélienne globale sur la crête d’Alei Taher entraînerait une réponse puissante », et le ministre de la Défense Israël Katz a beau avoir mis en garde lors de la conférence ynet que « Téhéran aime attaquer pendant les fêtes juives » — de hauts responsables israéliens affirment de leur côté n’avoir reçu aucun signal d’une intention iranienne de passer à l’action dans l’immédiat.

Selon des informations rapportées aujourd’hui par Reuters, l’Iran a transmis le mois dernier un message aux États-Unis selon lequel toute « attaque israélienne globale » sur la crête stratégique du sud du Liban — où des militaires iraniens auraient séjourné aux côtés de combattants du Hezbollah — susciterait une riposte iranienne. Ce soir, Tsahal a annoncé avoir pris le contrôle opérationnel de la crête, achevé son nettoyage et s’être organisé pour sa neutralisation, précisant qu’« une partie des terroristes ont été éliminés, une autre partie a fui ».

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Le message transmis depuis Téhéran reflète l’implication directe et continue de l’Iran dans le sud du Liban ainsi que son lien avec le Hezbollah. Il n’a toutefois été mentionné ni dans l’annonce de Tsahal sur l’achèvement du nettoyage des infrastructures souterraines d’Alei Taher, ni dans la vidéo publiée par le Premier ministre Benyamin Netanyahou à ce sujet. Selon un haut responsable israélien, le président américain Donald Trump hausse le ton concernant la possibilité d’une escalade, mais il s’agirait surtout d’une inquiétude générale. Plusieurs événements se sont toutefois accumulés ces derniers jours, créant un sentiment que « quelque chose se prépare ».

Hier, lors de la conférence « Heure de vérité : démocratie et société » organisée par ynet et Yedioth Ahronoth, le ministre de la Défense Israël Katz a déclaré que « plus la pression américaine sur l’Iran augmente et plus l’étau économique se resserre, plus il est probable qu’ils attaquent. Ils aiment attaquer pendant les fêtes juives parce qu’ils haïssent les Juifs ».

« La pression pourrait les pousser à des mesures de désespoir »

Aujourd’hui, lors d’une cérémonie au ministère de la Défense, Katz a ajouté qu’il existait « des signes indiquant que la lourde pression économique que subit l’Iran, ainsi que la crainte d’un soulèvement et de la chute du régime, pourraient les pousser à des mesures de désespoir ». Il a poursuivi en menaçant qu’une attaque iranienne contre Israël « nous libérerait de toute contrainte » et mènerait à frapper « toutes les infrastructures — y compris les infrastructures énergétiques ».

Une source proche du dossier a toutefois relativisé ces propos, estimant que « Katz veut rester pertinent et faire les gros titres ». Il a été précisé qu’il n’existait aucune préparation particulière au sein de Tsahal. Cela ne signifie pas qu’Israël ne se prépare pas à une éventuelle escalade — une préparation défensive constante existe, y compris pour différents scénarios d’attaque iranienne — mais aucune évaluation actuelle n’indique qu’un tel scénario est sur le point de se concrétiser. Au contraire, en Israël, on estime que l’Iran n’a pas réellement intérêt à entraîner le pays dans une confrontation directe. Trump lui non plus ne le souhaite pas, afin d’éviter que l’affrontement ne se transforme en conflit régional.

Lors d’une cérémonie au ministère de la Défense (la Kirya), Netanyahou a déclaré que le régime iranien « vacille, il est plus faible que jamais. Il se bat pour sa survie, et je suis convaincu de notre capacité à écarter cette menace une fois pour toutes — c’est-à-dire à faire tomber ce régime. C’est la mission centrale qui nous attend encore, mais elle est proche. Elle n’est pas impossible. Elle est à portée de main. Ils ne se contentent pas de ne pas nous attaquer : ils attaquent tout le monde, sauf nous. Ils connaissent notre puissance, notre portée et notre détermination. Je le dis à nos ennemis : ne vous frottez pas à nous. »

Parallèlement, le vice-président américain JD Vance a de nouveau accusé aujourd’hui l’Europe d’être responsable de la hausse des prix du carburant, affirmant que les prix sont élevés « parce que les Iraniens tirent sur des navires commerciaux », et dénonçant ce qu’il a qualifié de « dégénérescence ridicule » des alliés européens des États-Unis, incapables selon lui d’agir concrètement pour garantir l’approvisionnement régulier des marchés énergétiques mondiaux.

Malgré les échanges de tirs survenus cette semaine entre forces américaines et iraniennes, Vance a affirmé qu’il ne s’agissait pas, à ce stade, d’une guerre, précisant qu’aucun tir actif n’était en cours. Il a indiqué que Washington déployait de nombreux moyens de pression pour contraindre l’Iran à cesser ses tirs contre la navigation commerciale, tout en reconnaissant que Téhéran continuerait probablement à tenter de le faire. Selon lui, toutes les options restent sur la table — pression économique, militaire, diplomatique et clandestine — même si le président n’utilisera pas nécessairement l’ensemble de ces outils.

Le vice-président américain a par ailleurs rejeté les critiques selon lesquelles Washington en ferait trop peu face à l’Iran, rappelant que l’alternative coûterait bien plus cher — celle-là même que plusieurs pays du Golfe, ainsi que certains pays européens, avaient supplié les États-Unis d’éviter. Il a résumé le message américain à Téhéran en une phrase simple, inchangée depuis le début : l’Iran doit cesser de tirer sur la navigation commerciale. Quant à d’éventuelles négociations, Vance a été catégorique : les États-Unis ne parleront pas à l’Iran tant que les tirs contre les navires ne cesseront pas.