Dans le ciel d’Iran, les drones de Tsahal abattus — et les pilotes israéliens qui esquivent les missiles en plein vol

L’opération « Rugissement du Lion » a placé la Force aérienne israélienne au sommet de ses capacités opérationnelles historiques, mais aussi au cœur d’une confrontation aérienne d’une complexité que les communiqués officiels ne laissent pas entièrement apparaître. Selon une enquête publiée par Ynet, plusieurs drones militaires israéliens ont été abattus par des missiles sol-air iraniens depuis le début des opérations. Dans un nombre de cas restreint — dont le chiffre exact reste classifié — des pilotes de chasse israéliens ont dû exécuter des manœuvres évasives agressives en plein vol au-dessus du territoire iranien pour éviter d’être touchés par des missiles sol-air. « Les pilotes prennent des risques en permanence et font le maximum », a confié une source sécuritaire à Ynet.

La stratégie iranienne en réponse aux frappes de Tsahal est devenue plus lisible avec le temps. L’Iran positionne des batteries de missiles sol-air directement à proximité de ses sites de lancement de missiles balistiques — les fameuses rampes dites « TKK » (roquettes sol-sol). Cette configuration transforme chaque site de tir en un double piège : d’un côté, des rampes capables de lancer des missiles vers Israël; de l’autre, des batteries sol-air destinées à abattre les appareils israéliens qui tentent de neutraliser ces rampes. Les drones, qui évoluent dans des zones plus exposées que les chasseurs habités et peuvent s’attarder plus longuement au-dessus des zones cibles, servent de cibles prioritaires pour les défenses sol-air iraniennes. « Ils placent les missiles sol-air aux endroits des rampes TKK pour menacer les avions qui cherchent à empêcher les tirs vers Israël », explique la source sécuritaire de Ynet. « Si un avion de chasse était touché et que le pilote devait s’éjecter, ce serait un événement dramatique. »

Ce qui ressort également de l’enquête, c’est que la pression continue des drones israéliens porte ses fruits de façon mesurable. La quantité de missiles lancés par l’Iran en direction d’Israël a très nettement diminué par rapport aux premiers jours du conflit, quand des dizaines de projectiles balistiques étaient tirés simultanément. Aujourd’hui, les tirs se font par petites salves isolées de quelques missiles. Les sources militaires israéliennes attribuent cette réduction à la destruction massive et systématique des rampes de lancement, des chaînes de commandement militaires iraniennes et des responsables du secteur balistique. Selon un officier cité par Ynet : « Ils ont énormément de lanceurs dans des tunnels. Ils ne peuvent tout simplement pas les sortir et tirer, parce qu’il y a en permanence des appareils qui survolent leurs sites de lancement. Le danger de tir n’a pas disparu. »

La logistique de ces opérations aériennes au-dessus de l’Iran est en elle-même un défi opérationnel considérable. Les appareils de la Force aérienne effectuent de longs vols, nécessitant des ravitaillements en vol et des réarmements en cours de mission. « La capacité à déployer autant d’avions, à voler autant d’heures, à ravitailler en vol, à se réarmer et à revenir — c’est une situation extrêmement complexe », explique une source sécuritaire. « Le grand miracle, ce n’est pas forcément les pilotes, ce sont nos avions et les équipes de maintenance qui les maintiennent en état de vol. » Un hommage rare mais significatif aux techniciens et mécaniciens qui travaillent dans l’ombre pour maintenir cette force de frappe opérationnelle à un rythme qui dépasse tout ce qu’Israël a jamais connu.

La décision de cibler les installations pétrolières iraniennes, les réseaux électriques et potentiellement d’autres infrastructures critiques est, selon Tsahal, « une question de décision » et non de capacité. « L’Iran est tapissée de cibles. La décision de savoir quoi frapper à chaque moment appartient au commandant de la Force aérienne, et certaines cibles nécessitent des autorisations plus élevées. » Cette formulation prudente — qui dit en substance qu’Israël peut frapper plus fort mais choisit de doser ses frappes — est un message stratégique adressé simultanément à Téhéran et à Washington : la Force aérienne israélienne n’a pas encore déployé l’intégralité de son potentiel offensif.

Source : Ynet


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