Le PDG de l’Industrie Aérospatiale annonce la date approximative de la solution contre les drones explosifs

Depuis plusieurs mois, les drones explosifs du Hezbollah — guidés par fibre optique, ce qui les rend pratiquement invisibles aux systèmes de brouillage classiques — représentent l’une des menaces les plus insaisissables auxquelles Tsahal doit faire face dans le cadre des opérations au Liban. Ces engins de petit format, capables de frapper avec une précision chirurgicale des positions militaires et des zones civiles, ont mis en évidence une lacune capacitaire que l’armée israélienne s’emploie désormais à combler à marche forcée.

Ce mardi 17 juin, Boaz Levy, directeur général de l’Industrie Aérospatiale Israélienne (IAI), s’est exprimé à ce sujet dans un ton inhabituellement précis pour un responsable de défense. Sa déclaration principale est claire : la solution contre les drones explosifs est une affaire de semaines, non de mois.

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Trois phases, plusieurs réponses en cours

Levy a détaillé la manière dont le problème est appréhendé sur le plan technique. Selon lui, la réponse à la menace drone se décompose en trois étapes distinctes : la détection, l’identification, puis la destruction. « En ce moment, plusieurs réponses sont à l’étude. Nous avons déjà mis en œuvre un certain nombre d’idées, certaines fonctionnent même déjà, qui nous permettent de détruire le drone attaquant grâce à des moyens cinétiques et électroniques », a-t-il précisé.

L’utilisation du terme « cinétiques et électroniques » est significative : elle sous-entend une réponse à deux niveaux — l’interception physique du drone d’un côté, et le brouillage ou la neutralisation de son système de guidage de l’autre. Le défi particulier de ces drones à fibre optique réside précisément dans le fait que leur liaison de contrôle est câblée, coupant ainsi la voie habituelle du brouillage radio.

Un délai chiffré, rare en matière de défense

Ce qui rend les déclarations de Levy particulièrement remarquables, c’est la précision du calendrier qu’il a avancé. « Cette solution est très avancée sur le plan technologique, une partie a déjà été démontrée et testée. J’estime qu’il s’agit d’une question de semaines, et non de mois, avant qu’une solution systémique soit disponible et qu’elle commence à être déployée », a-t-il affirmé.

Pour un directeur général d’une industrie d’armement à s’exprimer publiquement sur un programme en cours de développement opérationnel, un tel calendrier représente un engagement rare. Il témoigne à la fois de l’avancement réel des travaux et de la volonté de rassurer une opinion publique — particulièrement dans le Nord du pays — qui subit de plein fouet les effets de ces engins.

La technologie israélienne comme réponse

Levy a également saisi l’occasion pour inscrire cette avancée dans un contexte industriel plus large. « Ces capacités sont rendues possibles grâce au niveau technologique qui existe en Israël », a-t-il souligné, dans une allusion directe à l’écosystème de défense israélien qui permet des cycles de développement accélérés, de la conception au prototype en passant par l’évaluation opérationnelle.

Il a par ailleurs évoqué la participation israélienne au salon de la défense de Berlin la semaine précédente, présenté comme un succès : « Nous avons reçu un accueil chaleureux. » Il a contrasté cette réception positive avec le comportement français lors du salon de Paris, qualifié d’« excessif et très étrange, qui reflète davantage leurs intérêts commerciaux que leurs positions politiques ». Le PDG a néanmoins affirmé qu’Israël continuerait à « être présent et à faire des affaires avec tous ses partenaires dans le monde ».

Cette sortie publique de Boaz Levy s’inscrit dans une période de forte pression opérationnelle sur les forces israéliennes déployées au Liban, où le Hezbollah continue de recourir à ces drones malgré le cadre de cessez-le-feu en vigueur. La promesse d’une solution systémique dans les prochaines semaines — si elle se concrétise — représenterait un changement significatif dans l’équation tactique sur le terrain.

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