Ce samedi a marquĂ© une nouvelle escalade sur le front nord. Pour la première fois depuis un mois et demi, des roquettes ont Ă©tĂ© tirĂ©es depuis le Liban en direction de Safed — cinq au total, dont une interceptĂ©e, les autres tombĂ©es en terrain ouvert sans faire de victimes ni de dĂ©gâts signalĂ©s. Dans les minutes suivantes, des alertes ont retenti Ă Nahariya et dans ses environs, toujours en raison de tirs de roquettes. En milieu de journĂ©e, une cible aĂ©rienne suspecte s’est abattue dans une zone militaire Ă l’intĂ©rieur du territoire, sans blessĂ©s selon Tsahal. Et quelques heures plus tĂ´t, une frappe directe avait touchĂ© Kiryat Shmona.
Tsahal avait pourtant anticipĂ© la montĂ©e en tension : avant mĂŞme les premiers tirs sur Safed, le porte-parole de l’armĂ©e avait prĂ©venu que Tsahal « se prĂ©parait Ă la possibilitĂ© de tirs depuis le Liban en direction du nord ». Dans la foulĂ©e, le Commandement du front intĂ©rieur a durci ses consignes pour plusieurs localitĂ©s. Dès demain dimanche, aucun cours ne sera dispensĂ© dans huit localitĂ©s de la ligne de front : Meiron, Bar YochaĂŻ, Or HaGanouz, Sapsafa, Yesod HaMaala, Kasra-Smieh, Beit Jann et Sdeh Eliezer. Dans les villages de Haute GalilĂ©e, du nord du Golan, Ă Katzrin et Kadmat Tsvi, un rĂ©gime d’« activitĂ© partielle » entre en vigueur : travail et enseignement autorisĂ©s dans des bâtiments Ă©quipĂ©s d’abris, rassemblements limitĂ©s Ă 50 personnes en plein air et 200 en espace fermĂ©, plages fermĂ©es au public.
Tsahal surpris par la reprise des roquettes
Ce qui surprend les analystes militaires, c’est le retour aux roquettes après des semaines dominĂ©es par les drones explosifs. Le Hezbollah avait concentrĂ© l’essentiel de ses actions rĂ©centes sur les engins kamikazes et les UAV. Ce samedi, il a franchi un palier en Ă©largissant Ă la fois ses vecteurs d’attaque et sa gĂ©ographie : Nahariya, Safed et d’autres zones bien au-delĂ de la ligne de front habituelle de Kiryat Shmona ont Ă©tĂ© visĂ©es. « Tsahal a Ă©tĂ© surpris par l’ampleur des tirs de roquettes et n’anticipait pas cela », reconnaissent des sources militaires citĂ©es par la chaĂ®ne 12.
Dans ce contexte, des sources au sein de l’armĂ©e Ă©voquent ouvertement la possibilitĂ© d’Ă©largir les frappes aĂ©riennes, avec une intensitĂ© accrue, au-delĂ du seul sud du Liban. Mais cette option se heurte Ă un obstacle de taille : les contraintes amĂ©ricaines. Des avertissements similaires avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© formulĂ©s ces derniers jours Ă la suite des pertes infligĂ©es par les drones du Hezbollah Ă des officiers de Tsahal — et n’avaient jamais dĂ©bouchĂ© sur une action, prĂ©cisĂ©ment en raison des pressions de Washington.
L’avancĂ©e au-delĂ du Litani
En parallèle, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a confirmĂ© lors d’une visite dans le Nord que les forces israĂ©liennes ont franchi le fleuve Litani et occupent dĂ©sormais des positions clĂ©s au-delĂ de cette ligne. Ce mouvement opĂ©rationnel, que l’armĂ©e avait tentĂ© de garder sous silence pendant plusieurs jours — le temps de sĂ©curiser ces positions sans risquer des vies — reprĂ©sente une rupture avec les incursions ponctuelles des prĂ©cĂ©dents rounds. Tsahal n’effectue plus de raids ; il tient du terrain en permanence. Le Commandement Nord estime que plus l’activitĂ© s’intensifie dans les prochains jours, plus le Hezbollah risque d’Ă©largir en retour la portĂ©e de ses tirs vers IsraĂ«l.
Washington admet que le nucléaire sera reporté
La toile de fond diplomatique complique l’Ă©quation militaire. Le secrĂ©taire Ă la DĂ©fense amĂ©ricain Pete Hegseth, lors d’un briefing presse tenu ce samedi, a lâchĂ© ce qui ressemble Ă un aveu : la question du programme nuclĂ©aire iranien « pourrait ĂŞtre reportĂ©e Ă des phases ultĂ©rieures » des nĂ©gociations en cours. Autrement dit, un accord serait possible sans garantie immĂ©diate sur le nuclĂ©aire. Hegseth a nĂ©anmoins maintenu que Trump n’accepterait un accord que s’il est « formidable pour la sĂ©curitĂ© mondiale », et que les États-Unis restaient « prĂŞts, et mĂŞme plus forts qu’au premier jour », Ă une confrontation militaire si nĂ©cessaire.
Cette dĂ©claration Ă©claire l’hĂ©sitation de Tsahal Ă frapper plus fort : Ă mesure que la diplomatie entre Washington et TĂ©hĂ©ran avance, IsraĂ«l risque de se retrouver contraint de modĂ©rer ses actions pour ne pas dynamiter les efforts de Trump.
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