
La vĂ©ritĂ© est que l’Iran assiège violemment IsraĂ«l depuis des dĂ©cennies. Par l’intermĂ©diaire de ses mandataires, il a massacrĂ© des milliers d’IsraĂ©liens. Le pogrom du 7 octobre a Ă©tĂ© l’œuvre sanglante d’une armĂ©e antisĂ©mite soutenue par l’Iran. Deux autres milices soutenues par l’Iran – le Hezbollah et les Houthis – ont tirĂ© des centaines de missiles sur IsraĂ«l depuis le 7 octobre. L’idĂ©e selon laquelle le bombardement par IsraĂ«l des militaires iraniens Ă Damas n’était pas provoquĂ©, Ă©tait sorti de nulle part, un stratagème astucieux pour entraĂ®ner le pauvre petit Iran dans une guerre, est une inversion grotesque de la rĂ©alitĂ©. L’Iran avait dĂ©jĂ dĂ©clarĂ© la guerre Ă IsraĂ«l. Et a clairement exprimĂ© son dĂ©sir de dĂ©truire IsraĂ«l. Ce n’est mĂŞme pas timide. « Mort Ă IsraĂ«l ! », crient les Iraniens lors des rassemblements parrainĂ©s par le rĂ©gime. Les mĂŞmes mots figurent littĂ©ralement sur le drapeau du mouvement Houthis qui fait le sale boulot de l’Iran au YĂ©men.
Il est sĂ»rement plus logique de considĂ©rer l’attaque israĂ©lienne de Damas comme une « frappe de reprĂ©sailles » ? Des reprĂ©sailles Ă la barbarie indescriptible du 7 octobre, aux missiles du Hezbollah, au bellicisme virulemment antisĂ©mite des Houthis ? Ceux qui font rage contre IsraĂ«l et trouvent des excuses Ă l’Iran sont loin d’être des anti-impĂ©rialistes. Au contraire, ils se sont rangĂ©s du cĂ´tĂ© de l’impĂ©rialisme iranien, avec le dĂ©ploiement par la tyrannie thĂ©ocratique de la guerre, de la terreur et de la faveur politique dans le but de renforcer son influence rĂ©gionale. Quoi que puissent dire leurs pancartes, ces militants sont objectivement pro-guerre, objectivement pro-domination.
Le fait que la gauche occidentale accuse IsraĂ«l de tout et son absolution implicite de l’Iran est sinistrement rĂ©vĂ©lateur. Ces gens semblent considĂ©rer IsraĂ«l comme le seul vĂ©ritable acteur au Moyen-Orient, et tous les autres comme de simples rĂ©pondants aux actions d’IsraĂ«l. IsraĂ«l est l’auteur du sort du Moyen-Orient, tandis que les autres – le Hamas, les Houthis et mĂŞme l’Iran – ne sont que de petits acteurs ayant le malheur d’ĂŞtre pris dans le vaste et terrifiant rĂ©seau d’IsraĂ«l. C’est de l’identitarisme, pas de l’anti-impĂ©rialisme. Une nouvelle gĂ©nĂ©ration de radicaux formĂ©s Ă l’idĂ©ologie rĂ©gressive selon laquelle les « blancs » sont puissants et les « bruns » opprimĂ©s ne peuvent Ă©galement comprendre le Moyen-Orient qu’en ces termes.
Le rĂ©sultat final est qu’ils diabolisent IsraĂ«l et infantilisent l’Iran. L’État juif en vient Ă ĂŞtre considĂ©rĂ© comme particulièrement malveillant, tandis que l’Iran est traitĂ© comme une sorte d’enfant aux yeux Ă©carquillĂ©s qui ne peut s’empĂŞcher de s’en prendre Ă son oppresseur « sioniste ». IsraĂ«l est condamnĂ© comme un État criminel, tandis que les crimes contre l’humanitĂ© de l’Iran sont minimisĂ©s, voire oubliĂ©s. C’est donc lĂ que mène l’éveil : Ă la sympathie pour l’un des États les plus arriĂ©rĂ©s et les plus rĂ©pressifs de la planète, sur la base dĂ©rangĂ©e que ses frappes criminelles contre IsraĂ«l reprĂ©sentent un coup portĂ© contre l’Occident arrogant lui-mĂŞme. En encourageant nos jeunes Ă haĂŻr leur propre sociĂ©tĂ©, nous en avons fait un aliment moral pour une sociĂ©tĂ© bien pire.
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