Après les attaques sur Beyrouth, JD Vance adresse un message cinglant à Israël : « Toutes les cartes sont entre nos mains »

Le moment aurait difficilement pu être plus tendu. Dans les heures qui ont suivi la frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth — une opération qui a provoqué la colère de Donald Trump lui-même, au point de le pousser à qualifier Netanyahu de « putain de fou » selon des médias américains —, le vice-président JD Vance a choisi de s’exprimer publiquement face à CBS News. Le message qu’il a adressé à Israël, ce mardi 17 juin, ne laisse guère de place à l’ambiguïté : « Toutes les cartes sont entre nos mains. »

Cette formule, tranchante comme une lame, résume la posture américaine au moment précis où Washington et Téhéran viennent de parapher un mémorandum d’accord — un texte dont les détails complets n’ont pas encore été rendus publics, mais dont la signature, signée « virtuellement » selon Vance lui-même, est prévue lors d’une cérémonie officielle vendredi en Suisse.

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Washington fixe les règles du jeu

Dans son interview à CBS, Vance a été explicite sur la nature de la relation américano-israélienne telle qu’il la conçoit désormais. Il a décrit Netanyahu comme un dirigeant qui « défend les intérêts de son pays de manière agressive », mais a ajouté, sans ménagement, que les intérêts américains et israéliens « ne sont pas toujours identiques ». Et lorsqu’ils divergent, a-t-il affirmé, les États-Unis « doivent choisir le camp du peuple américain, comme nous le faisons toujours ».

Interrogé sur d’éventuelles erreurs commises par Netanyahu dans la gestion du dossier iranien, Vance n’a pas éludé : « Il a certainement commis des erreurs sur plusieurs points », a-t-il répondu. Il a toutefois refusé d’entrer dans le détail, estimant que ces échanges « doivent rester entre quatre murs ».

Cette séquence intervient dans un contexte de tensions palpables entre Washington et Jérusalem. Selon plusieurs rapports de médias américains, Trump aurait directement dit à Netanyahu que la frappe israélienne sur Beyrouth — conduite alors que l’accord avec Téhéran était sur le point d’être finalisé — était une grave erreur de jugement. L’attaque, présentée par Tsahal comme une riposte à des tirs du Hezbollah vers le territoire israélien, a crispé les négociateurs américains et mis le président dans une position délicate vis-à-vis de l’Iran.

L’accord avec l’Iran, une réalité qu’Israël n’a pas contribué à façonner

C’est le cœur du malaise israélien : le mémorandum d’accord entre les États-Unis et l’Iran a été négocié sans Jérusalem, et Israël n’est pas partie prenante du texte. Le Premier ministre Netanyahu l’a lui-même reconnu lors d’une conférence de presse, admettant ne pas encore connaître tous les détails de l’accord. Il a par ailleurs insisté sur le fait que les forces israéliennes n’avaient pas l’intention de se retirer du Liban-Sud, et qu’Israël ne s’estimait pas lié par les clauses libanaises de l’accord américano-iranien.

Mais Vance a contrebalancé cette posture israélienne en assurant que l’accord était « fondamentalement positif pour Israël et pour toute la région ». Il s’est dit « tout à fait confiant » que les Israéliens, une fois qu’ils en comprendront les tenants et aboutissants, y verront « la voie vers un nouveau Moyen-Orient, vers la paix et la prospérité ». Selon lui, une grande partie des critiques israéliennes repose sur des informations erronées, parfois relayées par des médias iraniens qui déformeraient le contenu de l’accord pour le vendre à leur propre opinion publique.

L’accord tel que décrit par Vance repose sur trois piliers principaux : l’ouverture immédiate du détroit d’Ormuz et la levée du blocus naval américain sur les ports iraniens, l’engagement ferme de Téhéran à ne jamais développer d’arme nucléaire, et la mise en place d’un mécanisme de reconstruction financière conditionné au respect de ces engagements. Trump et Vance auraient signé électroniquement le texte dimanche, en même temps que le représentant iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a conduit les négociations du côté de Téhéran.

Des lignes rouges qui restent israéliennes

Jérusalem, de son côté, campe sur ses positions. Des ministres israéliens ont clairement indiqué que l’État hébreu n’entendait pas se sentir contraint par l’accord américano-iranien — en particulier sur le dossier libanais. Netanyahu a affirmé devant les médias que les objectifs principaux de la guerre avaient été atteints : la menace nucléaire iranienne a été dégradée, les capacités militaires du Hezbollah ont été considérablement réduites, et Israël entend maintenir une présence dans le Liban-Sud aussi longtemps que la sécurité de ses habitants l’exigera.

Ce positionnement n’est pas sans tension avec Washington. Des responsables sécuritaires israéliens, selon plusieurs sources médiatiques, craignent que l’accord actuel ne laisse trop de marges de manœuvre à l’Iran pour reconstituer ses capacités à moyen terme — notamment sur les fronts balistique et proxy. L’accord ne comprend pas, dans sa formulation actuelle, d’engagement explicite de Téhéran à cesser son soutien aux groupes armés dans la région, ce qui demeure une source d’inquiétude profonde dans les cercles sécuritaires israéliens.

Quant au Hezbollah, il continue d’opérer dans le sud du Liban malgré le cadre de cessez-le-feu — selon l’armée israélienne, le groupe a tiré des missiles antichars et des mortiers sur des soldats de Tsahal dans les dernières 48 heures. Les Forces de Défense Israéliennes ont également conduit une frappe de drone qui a causé une mort côté libanais. Ces incidents attestent que le terrain ne suit pas encore la diplomatie.

Pour l’heure, la cérémonie de signature officielle est fixée au vendredi 20 juin en Suisse. Trump a évoqué la possibilité de s’y rendre en personne, ce qui témoigne de l’importance politique qu’il attache à cet accord. Quoi qu’il en soit, la formule de Vance — « toutes les cartes sont entre nos mains » — résonne comme un rappel à l’ordre adressé à un allié qui n’a pas eu son mot à dire dans les grandes décisions de ces dernières semaines.

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L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a déjà pris la parole sur les conséquences politiques de cette période : Bennett brise le silence : Netanyahu doit rentrer chez lui
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