Bennett révèle : « Il y avait un plan pour faire entrer clandestinement des récepteurs internet en Iran afin d’encourager les manifestations »

L’ancien Premier ministre et président du parti Yamina, Naftali Bennett, a dévoilé ce dimanche matin, dans une interview accordée à Galei Tsahal, un pan méconnu du plan opérationnel qu’il avait élaboré durant son mandat pour affaiblir le régime iranien. Selon ses propos, ce plan comportait un volet technologique et logistique complexe, destiné à neutraliser l’un des outils de répression favoris de Téhéran : le blocage total d’internet.

« L’un des éléments du plan consistait à assurer la continuité d’internet en Iran en période de manifestations », a raconté Bennett au micro de l’armée. « Tous les quelques années, il y a une grande vague de protestation en Iran, et là, que fait le régime ? Il coupe internet. Nous, nous aurions pu, à l’avance, faire entrer clandestinement des récepteurs Starlink et faire en sorte que lorsqu’ils éteignent, nous, on allume. Mais ça n’a pas été fait, comme tout le reste. »

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Un système conçu pour percer la censure du régime

Les propos de Bennett interviennent alors que le souvenir de la récente vague de contestation massive qui a traversé l’Iran il y a quelques mois est encore frais. Ces manifestations avaient éclaté sur fond de crise économique aggravée et de durcissement de la répression exercée par la « police des mœurs », faisant descendre des centaines de milliers de citoyens dans les rues des grandes villes du pays.

Comme cela s’était déjà produit lors de vagues de contestation précédentes, la réaction immédiate du régime de Téhéran face aux dernières manifestations a été un black-out quasi total ou une perturbation sévère du réseau internet et des télécommunications mobiles à travers le pays.

Le système Starlink, propriété de la société SpaceX d’Elon Musk, repose sur des milliers de petits satellites en orbite basse. Le système permet une connexion internet rapide grâce à une antenne réceptrice autonome, indépendante des infrastructures de télécommunications terrestres du pays où elle opère. Selon Bennett, Israël avait prévu d’exploiter cette technologie d’une manière inédite : en faisant entrer clandestinement des récepteurs sur le territoire iranien et en les distribuant parmi les militants de la contestation, afin de créer un réseau de communication alternatif, résistant aux coupures ordonnées par le gouvernement.

Un projet freiné par le changement de gouvernement

Dans des déclarations plus détaillées tenues lors du sommet de politique internationale de JNS à Jérusalem, Bennett avait précisé que l’objectif central de l’opération était de briser la censure d’internet imposée par le régime iranien. Selon lui, l’opération de contrebande et d’acquisition de dizaines de milliers de terminaux Starlink avait bien été lancée durant son mandat, entre 2021 et 2022, mais a été interrompue par la suite par le gouvernement Netanyahou.

Bennett a vivement critiqué le gouvernement actuel, qu’il a qualifié de « gouvernement défaillant », en affirmant qu’il avait mis fin au projet après le changement de pouvoir en Israël. Selon lui, lorsque les grandes vagues de contestation ont éclaté en Iran, « cette infrastructure n’était pas là » pour les manifestants, comme il l’avait pourtant planifié.

Il n’a toutefois pas caché qu’un usage limité et ponctuel du dispositif avait tout de même eu lieu. Malgré l’arrêt du programme gouvernemental à grande échelle, plusieurs médias étrangers, dont le New York Times, ont confirmé que des militants et des ingénieurs en Iran étaient parvenus, de façon autonome, à faire entrer et à faire fonctionner quelques milliers de terminaux, utilisés pour transmettre au monde des vidéos et des images tournées au cœur des émeutes.

Un dispositif de plus en plus difficile à faire fonctionner

La capacité de ces appareils à continuer de fonctionner aujourd’hui en Iran se heurte à des obstacles considérables, pour deux raisons principales. D’une part, la guerre électronique menée par le régime : les autorités iraniennes ont identifié la menace et ont commencé à déployer un équipement de brouillage électronique militaire avancé, qui perturbe les signaux GPS sur lesquels s’appuient les terminaux Starlink pour se connecter aux satellites, les neutralisant dans les zones de contestation.

D’autre part, le régime a multiplié les coupures massives d’internet à l’échelle nationale, de plus en plus longues, tout en tentant d’imposer aux citoyens le basculement vers un réseau intranet contrôlé, surnommé « l’internet halal ». Cette double stratégie complique sérieusement la détention, l’usage et la diffusion de terminaux clandestins sans qu’ils soient repérés par les autorités.

Sur ce même sujet, retrouvez également nos articles sur la disparition de Mojtaba Khamenei et le climat de chaos à Téhéran et sur l’escalade militaire entre l’Iran et les États-Unis suite à la frappe en Jordanie.