À Neve Tsuf, on accuse Tsahal de dissimuler une tentative d’attentat — et les résidents manifestent

Les habitants de Neve Tsuf sont convaincus qu’il s’agit d’un attentat, mais affirment que Tsahal l’ignore : jeudi dernier, A., un soldat en service régulier en permission, est parti avec T., sa petite amie, faire une balade en quad dans la zone de la localité de Neve Tsuf où ils résident tous les deux. Au cours de cette sortie, selon leur témoignage, un véhicule palestinien venant de la direction de la ville de Bir Zeit a surgi, a dévié vers eux et les a percutés sur le bas-côté de la route. Kipa

À Neve Tsuf, personne n’est resté indifférent face à cet incident. La veille, des dizaines d’habitants se sont rassemblés pour une manifestation de protestation, dans le but de briser ce qu’ils appellent « la tentative de dissimulation » autour de la tentative de meurtre contre deux jeunes de la localité. Les manifestants ont clairement indiqué qu’ils n’accepteraient pas l’étouffement des faits sur le terrain, et ont exigé des échelons militaires et policiers qu’ils reconnaissent l’incident comme un attentat nationaliste à part entière. Kipa

343245 מימין הטרקטורון שנפגע משמאל

Derrière cette scène de protestation locale se pose une question qui dépasse les frontières de Neve Tsuf. Quand des civils victimes d’un incident routier impliquant un véhicule palestinien réclament une classification « attentat », et que l’armée refuse ou hésite, le fossé de confiance entre les habitants de Judée-Samarie et les institutions se creuse. Ce n’est pas nouveau. Mais dans un contexte de guerre contre l’Iran, avec des sirènes qui retentissent jusque dans le centre du pays, cette tension de fond resurface avec une acuité particulière.

Il faut comprendre ce que signifie concrètement cette classification pour les habitants. « Attentat nationaliste » n’est pas simplement une étiquette juridique — c’est une reconnaissance, une protection administrative, une inscription dans la mémoire collective de l’État. Un accident de la route et une tentative de meurtre ne se traitent pas de la même manière, ni psychologiquement, ni institutionnellement. Pour les résidents de Neve Tsuf, l’enjeu est réel.

343245 הפוסט הזועם של האב

Du côté de l’armée, l’hésitation à classifier rapidement un incident comme attentat répond à une logique procédurale : l’enquête doit établir les faits avant que la qualification juridique ne soit arrêtée. Mais cette prudence institutionnelle, compréhensible en temps normal, est vécue comme de l’indifférence — voire de la complicité passive — par des communautés qui se sentent exposées en permanence.

Cette Pessah, à Neve Tsuf comme ailleurs en Judée-Samarie, les familles célébreront le seder dans des maisons où la question de la sécurité immédiate n’est jamais vraiment hors de vue. Un soldat blessé, une jeune femme hospitalisée, une communauté en colère qui manifeste. Pas un missile cette fois. Pas une sirène. Mais le même sentiment d’insécurité fondamentale que la guerre contre l’Iran a mis en lumière sans pour autant l’avoir créé.

 


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés

Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News

📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢

 

S1871ab49133f4530a788d53fb2392d37b